La résistance aux antituberculeux au Québec : 2011

Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) collige tous les résultats des épreuves de sensibilité auxquelles ont été soumis les isolats de bacilles tuberculeux pendant l'année civile afin de suivre l'évolution de la résistance aux antituberculeux au Québec.

Le LSPQ identifie les souches reçues à l'échelle de l'espèce et caractérise le profil de sensibilité aux antibiotiques. Les épreuves de sensibilité sont réalisées par la méthode fluorimétrique du système MGITMD 960 (BD Diagnostic Systems).

Les tableaux 1 et 2 reflètent la surveillance de laboratoire des nouvelles souches de Mycobacterium tuberculosis et de M. africanum, variété africaine du bacille tuberculeux humain représentant jusqu’à 60 % des isolats de patients avec tuberculose pulmonaire dans certaines régions d’Afrique sub-saharienne de l’Ouest. Les tableaux présentent, pour l’ensemble de la province (2002 à 2011) et selon les 18 régions sociosanitaires (2007 à 2011), le profil annuel de la résistance des souches des nouveaux cas de tuberculose aux antituberculeux majeurs c’est-à-dire isoniazide (INH), rifampicine (RMP), éthambutol (EMB) et pyrazinamide (PZA).

En 2011, le nombre total des nouveaux cas confirmés de tuberculose (n = 200) est en faible hausse (8,1 %) par rapport à 2010 (n = 185) et de 19 % par rapport à l'année 2009 (n = 168).

Trois souches de M. africanum, rapportées en 2011, ont été isolées de spécimens des voies respiratoires chez une femme québécoise et deux hommes originaires de la côte ouest-africaine, âgés respectivement de 27, 39, et 48 ans. Ces souches ont été rapportées dans la région de Montréal.

Le taux des souches résistantes enregistré cette année atteint 11 %, comparativement à 7,7 % en 2009 et 8,1 % en 2010. Il reste principalement associé à la monorésistance à l’INH (tableau 1).

Depuis 2003, le taux de monorésistance se maintient sous la barre de 13 %. Après avoir atteint un minimum de 4,8 % en 2009, le nombre de souches monorésistantes est à la hausse et atteint une proportion de 10,5 % en 2011.

Un seul nouveau cas de tuberculose multirésistante (TB-MR) a été rapporté en 2011 comparativement à 5 en 2009. Ce cas provenait de la grande région montréalaise (tableau 2). Le nombre de souches multirésistantes rapporté pour les 10 dernières années varie de 0 à 5 cas. La souche multirésistante isolée cette année présente un profil de résistance aux antituberculeux majeurs (RMP, INH, EMB et PZA) et mineurs (streptomycine et rifabutine).

Pour la première fois cette année, une souche de M. africanum a présenté une résistance de haut niveau à l’INH.

Un relevé de souches d’espèces d’origine animale appartenant aussi au complexe M. tuberculosis et identifiées depuis 1998 est présenté au tableau 3. Ces espèces peuvent causer la tuberculose chez l’homme. Le seul mode de transmission documenté est de l’animal vers l’homme, sauf en ce qui concerne M. bovis pour lequel de rares cas de transmission nosocomiale interhumaine impliquant des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ont été rapportés. Trois souches de M. bovis ont été isolées en 2011 chez des patientes âgées, respectivement de 14, 26 et 33 ans. Ces souches ont été toutes isolées à partir de ganglions.

Les données de surveillance de laboratoire pour l’ensemble du Canada sont disponibles auprès de la Section de la lutte antituberculeuse de l’Agence de la santé publique du Canada en le téléchargeant à l’adresse suivante : www.phac-aspc.gc.ca/tbpc-latb/index-fra.php.

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1911-3080

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