Nutrition, activité physique et problèmes reliés au poids
La nutrition et l'activité physique exercent une profonde influence sur l'état de santé et de bien-être. Ces deux déterminants de la santé contribuent à réduire l'incidence de plusieurs problèmes de santé importants dont les maladies cardiovasculaires (MCV), certains cancers, le diabète de type 2, l'obésité et l'ostéoporose. Au Québec, si on exclut l'activité physique associée au travail et aux activités domestiques, environ 46 % de la population de 15 ans et plus n'atteint pas le niveau minimal recommandé par les autorités de santé publique. En ce qui concerne les habitudes alimentaires des québécois, la situation ne semble guère mieux. Une enquête récente à ce sujet, réalisée auprès des enfants et des adolescents du Québec, démontre l'ampleur des améliorations à apporter afin que ceux-ci respectent les recommandations du « Guide alimentaire canadien ». À titre d'exemple, soulignons qu'entre 50 % et 68 % des jeunes de 6 à 16 ans consomment moins de 5 portions de fruits et légumes par jour (ESSEAQ-2004). Les travaux de l'Institut visent à mieux préciser les écarts entre, d'une part, les recommandations relatives aux habitudes alimentaires et à la pratique d'activités physiques et, d'autre part, les comportements adoptés par la population québécoise, ainsi qu'à améliorer les connaissances relatives à l'efficacité des interventions préventives permettant de modifier ces comportements. L'Institut s'intéresse de façon particulière aux interventions qui ciblent la modification des normes sociales et qui visent à rendre les environnements favorables à l'adoption de comportements sains.
L'épidémie mondiale d'obésité qui frappe tous les pays occidentaux et de plus en plus de pays en voie de développement, n'épargne pas le Québec. De 1987 à 1998, la prévalence de l'excès de poids et de l'obésité chez les adultes québécois a augmenté de près de 50 %. En 2003, 14 % des québécois souffraient d'obésité et 33 % affichaient de l'embonpoint. Cette augmentation des problèmes de poids s'accompagne de préjugés sociaux envers les personnes obèses qui, à leur tour, suscitent une préoccupation excessive à l'égard du poids chez bon nombre de personnes. Ainsi, en 1992-1993, plus des trois quarts des femmes de poids santé et près du quart des femmes de poids insuffisant souhaitaient perdre du poids. Plus récemment, une étude québécoise démontrait qu'un peu plus de 10 % des fillettes de 6 à 8 ans ont déjà tenté de maigrir (ESSAEQ-2004). L'ampleur de ce problème de santé publique a amené le gouvernement du Québec à identifier la prévention de l'obésité comme priorité gouvernementale. Afin de soutenir le gouvernement et le réseau de la santé publique dans la prévention des problèmes reliés au poids, l'Institut participe à l'élaboration et à la réalisation d'un plan d'action ministériel de prévention de ces problèmes. Les travaux de l'Institut contribuent également au développement d'interventions préventives axées principalement sur la modification des environnements bâtis, agroalimentaire, socioculturel, économique et politique permettant de faciliter l'adoption de comportements de saine gestion du poids tout en prenant soin de ne pas exacerber la préoccupation excessive à l'égard du poids.
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