Semaine nationale de prévention du suicide

Dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide, l’INSPQ présente une mise à jour des données sur le suicide au Québec. Cependant, il ne dispose pas de données suffisamment récentes pour mesurer l’impact de la crise sanitaire à ce propos. Chaque décès au Québec où l'on suspecte un suicide fait l'objet d'une enquête du Bureau du coroner. Ces enquêtes peuvent prendre jusqu'à deux ans. C'est pour cela que les dernières données rendues publiques par l'INSPQ datent de 2018. Voici les grandes lignes de ce rapport.

Faits saillants

  • Il apparaît que le nombre de suicides est stable pour la majorité des groupes d’âge, mais il semble encore diminuer légèrement chez les hommes de 35 à 49 ans.
  • Selon les données de l’année 2018, 1054 personnes se sont enlevé la vie au Québec.
  • Face à la pandémie, il faut s’assurer de maintenir les gains acquis dans les dernières années en matière de lutte contre le suicide.
  • Chez les hommes, depuis le sommet atteint en 1999 (1 284 suicides), le nombre de suicides a constamment diminué pour atteindre 790 suicides en 2018.
  • Chez les femmes, on parle de 264 décès par suicide en 2018.

Plus spécifiquement chez les hommes :

  • Au Québec, le nombre de suicides est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
  • Le nombre de suicides est encore en diminution chez les hommes âgés de 35 à 49 ans, tandis qu’il a atteint un plateau pour les autres groupes d’âge.
  • Le nombre de suicides le plus élevé s’observe chez les hommes âgés de 50 à 64 ans.

Plus spécifiquement chez les femmes :

  • Les observations des dernières années suggèrent que le suicide est stable chez les femmes depuis une dizaine d’années.
  • Comme chez les hommes, les femmes âgées de 50 à 64 ans sont le plus à risque de suicide.

Hospitalisations pour tentative de suicide :

  • Pour la deuxième année consécutive, l’INSPQ rend public le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide au Québec. En 2019, plus de 3600 personnes ont été hospitalisées à ce propos. Ce portrait est toujours partiel, car les tentatives ne requérant aucune hospitalisation n’ont pas été comptabilisées et pourraient contribuer à augmenter l’ampleur des comportements suicidaires.
  • Contrairement aux tendances à la baisse pour le nombre de suicides, le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide a augmenté dans les dix dernières années, et ce, beaucoup plus rapidement chez les femmes que chez les hommes, creusant ainsi un écart entre les deux sexes. Entre 2008 et 2019, le nombre d’hospitalisations chez les femmes pour tentative de suicide est passé de 1526 à 2169. Chez les hommes, ce nombre est passé de 1176 à 1457.
  • Les hausses les plus marquées du nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide s’observent chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans. Chez les adolescentes, le nombre d’hospitalisations a doublé depuis 2008, passant de 183 à 364 en 2019. Chez les garçons, on constate une hausse subite en 2017 (154 hospitalisations), qui a diminué un peu en 2019 (147).
  • Sur une période de 10 ans, environ 20 % des personnes hospitalisées en 2019-2020 avaient déjà été admises à l’hôpital auparavant pour une autre tentative de suicide.

Autres faits saillants

  • Pour 2016-2018, les nombres de suicides au Nunavik, en Abitibi-Témiscamingue et en Chaudière-Appalaches étaient significativement plus élevés que le reste du Québec, alors que ceux de Laval et de Montréal étaient significativement inférieurs.
  • Parmi les investigations toxicologiques d’alcoolémie réalisées chez les personnes qui se sont enlevé la vie, deux tiers sont ressortis négatifs, donc sans aucune trace d’alcool. Il apparaît néanmoins que parmi les cas où l’alcoolémie a été déclarée positive, plus de la moitié avait une alcoolémie qui dépassait 80 mg sur 100 ml de sang.

Contexte de pandémie

L’INSPQ ne dispose pas de données suffisamment récentes pour mesurer l’impact de la crise sanitaire sur le suicide au Québec. Toutefois, il est maintenant reconnu que le contexte de pandémie aggrave certains facteurs de risque de suicide et que la vulnérabilité de certaines populations se trouve accentuée.

C’est pourquoi l’INSPQ a entrepris des actions visant la surveillance et la prévention du suicide dont:

D’autres démarches sont également en cours afin de mesurer à partir des différentes banques de données les impacts de la COVID-19 sur la santé mentale et le suicide.

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