Impacts de la climatisation des milieux intérieurs sur la santé et le confort thermique

  • Les résultats de cette synthèse des connaissances font ressortir qu’à ce jour, la climatisation constitue une mesure de protection efficace en période de chaleur. En effet, elle permet de réduire les hospitalisations et le risque de décès associés à la chaleur. Ces effets positifs sur la santé des occupants s’observeraient davantage dans les villes nordiques et au début de la saison chaude, ce qui indiquerait que les individus moins exposés à la chaleur y sont moins bien acclimatés. D’autres études seront nécessaires pour en connaître les effets réels chez les 65 ans et plus, ce qui serait particulièrement pertinent dans le contexte québécois. De plus, la climatisation favoriserait le bon fonctionnement de l’organisme, ce qui se traduirait par une fréquence cardiaque plus basse ainsi que par une amélioration des fonctions cognitives (vigilance, concentration et productivité) et de la qualité du sommeil.
  • La surclimatisation, c’est-à-dire une utilisation de la climatisation à des températures trop basses ou sur une durée trop longue, pourrait toutefois avoir des effets négatifs sur la santé : augmentation de la fréquence cardiaque ou des risques de développer des symptômes allergiques (p. ex., rhinite), de céphalées et de sécheresse des muqueuses nasales, oculaires ou de la gorge. En outre, la surclimatisation pourrait provoquer des symptômes de stress thermique dû au froid qui se manifeste par une vasoconstriction cutanée, voire des frissons. Enfin, elle pourrait augmenter les risques d’inconfort thermique lors du passage d’un lieu climatisé vers un lieu non climatisé, ou inversement. 
  • Certains effets de la climatisation ont à la fois des impacts positifs et négatifs, principalement en raison du fait que la climatisation est généralement utilisée en condition de bâtiment fermé (fenêtres et portes closes), afin d’éviter l’introduction d’air chaud et humide susceptible de nuire à l’efficacité de l’appareil. Cette condition d’utilisation permettrait aussi de limiter l’introduction de polluants extérieurs et d’abaisser le taux d’humidité relative, ce qui aurait des effets bénéfiques sur la santé des occupants. Or, cela pourrait aussi favoriser l’accumulation de contaminants de source intérieure ainsi que la diffusion de contaminants microbiologiques provenant d’un appareil mal entretenu, par exemple, ce qui serait susceptible d’engendrer des impacts négatifs sur la santé. De plus, une climatisation excessive pourrait compromettre le processus d’adaptation physiologique à la chaleur, lequel semble considéré comme un facteur de protection.
  • L’analyse des études retenues a également fait ressortir que les données portant sur les modalités d’utilisation sont insuffisantes pour élaborer des recommandations de santé publique à cet égard. De plus, l’élaboration de recommandations universelles quant aux modalités d’utilisation pourrait s’avérer complexe, puisqu’elle nécessite la prise en compte de nombreux facteurs individuels et environnementaux. Il appert toutefois que la climatisation ne devrait pas être utilisée en continu, mais plutôt quelques heures par jour lors des périodes les plus chaudes, comme l’après-midi ou lorsque la température extérieure excède 20 °C la nuit. Il pourrait aussi être opportun de mettre en place une variété de mesures d’adaptation à la chaleur avant ou pendant son utilisation, et régler ou programmer le climatiseur de manière à minimiser l’écart entre la température intérieure et extérieure, pour ainsi réduire les effets potentiellement négatifs et les risques de dépendance qui y sont associés. Enfin, la climatisation devrait être utilisée en concomitance avec un système de ventilation mécanique, et l’entretien de l’appareil devrait être effectué périodiquement selon les recommandations du fabricant.
  • Plusieurs avenues de recherche peuvent être proposées afin d’améliorer l’état des connaissances actuelles sur les impacts sanitaires de la climatisation et les modalités d’utilisation.
Auteur(-trice)s
Jean-Marc Leclerc
M. Sc., conseiller scientifique, Institut national de santé publique du Québec
Type de publication
ISBN (électronique)
978-2-550-93258-1
Notice Santécom
Date de publication