Surveillance des souches de Neisseria gonorrhoeae résistantes aux antibiotiques dans la province de Québec : rapport 2002

Le nombre de cas de gonorrhée répertoriés en 2002 s’est élevé à 809, correspondant à une incidence annuelle de 10,9 cas/100 000 habitants soit une légère diminution par rapport à l’incidence de 11,2 observée en 2001. La figure 1 illustre l’incidence en fonction de la région socio-sanitaire (RSS) de l’hôpital déclarant et non de la RSS du patient. On remarque une incidence plus élevée (26,8 cas/100 000 habitants) dans la région de Montréal-Centre où la majorité des cas sont répertoriés (489 des 806 cas). On observe également une incidence marquée de 499 cas/100 000 habitants dans la région du Nunavik, incidence qui a doublé par rapport à celle observée en 2001 (223 cas/100 000 habitants). Dans cette région, le taux d’incidence est influencé par une faible population où 50 cas (22 en 2001) ont été déclarés pour une population d’environ 10 000 personnes. Une autre région qui se démarque par sa forte incidence (23,6 cas/100 000 habitants) est la région du Nord-du-Québec. Dans cette région aussi, la faible population influence l’incidence associée ici à 4 cas seulement. Les régions de Québec, Estrie, Laval, Laurentides et Montérégie montrent une incidence variant entre 5 et 10 cas/100 000 habitants.

On remarque une diminution globale de 2,8 % des infections à Neisseria gonorrhoeae rapportées en 2002, diminution observée tout particulièrement dans la région de Montréal-Centre où l’incidence est passée de 32,2 en 2001 à 26,8 en 2002 et dans la région d’Abitibi-Témiscamingue où elle est passée de 5,8 à 0,7. Par contre, l’incidence dans la région du Nord-du-Québec et le Nunavik a considérablement augmenté en 2002.

Un total de 371 souches (45,9 %) parmi les 809 cas de gonorrhée signalés ont été reçues au LSPQ. L’antibiogramme a été déterminé sur 369 souches, deux souches ayant montré une croissance insuffisante sur le milieu gélosé utilisé. Il en ressort que 177/371 (47,7 %) souches sont résistantes à au moins un des antibiotiques testés au LSPQ dont 29 sont productrices de β-lactamase, établissant le taux annuel de NGPP à 3,6 % (29/809) (figure 3). Outre la résistance plasmidique à la pénicilline par la production d’une β-lactamase, le gonocoque a démontré sa capacité à développer d’autres types de résistance (plasmidique ou chromosomique) aux antibiotiques suivants : pénicilline, tétracycline et ciprofloxacine.

Voici le sommaire des résultats de sensibilité pour l’ensemble des souches analysées :

  • 123 (33,3 %) sont résistantes à la pénicilline dont 29 par voie plasmidique avec production de β-lactamase et 94 par voie chromosomique;
  • 196 (51,1 %) sont intermédiaires à la pénicilline;
  • 166 (45 %) sont résistantes à la tétracycline dont 144 par voie chromosomique et 22 par voie plasmidique;
  • 131 (35,5 %) sont intermédiaires à la tétracycline;
  • 11 (3 %) sont résistantes à la ciprofloxacine et 2 sont intermédiaires;
  • toutes (100 %) sont sensibles à la ceftriaxone.

Pour la deuxième année consécutive, le nombre de souches NGPP a diminué passant de 70 en 2000 à 46 en 2001 puis à 29 en 2002. En 2001, le nombre de souches trouvées résistantes à la ciprofloxacine avait augmenté passant de 4/488 (0,8 %) souches analysées en 2000 à 24/453 (5,3 %) en 2001. En 2002, la proportion de souches résistantes à la ciprofloxacine a baissé à 3 %.

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ISBN (imprimé): 

2-550-43036-0

ISSN (électronique): 

1921-670X

ISSN (imprimé): 

1714-5368

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