La résistance aux antituberculeux au Québec - 2010

Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) collige tous les résultats des épreuves de sensibilité auxquelles ont été soumis les isolats de bacilles tuberculeux pendant l'année civile afin de suivre l'évolution de la résistance aux antituberculeux au Québec.

Le LSPQ identifie les souches reçues à l'échelle de l'espèce et caractérise le profil de sensibilité aux antibiotiques. Les épreuves de sensibilité sont réalisées par la méthode fluorimétrique du système MGITMD 960 (BD Diagnostic Systems).

Les tableaux 1 et 2 reflètent notre surveillance de laboratoire des nouvelles souches de Mycobacterium tuberculosis et de M. africanum, variété africaine du bacille tuberculeux humain représentant jusqu’à 60 % des isolats de patients avec tuberculose pulmonaire dans certaines régions d’Afrique sub-saharienne de l’Ouest. Les tableaux présentent, pour l’ensemble de la province (2001 à 2010) et selon les 18 régions sociosanitaires (2006 à 2010), le profil annuel de la résistance des souches des nouveaux cas de tuberculose aux antituberculeux majeurs c’est-à-dire isoniazide (INH), rifampicine (RMP), éthambutol (EMB) et pyrazinamide (PZA).

Quatre souches de M. africanum, rapportées en 2010, ont été isolées de spécimens des voies respiratoires chez quatre patients, âgés respectivement de 27, 30, 31 et 49 ans, originaires de la côte ouest africaine. Ces souches ont été rapportées dans la région de Montréal (3 souches) et de la Capitale-Nationale (1 souche). Le nombre total de cas de tuberculose en 2010 (n = 185) est en légère hausse (10,1 %) par rapport à 2009 (n = 168) même si les cas enregistrés ces deux dernières années restent les plus bas durant la dernière décennie.

Le taux de souches résistantes enregistré est sous la barre de 10 % soit 8,1 % cette année (comparativement à 10,6 % en 2008 et 13,1 % en 2006). Il reste principalement associé à la monorésistance à l’INH (tableau 1). De 2001 à 2010, 8 à 28 souches monorésistantes ont été signalées chaque année. Depuis 2001, une faible diminution du taux de mono-résistance est enregistrée ces deux dernières années avec respectivement 4,8 % en 2009 et 7,6 % en 2010 des cas confirmés bactériologiquement.

À noter qu'un seul nouveau cas de tuberculose multirésistante (TB-MR) a été rapporté en 2010 comparativement à 5 l’année précédente. Ce cas provenait de la région 08-Abitibi-Témiscamingue tandis que tous les autres identifiés au cours de la dernière décennie résidaient dans la grande région montréalaise. Le nombre moyen de souches multirésistantes rapporté pour les 10 dernières années, varie de 0 à 5 cas (moyenne = 1,5). La souche multirésistante isolée cette année présente un profil de résistance aux antituberculeux majeurs (éthambutol et pyrazinamide) et mineurs (streptomycine et éthionamide). Aucune des souches de M. africanum n’a montré de résistance.

Un relevé de souches d’espèces d’origine animale appartenant aussi au complexe M. tuberculosis et identifiées depuis 1998 est présenté au tableau 3. Ces espèces peuvent causer la tuberculose chez l’homme mais le seul mode de transmission documenté est de l’animal vers l’homme, sauf en ce qui concerne M. bovis pour lequel de rares cas de transmission nosocomiale interhumaine impliquant des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ont été rapportés. Deux souches de M. bovis ont été isolées en 2010, respectivement chez une femme de 24 ans et un homme de 49 ans.

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Veuillez noter que, dans cette publication, les 5e, 6e et 7e paragraphes ont été modifiés. Les modifications peuvent être consultées en téléchargeant l'errata. (3 novembre 2011)

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ISSN (électronique): 

1911-3080

ISSN (imprimé): 

1716-8902

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