Santé des personnes aînées

Le vieillissement de la population est observé dans de nombreux pays. Au Québec, ce phénomène s’explique principalement par l’allongement de l’espérance de vie et la baisse du taux de natalité. Les projections indiquent que la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus continuera à croître au sein de la population québécoise. La hausse la plus marquée se produira d’ici 2031. Ce changement démographique soulève plusieurs défis pour la société et la santé publique. Des adaptations seront donc nécessaires pour favoriser l’autonomie et la participation sociale des personnes aînées. Par exemple, cela pourrait nécessiter davantage de services de proximité, de logements accessibles, une bonification des transports adaptés, la lutte contre l’âgisme en milieu de travail et des quartiers favorisant la mobilité. Cette section présente les travaux de l’INSPQ en lien avec l’amélioration et le maintien de la santé des personnes aînées.

Environ 8 personnes sur 10 âgées de 65 ans et plus se perçoivent en bonne santé. Malgré tout, elles peuvent faire face à certains problèmes de santé et aux incapacités qui en découlent.

Source : Enquête québécoise sur la santé de la population 2020-2021

Vieillir en santé : un modèle pour orienter l’action

L’approche Vieillir en santé offre aux personnes aînées la possibilité d’améliorer et de préserver leur santé et leur bien-être physique, social et mental. Elle leur permet aussi de conserver leur autonomie et leur qualité de vie, tout en soutenant des transitions harmonieuses entre les différentes étapes de leur vie.

L’INSPQ propose un modèle intégrateur des multiples dimensions d’un vieillissement en santé. Dans une perspective d’équité populationnelle, le modèle rassemble des pistes pour agir simultanément à l’échelle des individus, des communautés et des environnements (physique, socioculturel, politique et économique). Consultez notre modèle intégrateur.

Sécurité et milieux de vie

L’environnement bâti influence la santé et l’autonomie des personnes aînées. Ses diverses composantes, notamment le logement, l’aménagement des quartiers, les systèmes de transport et les espaces publics et de loisirs, contribuent au vieillissement en santé. Pour en savoir plus, parcourez notre publication : Des lieux pour vieillir en bonne santé.

Selon une enquête réalisée en 2020-2021, environ 1 personne sur 20, âgée de 65 ans et plus et vivant à domicile, a fait une chute au cours de la dernière année. Par ailleurs, les hospitalisations et les décès liés aux chutes sont en hausse, d’où l’importance de suivre la situation de près. Consultez notre indicateur Mortalité par chutes chez les aînés à ce propos.

En matière de prévention, il est essentiel de promouvoir l'activité physique et d’assurer un aménagement sécuritaire des environnements. Les milieux adaptés au vieillissement favorisent le maintien des personnes à domicile, mais ils sont insuffisants dans certains cas. Lorsque la réalisation des tâches quotidiennes devient difficile en raison d’une ou plusieurs incapacités, le soutien à domicile contribue à la préservation de l’autonomie. Offrir une aide à domicile au bon moment peut même prévenir l’apparition ou l’aggravation des problèmes de santé.

Santé cognitive

Depuis longtemps, la santé physique et la santé mentale occupent une place importante dans le réseau de la santé. Plus récemment, la santé cognitive est également devenue un sujet d’intérêt en gérontologie. La fréquence de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles neurocognitifs augmente avec l’âge. Par exemple, la maladie d’Alzheimer touche 7 % des personnes aînées et le quart des personnes âgées de 85 ans et plus. Dans une approche de santé publique ciblant les facteurs de risque et de protection, il est possible de prévenir ces troubles ou d’en retarder l’apparition.

En savoir plus sur la santé cognitive.

Maladies chroniques

La proportion de personnes atteintes de maladies chroniques augmente graduellement avec l’âge. Parmi les maladies chroniques les plus fréquentes, on retrouve l’hypertension, l’asthme, le diabète, les maladies pulmonaires telles que l’emphysème et la bronchite chronique ainsi que les maladies cardiaques comme l’angine ou l’infarctus. De plus, les cancers touchent particulièrement les personnes aînées, entraînant des répercussions sur leur qualité de vie et leurs besoins de soutien.

La multimorbidité, soit la présence d’au moins 2 maladies chroniques, concerne 56 % des personnes âgées de 65 ans et plus. Chez les 75 ans et plus, cela représente environ 7 personnes sur 10. Consultez notre indicateur Multimorbidité.

Au Québec, le fardeau associé aux maladies chroniques est important. Ces dernières entraînent des décès prématurés et des incapacités qui réduisent la qualité de vie des personnes atteintes. (Source : Rapport du directeur national de santé publique 2024).

De plus, certaines infections présentent un risque accru pour les personnes aînées, surtout celles vivant avec des maladies chroniques. Notre enquête sur la vaccination contre la grippe saisonnière, certaines pneumonies, le zona et la COVID-19 révèle que la proportion de personnes aînées vaccinées gagnerait à augmenter.

Médicaments

Les maladies chroniques et la multimorbidité entraînent la prise de plusieurs médicaments chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Ces dernières consomment en moyenne 8 médicaments prescrits par année. Cette polymédication peut comporter des risques, notamment les chutes et les hospitalisations.

Maltraitance

Les personnes aînées, particulièrement celles en situation de vulnérabilité, peuvent être victimes de maltraitance. Au Québec, la maltraitance touche environ 6 % des personnes âgées de 65 ans et plus vivant à domicile. La maltraitance peut aussi survenir dans des contextes où la confiance devrait primer, comme au sein d’un couple, de la famille, de l’entourage ou d’une relation d’aide.

En savoir plus sur la maltraitance envers les personnes aînées.

Isolement et solitude

Tout comme les plus jeunes, les personnes aînées ont besoin d’interactions sociales et de réseaux de soutien social pour être en santé. Cela contribue à leur bien-être et leur satisfaction par rapport à la vie. L’isolement et la solitude, des phénomènes fréquents, ont des effets néfastes sur leur santé physique et mentale. Plusieurs facteurs individuels et environnementaux − comme l’âgisme, des environnements et infrastructures mal adaptés ou l’insécurité − peuvent accroître le risque d’isolement social. C'est souvent la combinaison de plusieurs de ces facteurs qui mène à des situations d’isolement social et de solitude.

Pour lutter contre l’isolement social et la solitude, il est essentiel d’adopter une approche partenariale impliquant les secteurs publics, privés, communautaires tant aux paliers provincial, régional et local. La stratégie de lutte doit également impliquer les citoyens, notamment les personnes aînées et leurs proches. Consultez notre publication : Lutter contre l’isolement social et la solitude des personnes aînées en contexte de pandémie (2020).

Proche aidance et résilience

Environ 1 personne aînée sur 5 agit comme proche aidante, ce qui illustre leur complémentarité au réseau de la santé. Pour soutenir la résilience des personnes aînées, il est important que ces dernières aient l’opportunité d’acquérir des connaissances et de développer des compétences, qu’elles soient malades ou en bonne santé. Ainsi, chaque personne devrait pouvoir participer jusqu’à la fin de sa vie aux décisions et aux interventions qui la concernent.

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