La présence accrue sur le marché d’une panoplie de dispositifs d’épuration de l’air intérieur suscite de nombreuses questions auprès des instances de santé publique. L’assainissement de milieux intérieurs par l’entremise de dispositifs d’épuration devrait être considéré comme une mesure de gestion de dernier recours lorsque, par exemple, les conditions du milieu, le contexte environnemental ou les occupants ne peuvent assurer le maintien d’une bonne qualité de l’air intérieur. Or, bien que l’utilisation de tels dispositifs en milieux résidentiels soit de plus en plus répandue, les impacts environnementaux et sanitaires qui en découlent ont été jusqu’à ce jour peu documentés.

En réponse à une demande de la Direction de santé publique de l’Estrie (DSPublique05), l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a effectué une revue de la littérature portant sur l’efficacité et l’innocuité des principaux types de dispositifs épurateurs utilisés en milieux résidentiels.

De façon plus spécifique, la recherche documentaire portait sur :

  • les technologies disponibles;
  • leur efficacité;
  • leurs modalités d’utilisation;
  • leurs effets potentiels sur la qualité de l’air intérieur et la santé;
  • les contextes où leur utilisation devrait être favorisée ou, à l’inverse, proscrite.

Les résultats de cette revue ont permis de démontrer :

  • qu’aucune technologie d’épuration commercialisée à ce jour n’est en mesure de compenser à elle seule les avenues de gestion de base (ou fondamentales) de la qualité de l’air intérieur que sont le contrôle des contaminants à la source et la ventilation optimisée;
  • que les preuves concernant le rendement et l’innocuité de plusieurs technologies demeurent incomplètes, et il s’avère hasardeux de porter un jugement objectif au regard de leur efficacité relative en raison de la grande variété de devis d’évaluation utilisés dans les études consultées;
  • qu’il existe très peu d’études soigneusement réalisées portant sur les associations entre l'utilisation de dispositifs d’épuration de l’air intérieur et la santé humaine. Les seules études répertoriées jugées rigoureuses concernant cet aspect portent sur la filtration HEPA (high efficiency particulate air), certaines d’entre elles étant concluantes.

En dépit de ces éléments d’information fragmentaires, plusieurs auteurs affirment néanmoins que lorsqu’il s’avère contraignant, voire impossible d’obtenir un maintien acceptable de la qualité de l’air intérieur, l’utilisation de certains dispositifs d’épuration, disposés dans des systèmes centralisés ou portables, peut s’avérer utile pour diminuer les concentrations de certains contaminants présents en milieu intérieur. En somme, les médias filtrants haute efficacité (HEPA) et adsorbants (filtres et cartouches de charbon activé) sont considérés par plusieurs auteurs comme des avenues de gestion d’intérêt pour atténuer une variété de contaminants présents en milieux intérieurs.

L’analyse des mécanismes de captation, d’élimination ou de transformation des contaminants impliqués dans les technologies d’épuration, de même que l’évaluation de leurs effets sur la santé des occupants, constituent d’importantes avenues de recherche pour élucider cette question et en cerner tous les enjeux.

 

Analyse de l’efficacité des dispositifs d’épuration de l’air intérieur en milieu résidentiel

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ISBN (électronique): 

978-2-550-84001-5

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