Enquête sur la couverture vaccinale des enfants de 1 an et 2 ans au Québec en 2012

Bien que l'immunisation soit reconnue comme une des mesures les plus efficaces pour prévenir la mortalité, la morbidité et les complications des maladies infectieuses chez les enfants, il ne faut pas considérer les réussites liées aux programmes de vaccination comme des acquis. Leur succès repose sur la confiance de la population et des professionnels de la santé. Comme des hauts niveaux de couverture vaccinale (proportion de la population visée ayant reçu toutes les doses requises d'un vaccin contre une maladie évitable par la vaccination) sont requis pour atteindre les objectifs de réduction des maladies évitables par la vaccination, il est primordial de suivre de manière continue les différentes mesures de couverture vaccinale.

En 2012, la quatrième enquête de couverture vaccinale chez les enfants québécois a été réalisée. L'objectif principal de cette enquête consistait à obtenir un estimé de la couverture vaccinale des enfants à l'âge de 15 mois et 24 mois. Les autres objectifs visaient à mesurer les retards vaccinaux et les occasions manquées de vaccination et à vérifier l'impact de certains facteurs sociodémographiques sur la couverture vaccinale.

La même méthodologie que celle des enquêtes précédentes (2006, 2008 et 2010) a été reprise. Il s'agit d'une étude descriptive transversale réalisée auprès des parents d'un échantillon d'enfants sélectionnés à partir du fichier d'inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). La collecte de données s'est déroulée de janvier à juillet 2012 auprès de deux cohortes de 1 000 enfants chacune. Les enfants de la cohorte 1 an étaient âgés entre 15 et 17 mois et ceux de la cohorte 2 ans, entre 24 et 26 mois au 1er janvier 2012. La collecte de données a été effectuée à l'aide d'un questionnaire postal auto-administré qui reproduisait les pages du carnet de vaccination. Les parents devaient y répondre par écrit et le retourner par courrier. Les parents qui n'ont pas répondu au 1er envoi recevaient une relance postale suivie d'une relance téléphonique. Les dossiers incomplets étaient validés auprès du ou des vaccinateurs identifiés par le parent lorsqu'un consentement écrit était obtenu.

Les taux de participation sont de 76 % (740/979) pour la cohorte 1 an et de 72 % (710/980) pour la cohorte 2 ans. Un total de 265 dossiers incomplets ont été validés auprès du ou des vaccinateurs. Comme en 2008, deux enfants sur trois ont reçu tous leurs vaccins en centre de santé et de services sociaux (CSSS) (mission CLSC).

Quatre-vingt-cinq pour cent (85 %) des enfants de la cohorte 1 an ont reçu tous les vaccins du programme régulier avant l'âge de 15 mois. Cela représente une amélioration de 10 points par rapport à 2008 et de deux points par rapport à 2010. Si les vaccins administrés à partir de 15 mois sont considérés dans le calcul de la couverture vaccinale, celle-ci s'élève à 90 %. Pour la cohorte 2 ans, la couverture avant 24 mois est de 80 % et il n'y a pas eu de changement notable depuis le début des enquêtes provinciales en 2006. En incluant les vaccins administrés à partir de 24 mois, la proportion s'élève à 84 %. La proportion d'enfants ayant reçu tous leurs vaccins dans un délai d'un mois suivant l'âge recommandé continue d'indiquer une tendance graduelle à la hausse depuis 2006. Pour la cohorte 1 an, elle part de 23 % en 2006 pour atteindre 56 % en 2012, alors que pour la cohorte 2 ans, elle part de 17 % en 2006 pour s'élever à 38 % en 2012. La proportion d'enfants n'ayant reçu aucun vaccin demeure très faible, soit 2 % pour chaque cohorte.

L'analyse de la couverture vaccinale spécifique à chaque antigène révèle que 95 % des enfants de la cohorte 1 an ont reçu les trois doses du vaccin DCaT-P-Hib avant 15 mois et 85 %, les quatre doses prévues pour la cohorte 2 ans avant 24 mois. Pour les trois doses du vaccin contre le pneumocoque, les proportions sont respectivement de 90 % et 93 % selon la cohorte. En ce qui concerne le vaccin rougeole, rubéole, oreillons (RRO), 91 % des enfants de la cohorte 1 an l'ont reçu avant 15 mois et 84 % de la cohorte 2 ans ont reçu les deux doses prévues avant 24 mois.

L'administration dans un délai de deux semaines des vaccins prévus à deux, quatre et six mois connaît une augmentation graduelle depuis 2006 avec les cohortes 1 an, alors que les proportions sont plutôt stables ou parfois à la baisse avec les cohortes 2 ans. Les tendances sont à la hausse pour les vaccins prévus à 12 mois (cohortes 1 an et 2 ans) et à 18 mois (cohortes 2 ans). Toutefois, pour les vaccins prévus à 12 mois, plus d'un enfant sur quatre sont vaccinés au-delà d'un mois de l'âge recommandé et c'est un enfant sur trois pour les vaccins prévus à 18 mois.

Des analyses multivariées ont été réalisées, afin de mieux comprendre les raisons pouvant expliquer l'incomplétude vaccinale. L'âge tardif au premier vaccin et le rang de l'enfant dans la famille sont deux variables associées de façon indépendante à l'incomplétude vaccinale dans les deux cohortes. L'âge au premier vaccin était également ressorti chez les deux cohortes dans chacune des enquêtes provinciales réalisées depuis 2006. Les autres variables significatives dans l'analyse multivariée avec la cohorte 1 an sont le fait que le répondant croit que les vaccins ne sont pas sécuritaires, efficaces ou utiles; qu'il n'indique pas totalement sa préférence pour les vaccins combinés; que la mère n'ait pas entrepris d'études universitaires et que l'enfant reçoive des vaccins partiellement ou totalement en clinique médicale/centre hospitalier (CM/CH). Avec la cohorte 2 ans, les autres variables significativement associées à l'incomplétude vaccinale à 24 mois sont la présence d'une occasion manquée avec les vaccins prévus à 12 mois; le fait de demeurer dans la région métropolitaine de Montréal ou dans une agglomération égale ou inférieure à 100 000 habitants (incluant le monde rural) et ne pas se sentir suffisamment informé sur la vaccination de l'enfant.

Cette enquête est la quatrième du genre à être menée au Québec et elle devrait être répétée minimalement aux deux ans, tant que le registre de vaccination prévu par la Loi sur la santé publique n'est pas mis en place et complètement opérationnel. La méthodologie d'enquête demeure, en attendant le registre, le meilleur moyen de monitorer l'impact des programmes de vaccination, l'introduction des nouveaux vaccins et l'efficacité des interventions de santé publique.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-67883-0

ISBN (imprimé): 

978-2-550-67882-3

ISSN (électronique): 

1927-2049

ISSN (imprimé): 

1927-2030

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