La vaccination a permis une réduction importante du fardeau associé à la coqueluche. Cette infection continue toutefois de circuler au Québec et ailleurs de façon cyclique, avec des pics d’incidence tous les trois à cinq ans. Les enfants de moins de trois mois sont les personnes les plus à risque d’hospitalisation et de décès associés à la coqueluche et la majorité d’entre eux sont trop jeunes pour être vaccinés, la première dose étant prévue à l’âge de deux mois. Dans quelques pays, la vaccination systématique des femmes enceintes a été recommandée afin de réduire le fardeau de la coqueluche chez les enfants de moins de trois mois. En septembre 2015, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a demandé au Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) de fournir un avis sur la pertinence d’offrir le vaccin contre la coqueluche à toutes les femmes enceintes ayant au moins 26 semaines de grossesse.

La vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte vise à protéger l’enfant à naître grâce au transfert d’anticorps par voie transplacentaire. Dans son analyse des risques et des bénéfices, le CIQ a particulièrement tenu compte des éléments suivants :

  • L’efficacité de la vaccination contre la coqueluche en cours de grossesse est d’environ 90 % pour prévenir les cas confirmés de coqueluche chez les enfants de moins de trois mois.
  • L’incidence actuelle de cas de coqueluche sévères chez les enfants de moins de trois mois au Québec fait en sorte qu’un nombre élevé de femmes enceintes auraient à être vaccinées pour prévenir une hospitalisation, une admission aux soins intensifs ou un décès dû à la coqueluche, soit 2 400, 17 000 et 300 000  femmes enceintes, respectivement. Pour la prévention d’un seul décès, ce nombre de 300 000 femmes équivaudrait à la vaccination de toutes les femmes enceintes du Québec durant quatre années.
  • Une interférence possible de la vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte sur l’immunogénicité de la primovaccination du jeune enfant (coqueluche et autres antigènes) a été rapportée. L’impact clinique de cette interférence est inconnu.
  • Malgré le fait qu’elles soient rassurantes, les données de sécurité vaccinale disponibles sont insuffisantes pour exclure de façon convaincante de faibles augmentations de risque (moins de 7 événements supplémentaires pour 1000 grossesses chez les femmes vaccinées) pour la naissance prématurée ou d’autres événements comme le petit poids pour l’âge gestationnel ou les troubles hypertensifs de la grossesse.
  • L’acceptabilité par les femmes enceintes et les professionnels de la santé ainsi que la faisabilité de la vaccination contre la coqueluche en cours de grossesse n’ont pas été évaluées au Québec.
  • Dans le contexte épidémiologique observé depuis le début des années 2000 au Québec, le coût d’une telle intervention dépasse considérablement les seuils de coût-efficacité généralement reconnus.

Tenant compte des points mentionnés ci-dessus, le CIQ ne possède pas suffisamment d’éléments pour recommander la vaccination systématique contre la coqueluche chez toutes les femmes enceintes au Québec. Cette recommandation pourra être révisée d’ici deux ans à la lumière des nouvelles données disponibles sur le profil d’innocuité, l’interférence possible avec la primovaccination, l’acceptabilité, la faisabilité et le coût-efficacité associés à une telle stratégie.

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ISBN (electrónico): 

978-2-550-74892-2

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