La santé cognitive, une nouvelle cible pour vieillir en santé

Le vieillissement démographique est particulièrement rapide au Québec. Or, les atteintes cognitives augmentent avec l’avancement en âge et deviennent une source plus importante d’incapacités à mesure que les aînés vieillissent. Les atteintes cognitives nuisent à l’exercice des fonctions mentales telles, par exemple, la mémoire, le jugement, l’attention, les capacités d’apprendre et de résoudre des problèmes, et elles peuvent avoir des répercussions importantes sur le maintien de l’autonomie et de la qualité de vie. Les principales atteintes cognitives sont : le déclin cognitif relié à l’âge, les troubles cognitifs légers et les troubles neurocognitifs majeurs de type Alzheimer pour lesquels il n’existe toujours pas de traitement curatif.

  • Au Canada en 2015, la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées occupaient le deuxième rang des causes de mortalité, soit 12 %, le troisième rang des causes de mortalité prématurée et le quatrième rang pour l’importance de leur fardeau.
  • Les atteintes cognitives ont des impacts économiques et de santé importants pour les proches aidants. Elles ont aussi des implications pour l’utilisation des services communautaires, des services sociaux et de santé. En 2016, le coût annuel imputé aux Canadiens pour prendre soin des personnes atteintes de maladies cognitives était estimé à au moins 10,4 milliards $.
  • Le vieillissement en soi n’explique pas à lui seul le développement d’un trouble cognitif léger ou d’un trouble neurocognitif majeur. Les effets cumulés du bagage génétique et surtout du parcours de vie contribuent à renforcer ou à fragiliser la santé cognitive.
  • Le cerveau a le potentiel de s’adapter aux atteintes menaçant son fonctionnement. En présence de conditions favorables, il développe au cours de la vie une réserve cognitive qui lui permet de mieux fonctionner et de développer des capacités d’adaptation. Il devient alors moins vulnérable aux effets du déclin cognitif relié à l’âge et pourrait compenser les atteintes pathologiques se produisant au début des troubles neurocognitifs majeurs de type Alzheimer.
  • Des leviers existent pour agir en amont tant pour développer la santé cognitive que pour la protéger en réduisant des facteurs de risque reconnus. À un âge avancé, les effets combinés de ces leviers auront de grands impacts pour les aînés et pour leurs proches.
  • Les facteurs contribuant au développement de la réserve cognitive sont l’éducation, avec une portée particulière associée à la scolarisation au début de la vie, la stimulation cognitive soutenue tout au long de la vie et l’adoption d’un mode de vie physiquement actif.
  • D’autres facteurs sont associés au développement d’atteintes cognitives, en particulier certains facteurs de risque des maladies vasculaires cardiaques et cérébrales, dont le tabagisme, l’hypertension artérielle et le diabète.
  • Des pays comme les États-Unis (2007) et le Royaume-Uni (2014) ont fait de la santé cognitive un enjeu prioritaire de santé publique. Ainsi, par exemple, les États-Unis ont établi et progressivement réalisé un programme d’activités pour décrire l’état des lieux quant aux connaissances scientifiques sur le sujet et quant aux perceptions actuelles de la population sur les moyens de protéger et d’améliorer leur santé cognitive. Le Royaume-Uni a officiellement reconnu la santé cognitive comme une priorité nationale de santé publique en 2014. Depuis, les partenariats se sont multipliés pour se concerter sur cet enjeu. La réalisation d’une vaste campagne de sensibilisation auprès des adultes âgés de 40 à 60 ans sur la santé cognitive a aussi été mise à l’ordre du jour.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-79920-7

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