Sigmoïdoscopies flexibles effectuées par le personnel infirmier autorisé : mise en oeuvre et résultats du projet pilote en Ontario - 2013

Le dépistage est un des moyens les plus efficaces d’atténuer le fléau que représente le cancer colorectal. Au Canada, ce cancer représente un fardeau particulièrement lourd puisqu’il arrive au deuxième rang des causes de décès liés au cancer. Plusieurs interventions peuvent être utilisées pour dépister le cancer colorectal et détecter le cancer à un stade précoce et plus facile à traiter, ce qui permet de réduire le taux de mortalité. Certaines interventions de dépistage permettent de détecter et de retirer les lésions avant que celles-ci ne deviennent cancéreuses, ce qui contribue à réduire le taux d’incidence de ce cancer. La sigmoïdoscopie flexible est l’une de ces interventions. C’est une intervention endoscopique qui permet une visualisation directe du rectum et de la partie distale du côlon, ainsi que la détection de polypes et le prélèvement de tissus. Cette intervention de dépistage est très efficace, et les données empiriques montrent que la sigmoïdoscopie flexible (SF) peut permettre de réduire les taux d’incidence et de mortalité du cancer colorectal de 33 % et de 43 % respectivement. De plus, la SF peut être effectuée à l’extérieur des hôpitaux par du personnel médical autre que les médecins, ce qui constitue une excellente possibilité de réduction des coûts et d’amélioration de la capacité endoscopique en matière de dépistage.

À partir des travaux de 2005 visant l’élaboration d’un programme de formation sur les sigmoïdoscopies flexibles effectuées par le personnel infirmier autorisé (SFPIA), un projet pilote de SFPIA a été lancé en 2007 par Action Cancer Ontario (ACO). L’expérience de planification et de mise en oeuvre de ce projet a été très instructive et a permis de tirer plusieurs leçons importantes. L’objectif du présent rapport est de documenter l’historique, les principaux enjeux, les principaux résultats et les coûts du projet pilote de SFPIA en Ontario. Les conclusions du rapport serviront à soutenir les initiatives canadiennes nouvelles et existantes qui visent la prestation de SF et à atténuer le fléau du cancer colorectal.

Le présent rapport a été rédigé par Action Cancer Ontario en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec. Il est basé sur l’analyse de documents associés au projet et d’entrevues réalisées avec des intervenants du projet pilote de SFPIA et de Action Cancer Ontario. Il couvre l’historique du projet, de 2005 à aujourd’hui.

Plusieurs constatations importantes ont été tirées de l’expérience du projet pilote de SFPIA en Ontario. Elles ont été regroupées en un ensemble de considérations utiles à l’élaboration de programmes de SF :

  • L’harmonisation des plans stratégiques fédéraux et/ou provinciaux peut faciliter le processus de conception et de mise en oeuvre d’un nouveau modèle de soins.
  • La consultation d’un vaste éventail d’intervenants, dès le début du processus, peut permettre d’améliorer l’acceptabilité du projet et faciliter la transition, de la planification jusqu’à la mise en oeuvre du projet.
  • Un message clair et uniforme concernant le dépistage du cancer colorectal, à l’intention du public et des prestateurs de soins (tout particulièrement les médecins de famille), peut assurer une utilisation appropriée et adéquate des sigmoïdoscopies flexibles effectuées par le personnel infirmier autorisé.
  • Comme de nombreux prestateurs préfèrent encore que leurs patients subissent une coloscopie, en l’absence de lignes directrices claires, la prise en compte des capacités locales en matière de coloscopie peut améliorer le recours aux SFPIA si l’on choisit les établissements en fonction des besoins locaux (c.-à-d. qu’en choisissant des établissements bénéficiant d’un accès limité à d’autres services de dépistage, on peut cibler efficacement les besoins et améliorer les capacités globales de dépistage dans la collectivité grâce à l’adoption de la SFPIA).
  • Le fait de tirer profit des mécanismes d’aiguillage existants et/ou des relations existantes avec les prestateurs de soins primaires (PSP) peut faire en sorte qu’un nombre accru de patients soient dirigés vers la SFPIA.
  • L’examen attentif des méthodes utilisées pour diriger des patients vers le projet peut permettre de garantir un volume adéquat, si l’on s’emploie à réduire l’impact sur la charge de travail et sur le déroulement du travail des PSP qui aiguillent les patients vers le projet.
  • Si les SFPIA sont offertes en milieu hospitalier, il faut s’assurer que l’hôpital d’accueil s’engage fermement à appuyer la réussite et le maintien continu du programme de SFPIA.

Le projet pilote de SFPIA de l’Ontario a montré qu’il était possible d’élargir le rôle des infirmiers et infirmières autorisés de façon à améliorer les capacités provinciales en matière de dépistage du cancer colorectal. Le projet pilote de SFPIA est le premier en son genre au Canada et peut offrir une orientation aux autres administrations qui envisagent de mettre en place des programmes similaires.

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