Statistiques sur les services relatifs aux programmes de prévention du VIH et des hépatites B et C auprès des personnes UDI au Québec : avril 2006 à mars 2007

Les centres d'accès au matériel d'injection (CAMI) sont des lieux où les personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI) peuvent se rendre pour obtenir du matériel d'injection stérile, des conseils de prévention ainsi que d'autres services psychosociaux. La plupart des CAMI récupèrent les seringues usagées. Le réseau des CAMI a été mis en place au Québec à la fin des années 1980. Ce sont des organismes communautaires, des établissements du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que des pharmacies.

Au Québec, la notion de réduction des méfaits liés à l’usage de drogues s’est développée vers la fin des années 1980 en réponse à la situation alarmante de la transmission du VIH chez les personnes faisant usage de drogues par injection. Depuis, les efforts de prévention se sont multipliés et des projets d’intervention dans les milieux de vie, de pairs aidants et de mobilisation des usagers de drogues en vue d’améliorer les services de prise en charge des personnes présentant des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et d’infections transmissibles sexuellement et par le sang se sont développés.

Le bilan des activités de prévention montre qu’il s’est développé au Québec, une multitude d’initiatives trop souvent isolées les unes des autres et pas assez d’actions concertées entre des partenaires pourtant tous concernés par les mêmes clientèles. Alors que des pays comme l’Australie et la Suisse  ont lancé une véritable offensive pour combattre la toxicomanie et les infections par le VIH et le VHC et que la France a proposé des réseaux de pratique en addictologie  qui permettent aux centres d’accès aux matériel d’injection (les boutiques) de faire partie d’un véritable réseau de pratique, le Québec ne dispose toujours pas de mesures permettant de favoriser l’accès aux services de santé pour les personnes toxicomanes infectées par le VHC.

Au Québec, les services à bas seuil d’accessibilité pour les personnes aux prises avec de graves problèmes de dépendance demeurent embryonnaires alors que cette mesure constitue, dans d’autres pays une première étape pour la réinsertion des populations les plus vulnérables. Les efforts de prévention réalisés depuis le début des années 1990 sont louables, mais il faudra des mesures beaucoup plus énergiques pour lutter contre l’épidémie de VHC qui sévit au sein des populations toxicomanes du Québec.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-53769-4

ISSN (électronique): 

1921-9377

Notice Santécom: