Réduire les vulnérabilités et les inégalités sociales : tous ensemble pour la santé et le bien-être

Pour que les ministères et organismes soient plus à même de concevoir, ensemble, de nouvelles pistes d’action contribuant à la réduction des inégalités sociales de santé, il y a lieu de clarifier le rôle pivot de la réduction des inégalités sociales dans tout effort gouvernemental et intersectoriel de prévention en santé ainsi  que l’apport possible de divers secteurs d’intervention à la santé et au bien-être de la population québécoise.​

Messages clés

  • La santé de la population est étroitement liée à des facteurs sociaux. La pauvreté, comme les autres inégalités sociales, se répercute non seulement sur la santé, mais aussi sur les déterminants sociaux de celle-ci dans une boucle de renforcement mutuel. La progression des inégalités sociales représente une nuisance pour l’état de santé et de bien-être de la population, nuit à la prospérité économique et fait poindre une détérioration de la cohésion sociale.
  • L’expérience du Québec offre un exemple éloquent du rôle positif que les politiques publiques peuvent exercer en faveur d’une société plus égalitaire et d’une population en meilleure santé.
  • La réduction des inégalités sociales de santé (ISS) passe nécessairement par un ensemble d’interventions impliquant plusieurs secteurs pour agir sur les déterminants sociaux de la santé tels le logement et le revenu. Les ISS devraient être prises en compte dans tous les secteurs d’activité, ministères et organismes (MO), et ce, dans l’objectif minimal de ne pas les aggraver.
  • Afin de répondre au défi complexe de réduction des ISS, certains constats dégagés de la littérature sont à prendre en compte pour optimiser les politiques publiques favorables à la santé :
    • Les politiques publiques visant la réduction des ISS sont naturellement orientées vers les interventions sur les habitudes de vie et l’accès aux soins de santé et aux services sociaux. Agir sur ces secteurs d’intervention s’avère toutefois une stratégie insuffisante si elle n’est pas accompagnée d’approches complémentaires et plus structurelles, relevant de MO autres que celui de la santé et des services sociaux.
    • La riche expérience britannique en réduction des ISS indique l’importance de la complémentarité entre les approches adaptées aux besoins des individus et des communautés en situation de vulnérabilité et les approches qui reconnaissent le rôle central que peuvent jouer les grands programmes de l’État providence (pensons aux programmes d’assistance sociale ou d’éducation).
    • Les politiques sociales (p. ex. petite enfance, logement, environnement) jouent un rôle incontournable dans l’amélioration de la santé et la réduction des ISS tout comme les politiques de nature économique (p. ex. politiques commerciales et fiscales, celles touchant les revenus, le marché du travail, les conditions d’emploi, le salaire minimum). Si les interventions sur les facteurs socioéconomiques, politiques, culturels et environnementaux sont efficaces pour réduire les inégalités, elles sont plus difficiles à mettre en œuvre que celles sur les habitudes de vie.
  • Certains outils comme la Politique gouvernementale de prévention en santé (PGPS) et son objectif transversal de réduction des ISS représentent une opportunité d’en faire plus. La PGPS est le fruit d’un engagement de 15 MO gouvernementaux sous le leadership du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour agir sur un ensemble de facteurs en vue d’améliorer l’état de santé et la qualité de vie de la population et de réduire les inégalités sociales de santé. Elle se veut complémentaire aux mesures existantes (réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, stratégie pour l’égalité des hommes et des femmes, réussite éducative, politiques sociales, etc.). Son plan d’action interministériel (PAI) vient préciser les actions concrètes en lien avec chaque mesure ainsi que les rôles et responsabilités des MO.
  • Sans chercher à modifier les objectifs et trajectoires envisagés par les MO porteurs des projets des autres secteurs, une collaboration intersectorielle peut permettre d’optimiser les effets positifs sur la santé et mitiger les effets négatifs sur les divers groupes sociaux.
  • La pandémie du SRAS-CoV-2 (maladie à Covid-19) a amené le Québec à faire dans l’urgence plusieurs choix critiques se répercutant sur les inégalités sociales et les déterminants sociaux de la santé de la population. Les suites de la crise se perpétueront dans tous les secteurs d’activité gouvernementale pendant les prochaines années, bien au-delà de la pandémie en tant que telle. La PGPS constitue une opportunité à saisir pour la réalisation d’une vision ambitieuse d’une société québécoise plus égalitaire et en meilleure santé.
Réduire les vulnérabilités et les inégalités sociales : tous ensemble pour la santé et le bien-être

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ISBN (électronique): 

978-2-550-89336-3

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