Avis du Groupe scientifique en immunisation sur les indicateurs des retards vaccinaux au Québec

La vaccination des enfants représente une des interventions de santé publique les plus efficaces. La couverture vaccinale (CV) à un âge donné est un indicateur couramment utilisé, afin de mesurer la performance des programmes de vaccination. Par contre, de plus en plus d'auteurs suggèrent que l'évaluation des retards dans l'administration des vaccins soit complémentaire à la mesure de la CV.

Le calendrier de vaccination québécois s'appuie sur plusieurs critères, dont l'épidémiologie de la maladie, l'efficacité des vaccins disponibles et la capacité d'atteindre la population cible. L'âge auquel les vaccins sont administrés tient compte de l'interaction antagoniste potentielle entre la réponse du système immunitaire du nourrisson et le transfert passif d'anticorps maternels, la capacité d'un individu d'un âge donné à développer une réponse immunitaire satisfaisante (maturité du système immunitaire) et le risque de développer la maladie ou ses complications. Les critères tiennent compte également du fait que le risque de la maladie associé aux retards vaccinaux varie et dépend du vaccin, de la circulation de la maladie, de sa transmissibilité, de sa possibilité d'importation et de sa sévérité.

Au Canada, les programmes de vaccination varient d'une province à l'autre, notamment en raison de différences dans l'épidémiologie des maladies évitables par la vaccination ou d'autres considérations organisationnelles et économiques. Au Québec, le calendrier régulier de vaccination débute à l'âge de deux mois. Il existe également des différences importantes entre les pays en ce qui a trait aux calendriers vaccinaux. Par exemple, dans plusieurs pays tels que la Finlande et l'Italie, la première dose de vaccin DCaT (vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos) est administrée à l'âge de trois mois. L'annexe 1 du document présente le calendrier de vaccination au Québec, accompagné d'exemples de calendriers vaccinaux utilisés ailleurs qu'au Québec.

Au niveau canadien, un consensus d'experts a été obtenu sur la définition d'un retard vaccinal, soit un mois après la date prévue au calendrier. Au Québec, des indicateurs de gestion concernant les retards dans le calendrier vaccinal sont en place depuis 2006. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec compile les retards vaccinaux observés dans les centres de santé et de services sociaux (CSSS) en utilisant un délai d'une semaine suivant l'âge recommandé pour trois vaccins. Les vaccins qui font l'objet d'un suivi sont les premières doses de DCaT-Polio-Hib (vaccin contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite et Haemophilus Influenzae de type B), de pneumocoque conjugué et de méningocoque C conjugué. Pour l'année en cours (2010-2011), il est attendu que 75 % des enfants vaccinés en CSSS mission CLSC reçoivent leur première dose de ces trois vaccins en dedans d'une semaine du moment prévu au calendrier du Protocole d'immunisation du Québec. Lors d'une discussion à l'exécutif de la Table de concertation nationale en santé publique, il a été convenu qu'il était souhaitable de réviser ces objectifs pour des cibles qui pourront être réalisables au cours des cinq prochaines années considérant l'expérience acquise avec les indicateurs des dernières années. C'est dans ce contexte que la Table nationale de concertation en maladies infectieuses (TCNMI) a été saisie de la question et qu'elle a donné le mandat suivant à l'Institut national de santé publique du Québec :

« De proposer à la TCNMI des scénarios de délai pour les indicateurs de vaccination avec les avantages et les désavantages de chacun en se basant sur des données scientifiques ou des expériences semblables ailleurs qu'au Québec ».

Afin de répondre à cette question, nous avons d'abord examiné la situation des retards vaccinaux au Québec et ailleurs dans le monde ainsi que leur impact sur la maladie et sur les couvertures vaccinales. Ensuite, l'épidémiologie de certaines maladies évitables par la vaccination au Québec a été décrite. De plus, l'argumentaire pour le choix de l'indicateur des retards vaccinaux est présenté en considérant les expériences au Québec et ailleurs, les forces et les limites de certains indicateurs ainsi que le choix des vaccins à utiliser pour mesurer les retards vaccinaux. Le document se termine avec la présentation de recommandations sur le choix des indicateurs.

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Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-62619-0

ISBN (imprimé): 

978-2-550-62618-3

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