En 2010, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) publiait des lignes directrices pour la prévention et le contrôle de la transmission des entérobactéries productrices de carbapénémases, puis plus récemment en 2015, les mesures pour la prévention et le contrôle de la transmission des bacilles Gram négatif multirésistants (BGNMR) en milieux de soins aigus.

L’application de mesures de prévention et contrôle des infections (PCI) dans les milieux d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) doit être adaptée aux caractéristiques propres à ces milieux, ainsi qu’à la clientèle qui y est hébergée. L’objectif de ce document est de présenter aux intervenants en PCI des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et aux cliniciens qui y pratiquent, des informations actualisées et orientées pour ces milieux spécifiques.

Pour les personnes résidant en hébergement de longue durée, le centre d’hébergement représente un milieu de vie qui offre des soins de santé. Bien que cet hébergement soit de plus en plus réservé aux personnes qui présentent des pathologies complexes ou des incapacités motrices, sensorielles ou cognitives importantes, il doit demeurer un lieu de résidence convivial et agréable. Cette réalité module les interventions à réaliser en tant que milieu de soins. L’intensité des soins prodigués est habituellement différente de celle en milieux de soins aigus et la proportion de personnes à risque est moindre. La longue durée de séjour des résidents (souvent sur plusieurs années) limite, entre autres, l’application à long terme de mesures restrictives. Il est également important de tenir compte de l’impact que l’application de mesures de précautions additionnelles lors des soins peut avoir sur un résident.

L’orientation principale retenue pour les mesures de PCI en CHSLD est de prévenir la transmission des cas d’entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) à l’intérieur de ces milieux afin d’éviter que ces centres ne deviennent un réservoir et augmentent ainsi le risque de transmission en soins de courte durée lors de transferts.

Considérant qu’il y a peu de données épidémiologiques actuelles documentant le potentiel de transmission des EPC dans les CHSLD, les mesures de PCI recommandées tiennent compte des données de la littérature sur la transmission des BGNMR.

Ces études ont bien démontré le rôle de réservoir de BGNMR des résidents admis en soins de longue durée. Les porteurs peuvent être la source de transmission subséquente lors de transferts en soins de courte durée si des mesures ne sont pas prises. Certains facteurs de risque de développer des infections parmi la clientèle des CHSLD ont également été identifiés, notamment, la présence de dispositifs invasifs (sonde urinaire, cathéter vasculaire, gastrostomie, trachéostomie), la présence d’une plaie et la prise récente ou en continu d’antibiotiques. Les mesures recommandées tiennent compte de l’intensité des soins prodigués aux résidents dans les différents centres d’hébergement et de soins de longue durée. Les installations de soins de longue durée en plus d’héberger des résidents peuvent offrir d’autres types de services ou de soins pour certains de leurs lits ou unités, par exemple, des lits ou unités de transition, des unités de réhabilitation fonctionnelle (UTRF) ou des unités de courte durée gériatriques (UCDG), d’où l’importance d’adapter les mesures selon l’évaluation du risque (ex. : risque de contamination de l’environnement ou de développer une infection). Finalement, les mesures proposées dans ce document pourront être ajustées en fonction de la disponibilité de nouvelles données épidémiologiques.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-77372-6

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