Le programme de surveillance de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) au Québec est basé sur la déclaration de l'infection par le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et sur le recueil de renseignements épidémiologiques sur la personne infectée auprès du professionnel de la santé qui a prescrit le test de dépistage du VIH confirmé positif.

Le numéro d'assurance maladie (NAM) est utilisé pour éliminer les doublons. Afin d'augmenter la capacité du programme à documenter les cas dépistés, les cas sans NAM sont enregistrés depuis avril 2012.

Résultats saillants

La proportion des tests confirmés positifs au VIH se maintient à moins de 1 % depuis le début du programme en avril 2002.

On enregistre 317 cas au premier semestre 2012, dont 164 nouveaux diagnostics. Ces cas portent à 7 235 le nombre cumulatif de cas depuis avril 2002 (dont 48 rapportés sans NAM).

Le nombre des nouveaux diagnostics du premier semestre 2012 est comparable au nombre correspondant des six derniers mois de 2011.

La tendance à la hausse des nouveaux diagnostics observée dans la période 2003-2011 chez les HARSAH de 15-34 ans se maintient dans les données du premier semestre 2012.

Une proportion relativement élevée (14,6 %; 24/164) des personnes nouvellement diagnostiquées au premier semestre 2012 l'ont été au stade du sida ou des infections chroniques symptomatiques du VIH (dépistage tardif).

Plus de la moitié (57,3 %; 2 163/3 798) dans l'ensemble des nouveaux diagnostics depuis le début du programme n'avaient jamais eu de test de dépistage du VIH auparavant.

La proportion qui avait eu un dépistage antérieur négatif est à la hausse. Elle a augmenté de 25,7 % (114/443) en 2003 à 58,3 % (187/321) en 2011 (années complètes du programme).

Le programme actuel ne peut différencier les infections récentes des anciennes tardivement dépistées dans la majorité des cas nouvellement diagnostiqués. Dans l'ensemble de ceux-ci, 13,2 % (502/3 798) avaient eu un test négatif dans les 12 derniers mois et étaient donc infectés depuis moins d'un an. Les autres (86,8 %) avaient des infections pouvant être récentes ou anciennes.

Plus de quatre-vingt pour cent (82,2 %; 3 122/3 799) des infections nouvellement diagnostiquées depuis avril 2002 l'ont été chez les hommes.

Chez les femmes, 14,6 % (95/650) l'ont été à l'occasion d'une consultation pour grossesse. La majorité (69/95) des infections nouvellement dépistées chez les femmes enceintes le sont chez des immigrantes en provenance d'Afrique subsaharienne et d'Haïti.

Si près de la moitié (48,4 %; 717/1 481) des femmes infectées par le VIH situent leurs origines en Afrique subsaharienne ou en Haïti, dans l'ensemble, le Canada reste le principal pays de naissance et d'origine ethnoculturelle des cas (69,7 %; 4 954/7 109).

Les cas sont concentrés à Montréal. Cette ville métropolitaine qui abrite un quart de la population du Québec et la majorité des immigrants enregistre 64,1 % (4 636/7 235) des cas dans l'ensemble. La moitié (1 288/2 599) des cas restants sont dans les quatre régions autour de Montréal (Laval, Montérégie, Lanaudière et Laurentides) et le reste dans les treize autres régions du Québec.

Concernant les catégories d'exposition :

  • Les HARSAH sont les plus touchés avec 54,9 % (174/317) des cas au premier semestre 2012. La transmission homosexuelle domine chez les hommes, avec 79,4 % (112/141) de leurs nouveaux diagnostics dans cette catégorie d'exposition.
  • L'origine d'un pays endémique pour le VIH est reliée à 22,7 % (72/317) des cas. Elle domine chez les femmes avec 59,7 % (43/72) des cas, versus 11,8 % (29/245) chez les hommes.
  • Les infections par des rapports hétérosexuels non protégés forment 12,0 % (n = 35) des cas. En les regroupant avec les cas d'immigrants de pays où le VIH est endémique et se transmet essentiellement par voie hétérosexuelle, 33,8 % (n = 107) des cas seraient infectés par transmission hétérosexuelle. Celle-ci prédomine chez les femmes avec 87,5 % (63/72) des cas, versus 17,9 % (48/245) chez les hommes.
  • Les utilisateurs et utilisatrices de drogue par injection (UDI) représentent 6,9 % (n = 22) des cas. Le nombre des cas UDI est à la baisse dans les données du programme.
  • Les individus à la fois HARSAH et UDI représentent 3,2 % (n = 14) des cas, proportion qui varie peu depuis le début du programme.
  • Aucun nouveau diagnostic de transmission verticale n'est rapporté au premier semestre 2012. La majorité des cas de cette catégorie d'exposition depuis 2002 sont des immigrants infectés à la naissance dans leurs pays d'origine.
  • Aucun nouveau diagnostic n'est relié aux dons sanguins au premier semestre 2012.

Limites et interprétation des résultats

Les données du programme ne peuvent préciser la prévalence ou l'incidence du VIH au Québec. Elles portent sur les cas confirmés depuis avril 2002 et dont la collecte épidémiologique est complétée, tandis qu'elles excluent les cas dépistés avant, les cas confirmés depuis qui ne sont pas enregistrés, ainsi que les PVVIH non dépistées qui ignorent qu'elles sont infectées.

L'infection est une maladie chronique associée à une période de latence plus ou moins longue. Une infection contractée à un moment donné peut être diagnostiquée des années plus tard. Beaucoup de personnes peuvent avoir été infectées bien avant l'année du prélèvement du test qui s'est avéré positif et ce ne sont pas toutes les personnes infectées dans la période visée qui subissent un test de détection du VIH.

La tendance à la hausse des nouveaux diagnostics chez les HARSAH de 15-34 ans est une indication d'une possible augmentation de la transmission du VIH.

De toute évidence, le virus se transmet encore activement au Québec. Combinée à l'augmentation des ITSS chez les jeunes dans les données de surveillance des maladies à déclaration obligatoire, la progression du VIH dans la population doit continuer d'interpeller les autorités de santé publique.

Ceux et celles qui aimeraient contribuer à améliorer la qualité de la surveillance du VIH et des rapports sur les résultats de l'analyse des données sont invités à envoyer leurs commentaires et suggestions à l'adresse courriel suivante : rbitera@uresp.ulaval.ca.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-68832-7

ISSN (électronique): 

1913-3405

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