Suivi de grossesse

Information qui donne du réconfort, de la confianceLes rendez-vous de suivi de grossesse sont une bonne occasion pour poser les questions qui vous préoccupent.

En prévision de votre prochain rendez-vous, notez les questions que vous voulez poser à votre professionnel de la santé au fur et à mesure qu’elles vous viennent à l’esprit, afin de ne pas les oublier.

Le suivi de grossesse comprend :

  • les rendez-vous avec votre professionnel de la santé;
  • les prises de sang, analyses d’urine et prélèvements vaginaux;
  • une ou plusieurs échographies;
  • des tests de dépistage, dans certains cas.

Les visites régulières vous permettent de confirmer que votre grossesse se déroule bien et de faire dépister certains problèmes qui pourraient survenir. Ces visites vous donnent aussi l'occasion d’obtenir des réponses à vos questions. Enfin, elles vous aident à vous préparer à l’accouchement et à l’arrivée du bébé.

Sachez que vous pouvez en tout temps :

  • demander des explications au sujet des tests ou examens qui vous sont proposés;
  • demander l’avis d’un deuxième professionnel de la santé sur une question qui vous préoccupe;
  • consulter votre dossier.

Fréquence des visites de suivi de grossesse

La fréquence des visites de suivi de grossesse peut varier. Si vous avez un problème de santé particulier, des visites plus rapprochées pourraient être nécessaires, mais en général, voici ce qui vous sera proposé :

  • Dès que vous savez que vous êtes enceinte jusqu’à 11 semaines après la dernière menstruation : une première visite.
  • De 12 à 30 semaines : une visite aux 4 à 6 semaines.
  • De 31 à 36 semaines : une visite aux 2 ou 3 semaines.
  • De 37 semaines jusqu’à l’accouchement : une visite par semaine.

Description des visites de suivi de grossesse

À chaque rendez-vous, votre professionnel de la santé vérifiera :

  • votre poids;
  • votre pression artérielle;
  • la hauteur de votre utérus : on commence à prendre cette mesure autour de 20 semaines de grossesse;
  • les battements du cœur de votre bébé : même si on ne commence à l’entendre que vers 10 à 12 semaines, le cœur de votre bébé a commencé à battre 5 semaines après le début de la dernière menstruation.

Habituellement, le premier rendez‑vous de suivi a lieu entre 8 et 11 semaines de grossesse. Cela permet aux parents qui le désirent de passer certains examens qui, comme le dépistage génétique, doivent idéalement avoir lieu entre 11 et 13 semaines de grossesse.

Cette première visite dure généralement plus longtemps que les suivantes, car votre professionnel de la santé prend le temps de vous poser des questions pour connaître votre histoire de santé et évaluer votre situation de début de grossesse.

Vous vous posez des questions? Vous hésitez à passer certains examens ou vous croyez que d’autres vous seraient utiles? C’est le moment d’en discuter avec votre professionnel de la santé afin d’avoir des conseils et de prendre des décisions éclairées.

Questions soulevées

Généralement, lors de la première visite de suivi de grossesse, votre professionnel de la santé vous demandera :

  • la date de votre dernière menstruation, afin de déterminer votre date prévue d’accouchement et votre nombre actuel de semaines de grossesse;
  • quel était votre état de santé avant la grossesse et comment vous vous portez depuis que vous êtes enceinte. Il peut aussi vous demander, par exemple, si vous avez pris des médicaments, si vous avez souffert d’allergies, si vous avez subi des interventions chirurgicales dans le passé, si vous avez eu des problèmes liés à l’anesthésie ou des maladies physiques, si vous avez déjà fait une dépression ou si vous avez eu tout autre problème de santé physique ou mentale;
  • si vous avez déjà été enceinte dans le passé, y compris les fausses couches et les avortements;
  • quel est votre bagage héréditaire et celui du père de l’enfant; en d’autres termes, on vous demandera quelles sont les maladies que l’on trouve dans votre famille et dans celle du père de l’enfant. Il peut y avoir, par exemple, des cas de maladies cardiaques, de malformations congénitales et de maladies héréditaires;
  • si vous avez déjà eu des problèmes gynécologiques, comme des chirurgies au col de l’utérus, ou si vous ou votre conjoint avez des infections à herpès;
  • quelles sont vos conditions de vie et vos habitudes (tabac, alcool et drogues);
  • s’il y a des sources de stress dans votre vie, et quelle en est la nature;
  • quelle est la nature de votre emploi, afin d’évaluer s’il comporte des dangers pendant la grossesse.

Examens physique et gynécologique

À la première visite, on vous fera un examen physique complet incluant un examen gynécologique.

Si vous n’en avez pas eu dans les derniers mois, on vous fera aussi un test de dépistage du cancer du col de l’utérus (test « PAP »). Cet examen peut aussi être fait plus tard pendant la grossesse ou encore après l’accouchement.

Il est aussi recommandé, lors de la grossesse, de faire les tests de dépistage des infections transmises sexuellement (ITS) telles que la chlamydia et la gonorrhée. Plusieurs de ces infections peuvent passer inaperçues et avoir des conséquences sur votre santé et celle de votre bébé. Si vous craignez d’avoir eu un contact à risque après le premier dépistage, n’hésitez pas à en parler avec votre professionnel de la santé pour répéter le dépistage.

Vers 36 semaines de grossesse, on vous proposera de faire un prélèvement vaginal pour vérifier la présence de streptocoque du groupe B. Cette bactérie ne cause pas de problème à la mère, mais peut en causer au bébé dans de rares occasions si elle n’est pas traitée. Si la bactérie est présente, on vous offrira un traitement antibiotique au moment du travail.

Il est possible que vous remarquiez un léger saignement dans les 24 heures qui suivent un examen gynécologique. Ne vous inquiétez pas : ce saignement provient du col de l'utérus, qui est plus fragile pendant la grossesse.

Prises de sang et analyses d’urine

Lors des visites, votre professionnel de la santé peut vous prescrire des analyses de laboratoire et vous donner de l’information sur les prises de sang, les analyses d’urine, l’échographie et les tests de dépistage des anomalies congénitales.

Les prises de sang et les analyses d’urine permettent de vérifier :

  • si vous faites de l’anémie;
  • si vous souffrez de maladies infectieuses que vous pourriez transmettre au bébé;
    • Si vous avez une maladie infectieuse comme la syphilis, le VIH/sida ou l’hépatite B, on pourrait vous donner certains médicaments pendant la grossesse ou encore faire vacciner votre bébé à la naissance afin d’éliminer ou de réduire les risques de transmission de l’infection au bébé.
  • si votre glycémie (taux de sucre dans votre sang) est normale;
  • quel est votre groupe sanguin et votre facteur rhésus (Rh);
    • Par exemple, si vous êtes Rh négatif, certaines précautions devront être prises; on pourra vous donner des immunoglobulines anti-Rh (aussi appelées WinRhoMD) à 28 semaines et parfois après l’accouchement. Ce traitement permettra d’éviter que vous ne développiez des anticorps anti-Rh qui pourraient nuire à votre grossesse actuelle ou à une prochaine grossesse. On peut vous donner le WinRhoMD dans d’autres situations, par exemple si vous faites une fausse couche, si vous subissez une amniocentèse ou si vous avez des saignements après le premier trimestre de la grossesse.
  • si vous avez des anticorps contre la rubéole;
    • Si vous n’avez pas ces anticorps et que vous n’avez jamais été vaccinée contre la rubéole, on vous proposera probablement un vaccin après l’accouchement.
  • si vous souffrez d’une infection urinaire, même si vous n’avez pas de symptômes.

Échographie

L’échographie fait partie des examens qui vous seront proposés par votre professionnel de la santé. Cet examen permet :

  • de déterminer l’âge de votre grossesse (surtout si vous avez des cycles irréguliers ou que vous n’étiez pas sûre de la date de votre dernière menstruation);
  • de vérifier la taille de votre bébé pour son âge;
  • d’observer la majorité des organes (coeur, foie, reins, estomac, vessie, cerveau, etc.) et les membres de votre bébé;
  • de vérifier combien il y a de bébés;
  • de déterminer l’emplacement de votre placenta.

Au moment de l’échographie, il est souvent possible (mais pas toujours) d’apprendre si votre bébé est un garçon ou une fille, même s’il y a un petit risque d’erreur. Si vous désirez garder la surprise, dites-le au technicien et au médecin pour éviter tout malentendu.

Dépistage prénatal de la trisomie 21

Information essentielle, à retenirAvant de passer ces examens, réfléchissez à la décision que vous devrez prendre si vous apprenez que le bébé a une anomalie chromosomique.

Lors de votre première visite de suivi de grossesse, votre professionnel de la santé vous demandera si vous souhaitez passer un test de dépistage de la trisomie 21. Sachez que ce test n’est pas obligatoire. La décision de faire un test de dépistage prénatal vous appartient entièrement.

Au Québec, il existe un programme public qui permet d’offrir, à toutes les femmes enceintes qui le désirent, des tests de dépistage de la trisomie 21. Les femmes qui le souhaitent n’ont donc pas à débourser d’argent pour passer un test. Pour de l’information sur ce programme : www.msss.gouv.qc.ca/depistage-prenatal.

La trisomie 21, aussi appelée syndrome de Down, est une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. Elle a pour effet de limiter le développement intellectuel de ceux qui en sont atteints. Il est difficile de déterminer ce que seront ces limites, puisque celles-ci varient d’une personne à l’autre et que la stimulation et le soutien offerts aux enfants peuvent améliorer les choses. Les personnes atteintes peuvent aussi avoir des problèmes de santé comme des malformations cardiaques.

Bien qu’il n’existe aucun traitement pour la trisomie 21, les personnes qui en sont atteintes n’ont pas que des limites. Elles ont aussi des ressources et du potentiel qui leur permettent de développer de profondes relations affectives et de mener une vie gratifiante pour elles-mêmes et leurs proches. Il est certain que la majorité des personnes atteintes auront par ailleurs besoin d’un soutien, d’intensité variable, tout au long de leur vie.

La trisomie 21 n’est généralement pas héréditaire : toutes les femmes peuvent donc porter un foetus touché par cette anomalie chromosomique, mais le risque varie avec l’âge, comme l’illustre le tableau.

Évaluation du risque de porter un enfant atteint de la trisomie 21 pour une grossesse à terme
Âge de la mère Risque
20 ans 1 cas sur 1 500
30 ans 1 cas sur 900
35 ans 1 cas sur 385
40 ans 1 cas sur 100

Test de dépistage prénatal

Le test de dépistage se fait par une analyse du sang de la mère, avec ou sans échographie. Il permet d’évaluer si la probabilité (le risque) que le bébé soit atteint de la trisomie 21 est faible ou élevée. Ce test est sans danger pour le fœtus.

  • Si la probabilité est faible, votre médecin ne vous conseillera pas de passer d’autres tests. Il faut comprendre qu’une probabilité faible ne garantit pas que le bébé n’aura pas la trisomie 21. À cause des différences naturelles entre les individus, les tests de dépistage ne permettent pas de détecter tous les bébés qui en seront atteints.
  • Si la probabilité est élevée, cela ne signifie pas nécessairement non plus que votre bébé sera atteint de la trisomie 21. On vous proposera de passer un autre test diagnostique : l’amniocentèse avec étude des chromosomes. Il est normal que vous vous sentiez anxieuse si vous devez passer ce test. Toutefois, la plupart des femmes qui ont une amniocentèse auront un résultat normal et accoucheront d’un bébé qui n’est pas atteint de la trisomie 21.

Test diagnostique : l’amniocentèse

L’amniocentèse avec étude des chromosomes est la technique de diagnostic prénatal la plus répandue. Elle permet de déterminer avec certitude si le foetus est atteint de la trisomie 21 ou non.

On fait ce test à partir de 15 semaines de grossesse, parfois plus tôt. Pour faire une amniocentèse, on prélève du liquide amniotique dans l’utérus de la femme enceinte à l’aide d’une fine aiguille qu’on introduit dans son ventre.

L’amniocentèse comporte toutefois certains risques de complications, qui peuvent aller jusqu’à la fausse couche. C’est pourquoi on l’offre surtout aux femmes qui présentent une probabilité élevée selon les tests de dépistage.

Résultats de l’amniocentèse

  1. La grande majorité des futurs parents apprennent que leur bébé n’a pas la trisomie 21 ni aucune autre anomalie chromosomique.
  2. Lorsque les résultats indiquent que le bébé est atteint de la trisomie 21, les parents doivent choisir l’une de ces options :
    • poursuivre la grossesse et se préparer à être parents d’un enfant présentant la trisomie 21;
    • interrompre la grossesse et vivre le deuil qui l’accompagne.
  3. Dans de rares cas, il arrive que l’amniocentèse révèle d’autres anomalies chromosomiques. Si vous êtes dans cette situation, votre médecin vous dirigera vers un spécialiste de la génétique.

Si vous êtes placés devant le choix difficile de poursuivre ou d’interrompre la grossesse, vous pourriez avoir besoin d’aide. Il ne faut pas hésiter à en discuter avec vos proches ou avec un professionnel de la santé. Vous pouvez aussi contacter des groupes de parents qui ont un enfant atteint de la trisomie 21; ils pourraient vous aider à prendre la décision qui vous convient le mieux. Pour connaître les groupes de votre région, informez-vous auprès de votre CLSC.

Autres tests de dépistage

Après votre accouchement, on vous proposera de faire passer des tests sanguins et urinaires à votre bébé pour dépister des maladies peu fréquentes, mais qui nécessitent un suivi ou des traitements très tôt dans la vie (voir Dépistage sanguin).

Tests de dépistage de la trisomie 21

Échographies

Une échographie pourrait vous être proposée pour vérifier l’état d’avancement de votre grossesse.

Il se peut aussi qu’on vous offre une échographie pour mesurer la clarté nucale, c’est-à-dire l’espace entre la peau du cou et la colonne vertébrale du fœtus (entre la 11e et la 13e semaine). Une mesure de la clarté nucale plus élevée que la normale peut indiquer qu’il y a un risque élevé de trisomie 21, d’autres anomalies chromosomiques ou de malformations cardiaques. Ce dépistage de la trisomie 21 par échographie doit être combiné à des prélèvements sanguins pour augmenter sa performance.

Prélèvements sanguins

Le test de dépistage prénatal de la trisomie 21 qui est offert gratuitement partout au Québec consiste en deux prélèvements sanguins. Le premier est effectué au premier trimestre (entre la 10e et la 13e semaine) et l’autre au deuxième trimestre (entre la 14e et la 16e semaine). En combinant votre âge et les résultats des deux prélèvements, le test permettra de déterminer si votre probabilité d’avoir un bébé atteint de la trisomie 21 est faible ou élevée.

Deux prélèvements donnent des résultats plus fiables qu’un seul prélèvement. Cependant, si vous vous présentez seulement au premier prélèvement sanguin du test de dépistage, la probabilité sera quand même calculée à partir de ce prélèvement et de votre âge. S’il est trop tard pour le premier prélèvement, vous pouvez en avoir un au deuxième trimestre. Là aussi, la probabilité sera calculée à partir de ce seul prélèvement et de votre âge.

Autres tests de dépistage

D’autres tests peuvent aussi vous être proposés. Les connaissances sur les tests de dépistage de la trisomie 21 évoluent et peuvent changer rapidement. Votre professionnel de la santé vous informera de ce qui existe dans votre milieu.

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec


Facteur rhésus : Une des caractéristiques du sang. On peut être rhésus positif ou rhésus négatif.

Amniocentèse : Intervention qui consiste à prélever du liquide amniotique pour l’analyser.