Soutenir le développement langagier pendant la petite enfance : interventions de promotion et de prévention

  • Le langage oral aide l’enfant de 0 à 5 ans à s’exprimer, à raisonner, à apprendre et à avoir des interactions sociales satisfaisantes. Il constitue aussi la base essentielle de l’apprentissage formel de la lecture et de l’écriture. En 2022, 11,5 % des petits Québécois de 5 ans présentaient une vulnérabilité au regard du domaine « Habiletés de communication et connaissances générales ». Ce domaine concerne le développement du langage oral. 
  • Agir auprès de tous les enfants, et de façon plus soutenue auprès de ceux présentant des facteurs de risque sur le plan langagier, contribue à prévenir les difficultés langagières. Les interventions de promotion et de prévention poursuivent cet objectif. 
  • Les interventions qui visent à soutenir directement les enfants en contextes éducatifs sont les plus étudiées dans les écrits scientifiques recensés. Elles misent sur des activités éducatives variées (ex. : le jeu, les chansons et les comptines, les activités extérieures) ou l’activité spécifique de lecture partagée, qui consiste à présenter un livre aux enfants en favorisant l’interaction avec eux. Ces interventions ont globalement des effets positifs sur le développement langagier, notamment sur le vocabulaire utilisé par l’enfant. 
  • Deux types d’interventions visant à accompagner les parents dans leurs pratiques de soutien au développement langagier ont été répertoriées, soit les visites à domicile et les interventions portant sur la lecture partagée. Les visites à domicile sont destinées à des familles vulnérables sur le plan socioéconomique. Elles se déroulent sur une longue période et poursuivent des objectifs liés aux pratiques parentales et à l’interaction parent-enfant. Les interventions portant sur la lecture partagée sont de courte durée et ciblent l’apprentissage et la mise en application de stratégies de lecture partagée. Une bonne partie des interventions d’accompagnement des parents ont certains effets positifs sur le développement du langage de leur enfant. 
  • Les interventions qui visent à accompagner les éducateurs et les enseignants dans leurs pratiques de soutien au développement langagier sont moins étudiées. Dans les études recensées, il n’est pas clair qu’elles ont des effets positifs. 
  • Les interventions qui mobilisent à la fois les parents, les éducateurs ou les enseignants sont aussi moins étudiées. Certaines comprennent l’accompagnement des parents combiné à la reprise, en contextes éducatifs, du contenu exploré à la maison. Ce type d’interventions montre des effets positifs. 
  • Dans une étude, l’offre d’un supplément financier pendant la grossesse montre un effet positif sur le développement langagier cinq ans plus tard. Les études se penchant sur l’effet de politiques publiques sur le développement du langage semblent rares, et d’autres études sur le sujet sont nécessaires. 
  • Étant donné que divers types d’interventions de promotion et de prévention peuvent avoir des effets positifs sur le développement langagier de 0 à 5 ans, il semble pertinent de combiner plusieurs interventions dans les milieux de vie de l’enfant dans l’optique d’assurer leur complémentarité et leur continuité.
Soutenir le développement langagier pendant la petite enfance : interventions de promotion et de prévention
ISBN (électronique)
978-2-550-97369-0
Date de publication