Utilisation des immunoglobulines non spécifiques intraveineuses et sous-cutanées au Québec 2015-2016

Le présent document est la première publication sur l’utilisation des immunoglobulines (Ig) au Québec. Il fait état de l’utilisation des Ig non spécifiques entre le 1er avril 2015 et le 31 mars 2016 selon ce qui a été saisi dans la base de données Trace Line en date du 13 juin 2016.

Les banques de sang situées dans les établissements de santé reçoivent les produits sanguins provenant directement d’Héma‑Québec, les entreposent, puis les distribuent selon les besoins. À la suite de la prescription d’un clinicien, la demande d‘immunoglobulines est acheminée à la banque de sang de l’installation concernée par le biais d’un formulaire papier ou d’une requête informatique. On y précise entre autres la quantité d’Ig requise et l’indication d’utilisation. L’information est par la suite saisie dans le progiciel Trace Line par un technologiste médical. Ce système permet de documenter toutes les transactions reliées aux activités des banques de sang et assure la traçabilité des produits.

En 2015-2016, 32 établissements de santé, totalisant 91 installations, ont administré un total de 1 976 713 grammes d’Ig via les banques de sang. Les principaux constats découlant de l’analyse des données 2015-2016 sont les suivants.

Profil des usagers receveurs

  • 5 731 usagers ont reçu des Ig au cours de l’année. La moyenne d’âge des receveurs était de 52,5 ans (étendue 0 – 100 ans).
  • Parmi les usagers, 5 190 ont reçu des immunoglobulines intraveineuses (IgIV) et 655 ont reçu des immunoglobulines sous-cutanées (IgSC) : 5 076 ont reçu exclusivement des IgIV, 541 ont reçu exclusivement des IgSC et 114 ont reçu des Ig sous les deux formes (IgIV et IgSC).
  • La majorité des usagers (11,1 %) ayant reçu des IgIV étaient âgés de 60 à 64 ans.
  • La majorité des receveurs d’IgSC (11,3 %) étaient des enfants âgés de 5 à 9 ans.

Quantités administrées

  • Des 1 976 713 grammes d’Ig qui ont été administrés cette année au Québec, 1 816 720 grammes l’ont été sous forme IgIV (91,9 %) et 159 993 grammes l’ont été sous forme IgSC (8,1 %). Privigen® est le produit sanguin qui a été le plus administré avec près de 70 % des utilisations (4 281 usagers, 1 345 926 grammes), suivi de Gamunex®, Gammagard Liquid® et Hizentra®.
  • Le groupe des 60 à 64 ans est celui ayant reçu les plus grandes quantités d’IgIV administrées au cours de l’année.
  • Les usagers de 55 à 59 ans sont ceux qui ont reçu les plus grandes quantités d’IgSC au cours de l’année.

Indications d’administration

  • Près du tiers des usagers ont été traités avec des Ig pour une indication immunologique (31,9 %). Des usagers ont également reçu des Ig pour une indication neurologique (18,0 %), hématologique (17,2 %) ou pour d’autres indications (16,0 %). L’information était manquante pour 17,0 % des usagers.
  • Parmi les indications hématologiques, le purpura thrombocytopénique immunitaire (PTI) est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig (36,7 %).
  • Parmi les indications immunologiques, le déficit immunitaire primaire (DIP) est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig (40,5 %). Elle est suivie par le déficit immunitaire secondaire (DIS, 22,8 %).
  • Parmi les indications neurologiques, la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC) est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig (32,5 %). Elle est suivie de la myasthénie grave et du syndrome de Guillain-Barré avec respectivement 17,7 % et 14,3 %.
  • Plus du tiers des Ig utilisées ont été administrées pour une indication neurologique (33,6 %). Un peu plus du quart l’ont été pour une indication immunologique (26,3 %). L’hématologie a quant à elle représenté près de 10 % des quantités totales d’Ig administrées. L’information était manquante pour 19,4 % des quantités administrées.
  • Parmi les indications hématologiques, le purpura thrombocytopénique immunitaire (PTI) a représenté près de 50 % des indications.
  • Parmi les indications immunologiques, c’est principalement pour traiter un déficit immunitaire primaire (DIP) et un déficit immunitaire secondaire (DIS) que les Ig ont été administrées (respectivement 53,3 % et 24,8 %).
  • Parmi les indications neurologiques, celles aux deux premiers rangs sont la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC, 40,6 %) et la myasthénie grave (20,1 %).

En résumé, au cours de l’année 2015-2016, 5 731 usagers ont reçu 1 976 713 grammes d’Ig, ce qui représente une moyenne de 344,9 grammes d’Ig par usager (taux de 239,2 grammes d’Ig par 1 000 habitants). Le taux de Québécois ayant reçu des Ig est de 69,3 usagers par 100 000 habitants. Globalement, le déficit immunitaire primaire (DIP) constitue la condition médicale pour laquelle les lg ont été le plus fréquemment administrées (12,9 % des usagers et 14,0 % des Ig administrées), correspondant à 257,4 grammes par usager au Québec. On note également des quantités importantes d’Ig pour traiter la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC), avec 556,1 grammes par usager.

Enfin, l’analyse du portrait sur l’utilisation des Ig a mis en évidence un taux élevé d’information manquante. En effet, comme mentionné, les données sont incomplètes pour 17,0 % des usagers et 19,4 % des quantités d’Ig administrées. Une sensibilisation est donc à prévoir auprès des responsables des banques de sang afin d’améliorer la saisie des indications pour lesquelles les Ig ont été administrées au Québec. Ceci permettra d’avoir un portrait plus juste de l’utilisation des immunoglobulines non spécifiques au Québec.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-78006-9

ISSN (électronique): 

2560-6549

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