Résultats annuels de surveillance des maladies transmises par les moustiques : année 2024
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Contexte
Au Québec, les maladies transmises par les moustiques (MTM) sont très majoritairement des arboviroses, soit des infections causées par des arbovirus. Ces derniers sont un type de virus transmis aux animaux et aux humains par l’entremise d’un vecteur arthropode, dont font partie les moustiques.
La surveillance des MTM est basée sur la surveillance humaine et sur la surveillance animale pour certains arbovirus.
Au Québec, les MTM incluent des maladies considérées endémiques (c’est-à-dire transmises par des espèces de moustiques présentes au Québec) et d’autres qui sont considérées exotiques (acquises en voyage car transmises par des espèces de moustiques ne circulant pas dans la province).
Au Québec, les MTM endémiques sont surveillées depuis plus de 20 ans et sont progressivement devenues des maladies à déclaration obligatoire (MADO). Elles comprennent les infections causées par :
- Le virus du Nil occidental (VNO);
- Les virus du sérogroupe Californie (VSC), groupe comprenant le virus du Jamestown Canyon (VJC) et le virus du Snowshoe Hare (VSSH), et
- Le virus de l’encéphalite équine de l’Est (VEEE).
Les MTM exotiques au Québec incluent tout particulièrement :
- les infections au virus de la dengue*
- la fièvre Oropouche (transmises par un moucheron exotique, et non pas par un moustique)
- les infections au virus Chikungunya*
- les infections au virus Zika*
* Ces trois infections sont également des MADO au Québec.
Les sections suivantes présentent les résultats de surveillance des MTM endémiques au Québec déclarées en 2024 ainsi que des données historiques de surveillance de ces maladies. En 2024, aucune collecte de moustiques n’a été réalisée dans le cadre de la surveillance des arboviroses.
Faits saillants
VNO 4e année d’importance
- 81 cas humains
- 77 acquis localement
- 70 % syndrome neurologique
- 3 décès liés à l’épisode (dont 2 parmi les cas acquis localement)
- 209 animaux positifs, dont :
- 7 mammifères (2 décès)
- 201 oiseaux sur 290 collectés
VSC Plus faible
- 5 cas humains
- Tous acquis localement
- 100 % syndrome neurologique
- 0 décès lié à l’épisode
VEEE 1ers cas humains déclarés au Québec
- 3 cas humains
- Tous acquis localement
- 100 % syndrome neurologique
- Un décès lié à l’épisode
- 15 animaux positifs, dont :
- 13 mammifères (11 décès)
- 2 oiseaux
Virus du Nil occidental
La surveillance intégrée des infections au VNO est la première à avoir été mise en place (2003), incluant la surveillance humaine, animale (animaux domestiques et sauvages) ainsi que la surveillance entomologique (des moustiques vecteurs du VNO par leur collecte et analyse).
Surveillance humaine
Résultats 2024
- Un total de 81 cas d’infection par le VNO a été rapporté au Québec (dont 78 cas confirmés), soit :
- 77 cas (95 %) acquis au Québec,
- 2 cas (2,5 %) acquis hors Québec, et
- 2 cas (2,5 %) aux lieux d’acquisition inconnus.
- Concernant les cas acquis au Québec :
- Neuf régions sociosanitaires (RSS) d’acquisition probables ont été identifiées sur 18, soit :
- Montérégie (n = 29, 38 %, la plus touchée)
- Montréal (n = 12, 16 %),
- Laurentides (n = 10, 13 %),
- Laval (n = 9, 12 %),
- Chaudière-Appalaches (n = 5, 6 %),
- Estrie (n = 4, 5%),
- Capitale-Nationale (n = 2, 3 %),
- Mauricie et Centre-du-Québec (n = 2, 3 %), et
- Lanaudière (n = 1, 1 %).
- La RSS d’acquisition probable d’un cas serait soit les Laurentides soit Mauricie-et-Centre-du-Québec.
- La RSS d’acquisition probable demeure inconnue pour deux autres cas.
- Neuf régions sociosanitaires (RSS) d’acquisition probables ont été identifiées sur 18, soit :
- Recrudescence de cas humains acquis au Québec avec une augmentation de 4,5 fois par rapport à 2023
(17 cas).
Le tableau 1 décrit les caractéristiques des 77 cas acquis au Québec en 2024.
| Caractéristiques | Valeurs |
|---|---|
| Dates de début de la maladie |
|
| Syndrome cliniquea |
|
| Sexe |
|
| Âge | 27 à 91 ans (âge médian de 64 ans) |
| Morbiditéd - Hospitalisation | 57/70 cas (81 %) |
| Morbidité - Admission en soins intensifs | 9/69 cas (13 %) |
| Mortalité - Nombre de décès | Deux décès en lien avec l’épisodee (2,6 %) |
a Le syndrome clinique est documenté pour tous les cas sauf un (76 cas sur 77).
b Les cas asymptomatiques sont déclarés par Héma-Québec.
c Les données d’hospitalisation et d’admission en soins intensifs sont documentées pour 70 cas et 69 cas respectivement.
d L’information sur l’hospitalisation et sur l’admission en soins intensifs était inconnue respectivement pour sept et huit cas.
e Patients âgés de plus de 70 ans.
Source : Direction de la vigie et des maladies infectieuses, ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Extraction du SI-GMI le 4 avril 2025.
Données historiques
Au Québec, le nombre de cas humains d’infection par le VNO déclarés fluctue annuellement, même si le nombre de cas reste généralement faible. Des pics importants de cas ont été observés en 2012 (n= 133) et en 2018 (n=200) (Figure 1). Pour l’historique détaillé des cas humains de 2003 à 2018, inclusivement, il est suggéré de consulter le Portrait de l’infection par le virus du Nil occidental au Québec : 2003-2018.
Figure 1 – Nombre de cas humains d’infection par le VNO acquis au Québec et taux d’incidence, Québec, 2003–2024
Sources : Données 2003-2023, Résultats annuels de surveillance des maladies transmises par les moustiques de 2023; Données 2024, Direction de la vigie et des maladies infectieuses, MSSS. Extraction du SI-GMI en date du 4 avril 2025.
Surveillance animale
La surveillance animale du VNO s’applique aux animaux domestiques et aux animaux sauvages :
- Animaux domestiques :
- Chevaux, oiseaux d’élevage (p. ex., canards, oies, émeus);
- Données fournies par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) .
- Animaux sauvages :
- Oiseaux (p. ex. corneille, faucon, épervier) et des mammifères de tailles diverses (p. ex. écureuil gris, cerf de Virginie, ours);
- Données fournies par le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages – Réseau canadien pour la santé de la faune (CQSAS) (animaux morts ou malades rapportés).
Animaux domestiques
Résultats 2024
- Un total de huit animaux domestiques a été déclaré positif au VNO, entre août et septembre 2024 :
- sept chevaux, et
- un canard arlequin.
- Ces cas concernaient six RSS :
- Chaudière-Appalaches et Montérégie : deux cas par RSS;
- Abitibi-Témiscamingue, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Maricie-et-Centre-du-Québec et Laval : un cas par RSS.
- Le canard est décédé, ainsi que deux des chevaux (l’un non vacciné, l’autre vacciné mais de façon incomplète).
- Des cas de VNO équins ont été rapportés dans deux RSS au sein desquelles aucun cas humain n’a été acquis. (Abitibi-Témiscamingue et Saguenay-Lac-Saint-Jean).
Données historiques
- De 2003 à 2023, le nombre de cas équins de VNO déclarés au Québec reste faible, à l’exception de 2012 où 20 chevaux ont été confirmés positifs.
- Pour cette même période, quelques autres animaux domestiques ont été signalés et confirmés positifs pour le VNO incluant des canards d’élevage et une oie de Ross.
Animaux sauvages
Résultats 2024
- Un total de 290 animaux sauvages a été collecté et testé au Québec: 289 oiseaux et un petit mammifère (écureuil rayé).
- De ce nombre, 201 oiseaux (69 %) étaient positifs pour le VNO et huit oiseaux (3 %) étaient des cas suspects.
- Ceux-ci ont été découverts dans 15 RSS, principalement : Montérégie, Montréal, Laurentides, Mauricie et Centre-du-Québec, Capitale-Nationale et Outaouais.
- Les espèces d’oiseaux les plus touchées par le VNO étaient les corneilles d’Amérique (53 %), suivies des faucons émerillons (10 %).
- Le premier oiseau positif pour le VNO était une corneille d’Amérique, signalée le 30 mai 2024 dans la RSS de l’Outaouais.
- À noter que des oiseaux sauvages ont été testés positifs au VNO dans six RSS qui n’ont déclaré aucun cas humain, soit : Outaouais, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Côte-Nord, Gaspésie-Îles de la Madeleine, Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent.
- Les cas d’oiseaux sauvages précèdent généralement les cas humains : alors que les premiers cas d’oiseaux positifs au VNO ont été signalés fin mai et en juin 2024, le premier cas humain symptomatique a débuté ses symptômes vers la fin juin 2024 et la première déclaration aux autorités de santé publique a eu lieu vers la 2e semaine de juillet 2024.
Données historiques
- De 2003 à 2023, un total de 597 oiseaux sauvages et quelques écureuils gris ont été confirmés positifs pour le VNO principalement dans les RSS de Montérégie, de Montréal, de la Lanaudière et des Laurentides.
- À partir de 2022, un rehaussement des critères de surveillance des oiseaux sauvages à la suite de l’épidémie de l’influenza aviaire H5N1 a entrainé une augmentation considérable du nombre de corvidés récoltés et testés pour le VNO. En 2022 et 2023, 145 et 137 oiseaux sauvages respectivement ont été ainsi testés comparativement à 12 en 2021. Les nombres d’oiseaux positifs étaient de 77 (53 %) et de 69 (50 %) respectivement en 2022 et 2023.
Le tableau 2 présente un récapitulatif des cas humains et animaux de VNO par RSS d’acquisition probable pour l’année 2024.
| RSS d’acquisition | Nombre de cas humains | Nombre de cas animaux domestiques | Nombre de cas animaux sauvages |
|---|---|---|---|
| Bas-Saint-Laurent | 0 | 0 | 1 |
| Saguenay-Lac-Saint-Jean | 0 | 1 | 7 |
| Capitale-Nationale | 2 | 0 | 19 |
| Mauricie-Centre-du Québec | 2 | 1 | 21 |
| Estrie | 4 | 0 | 15 |
| Montréal | 12 | 0 | 30 |
| Outaouais | 0 | 0 | 18 |
| Abitibi-Témiscamingue | 0 | 1 | 1 |
| Côte-Nord | 0 | 0 | 3 |
| Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | 0 | 0 | 2 |
| Chaudière-Appalaches | 5 | 2 | 3 |
| Laval | 9 | 1 | 1 |
| Lanaudière | 1 | 0 | 11 |
| Laurentides | 10 | 0 | 24 |
| Montérégie | 29 | 2 | 45 |
| Plusieurs RSS | 1 | --- | --- |
| Cas acquis au Québec (RSS inconnue) | 2 | --- | --- |
| Cas acquis à l'extérieur du Québec | 2 | --- | --- |
| Lieu d’acquisition inconnu | 2 | --- | --- |
| TOTAL | 81 | 8 | 201 |
Sources : Direction de la vigie et des maladies infectieuses, MSSS. Extraction du SI-GMI en date du 4 avril 2025; CQSAS; MAPAQ.
Surveillance entomologique
La surveillance entomologique des moustiques vecteurs du VNO a été réalisée de 2003 à 2021 avec toutefois une interruption de 2007 à 2012. Cette surveillance est mise sur pause depuis 2022.
Données historiques
- Le nombre de stations entomologiques déployées était variable d’une année à une autre. Néanmoins, de 2017 à 2021, la surveillance était effectuée dans les mêmes 49 stations .
- Le plus grand nombre de stations entomologiques a été déployé dans les RSS de Montérégie, de Montréal et de Laval.
- La proportion moyenne de lots de moustiques positifs au VNO par rapport à au nombre total de lots testés (ou taux de positivité) se situait autour de 1 %, tenant compte des résultats de surveillance entomologique pour la période 2003-2018 , et pour les années 2019 , 2020 et 2021 .
Virus du sérogroupe Californie (VSC)
En ce qui a trait aux VSC, le Québec surveille les cas d’infection humaine depuis plusieurs décennies par l’entremise de la surveillance des « encéphalites transmises par arthropodes ». Depuis la mise en vigueur du nouveau Règlement d’application de la Loi sur la santé publique le 17 octobre 2019, toutes les infections par les VSC sont à déclaration obligatoire par les laboratoires.
Surveillance humaine
Résultats 2024
- Cinq cas d’infection aux VSC ont été déclarés, dont trois étaient des cas confirmés.
- Tous les cas ont été acquis au Québec et provenaient de cinq RSS distinctes : Capitale-Nationale, Montréal, Chaudière-Appalaches, Laval et Laurentides.
- Parmi les cinq cas, le virus responsable de l’infection était le VJC pour quatre cas et le VSSH pour un cas.
Le tableau 3 décrit les caractéristiques de l’ensemble des cas acquis au Québec.
| Caractéristiques | Valeurs |
|---|---|
| Dates de début de la maladie | Premier cas : fin juillet 2024 Dernier cas : début novembre 2024 |
| Syndrome clinique | Syndromes neurologiques : 5 cas (100 %) |
| Sexe | La majorité des cas était des hommes |
| Âge | 20 à 75 ans (âge médian de 63 ans) |
| Morbidité - Hospitalisation | 5 cas (100 %) |
| Morbidité - Admission en soins intensifs | 2 cas (40 %) |
| Mortalité - Nombre de décès | 0 décès lié à cet épisode |
Source : Direction de la vigie et des maladies infectieuses, MSSS. Extraction du SI-GMI en date du 4 avril 2025.
Données historiques
- De 2019 à 2024, le nombre de cas humains de VSC déclarés annuellement est très variable, situé entre quatre et 16 cas par an (Figure 2). La majorité des cas de VSC était principalement associée aux VJC et au VSSH.
Figure 2 - Nombre de cas humains d’infection par le VSC acquis au Québec et taux d’incidence pour la période 2019 - 2024
Sources des données : 2019-2023, Résultats annuels de surveillance des maladies transmises par les moustiques de 2019 , 2020 , 2021 , 2022 et 2023 ; 2024, Direction de la vigie et des maladies infectieuses, MSSS. Extraction du SI-GMI en date du 4 avril 2025.
Surveillance entomologique
Une surveillance entomologique des moustiques vecteurs des VSC a été effectuée uniquement de juillet à octobre 2016 dans le cadre de la surveillance du VNO.
Données historiques
- Parmi les 91 lots de moustiques collectés et testés pour les VSC en 2016, deux étaient positifs pour le VSSH. Ils provenaient d’une même station entomologique dans la RSS d’Abitibi-Témiscamingue.
- À noter que cette surveillance entomologique n’a été réalisée qu’à partir de juillet alors que le risque d’exposition aux moustiques vecteurs des VSC est présent dès le mois de mai.
Virus de l’encéphalite équine de l’Est (VEEE)
Surveillance humaine
- De 2001 à 2023, environ une cinquantaine de demandes de test de diagnostic ont été soumises annuellement au laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et aucun cas n’a été déclaré.
- En 2024, des cas humains de VEEE ont été acquis pour la première fois au Québec. Un des cas est décédé.
Résultats 2024
- Trois cas humains de VEEE ont été déclarés au cours de l’été, tous acquis au Québec.
- Tous les cas étaient âgés de 25 ans et plus.
- Les deux RSS d’acquisition probable étaient celles de Montérégie et de Laval.
- Deux cas étaient confirmés et un était probable.
- Tous les cas ont présenté un syndrome neurologique nécessitant une hospitalisation aux soins intensifs. L’un des cas est décédé.
Surveillance animale
- La surveillance animale du VEEE concerne principalement les animaux domestiques incluant les chevaux, des oiseaux d’élevage (p. ex., émeu, canard et dinde) et autres (p. ex., lièvre, chien, vache).
- Bien qu’il n’y ait pas de programme de surveillance des oiseaux et autres animaux sauvages pour le VEEE, le CQSAS procède à des tests TAAN (techniques d'amplification des acides nucléiques) depuis 2023 sur les cas suspects présentant essentiellement des lésions histologiques sans cause apparente.
Animaux domestiques
Résultats 2024
- 14 animaux ont été testés positifs : 12 chevaux, un émeu et un louveteau en captivité.
- Ces cas concernaient quatre RSS avec en tête celle des Laurentides (n = 5, ≈ 36 %), suivie de celles de Montérégie, de Lanaudière et de l’Outaouais (n = 3 cas dans chacune de ces RSS).
- Aucun des animaux testés positifs n’était vacciné.
- Tous ces animaux sont décédés à l’exception d’un cheval dans la RSS de Lanaudière.
- En dehors de la RSS de la Montérégie, aucun cas humain infecté au VEEE n’a été acquis dans les trois autres RSS concernées.
Données historiques
- Entre 2008 et 2023, 277 animaux domestiques, essentiellement des chevaux, ont été testés pour le VEEE au Québec par le MAPAQ, dont 49 (18 %) ont été positifs pour ce virus. Durant cette période, les cas équins ont été rapportés dans sept RSS avec, en tête, celle de la Lanaudière (n = 24), suivie de celle de la Montérégie (n = 8), de Mauricie et Centre-du-Québec (n = 7), de l’Estrie (n = 7), de l’Abitibi-Témiscamingue (n = 1), de Chaudière-Appalaches (n = 1) et des Laurentides (n = 1).
- L’absence d’activité virale du VEEE entre 2005 et 2007 a été suivie d’une éclosion soudaine au cours de trois années consécutives (2008 à 2010), avec 41 cas positifs (représentant 40 % des 102 cas testés).
Cet historique des cas équins rappelle que le VEEE circulait au Québec au sein des animaux domestiques bien avant l’apparition du premier cas humain symptomatique en 2024.
Animaux sauvages
- En 2024, un grand corbeau a été testé positif dans la RSS des Laurentides.
Le tableau 4 présente un récapitulatif des cas animaux de VEEE par RSS d’acquisition probable pour l’année 2024.
| RSS d’acquisition | Nombre de cas animaux |
|---|---|
| Lanaudière | 3 |
| Laurentides | 6 |
| Laval | 0 |
| Montérégie | 3 |
| Outaouais | 3 |
| TOTAL | 15 |
Sources des données : CQSAS; MAPAQ.
Surveillance entomologique
Une surveillance entomologique des moustiques vecteurs du VEEE a été effectuée uniquement de juillet à octobre 2016.
Données historiques
- En 2016, la surveillance entomologique des moustiques vecteurs du VEEE a été réalisée dans trois stations fixes réparties dans la RSS de la Lanaudière. Il s’agit de la RSS ayant rapporté le plus d’éclosions chez les chevaux.
- En plus des moustiques collectés dans ces secteurs, les Culiseta melanura (vecteur principal du VEEE chez les oiseaux) identifiés dans d’autres stations allouées à la surveillance du VNO ont également été testés pour cet arbovirus .
- Parmi les 101 lots de moustiques collectés et testés, quatre étaient positifs pour le VEEE . Ils provenaient tous de la même station entomologique dans la RSS de Lanaudière.
Précisions méthodologiques
Cette section présente la méthodologie permettant de produire ces résultats annuels de surveillance des MTM.
Surveillance humaine
Il s’agit d’une surveillance passive des cas humains de VNO, de VSC et du VEEE, par le biais des maladies à déclaration obligatoire (MADO).
Objectifs de surveillance pour chaque arbovirus
Caractériser la maladie dont il est responsable, suivre son évolution dans le temps et dans l’espace et identifier les principaux facteurs de risque pour l’humain en :
- Documentant le nombre de cas humains selon la RSS de résidence ou d’acquisition probable de la maladie, la date d’apparition des symptômes ou de l’épisode, l’âge et le sexe;
- Décrivant la présentation clinique et l’évolution des cas;
- Estimant la mortalité et la morbidité associées.
Principaux acteurs, sources et collecte de données
- Médecins et laboratoires (hospitaliers ou privés) : déclaration, dans le cadre des MADO, de tous les cas humains d’arbovirus aux Directions de santé publique (DSPu).
- Héma-Québec : dépistage, uniquement du VNO, chez les donneurs de sang entre le 1er juin et le 30 novembre dans le cadre de ses stratégies de prévention et de contrôle des risques liés à la transfusion. Déclaration, dans le cadre des MADO, de tous les cas humains de VNO aux DSPu.
- INSPQ :
- Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) : réalisation de la plupart de tests diagnostiques autant humains qu’entomologiques. Détection chez les cas humains des IgM spécifiques des arbovirus grâce à une technique immunoenzymatique.
- Direction des Risques Biologique (DRB) : réalisation de l’analyse des données de surveillance humaine des MTM communiquées par le MSSS. Soutien scientifique aux autorités ministérielles au sujet des orientations à prendre.
- DSPublique : réalisation d’enquêtes épidémiologiques des cas confirmés et probables déclarés afin de recueillir des informations sur l’infection et le patient et les enregistrer dans le Système d’information – gestion des maladies infectieuses (SI-GMI), sous l’égide du MSSS.
- MSSS : établissement des définitions nosologiques à l’intention des professionnels de santé publique qui s’occupent de la surveillance de ces maladies. Ces définitions fournissent à ces professionnels des critères uniformes pour valider et standardiser les déclarations MADO.
Indicateurs
- Nombre de cas humains
- Pendant l’année en cours;
- Par semaine ou mois : selon la date du début des symptômes pour les cas symptomatiques et la date d’épisode pour les cas asymptomatiques;
- Par RSS d’acquisition probable ou à défaut de résidence;
- Par sexe et groupe d’âge;
- Par présentation clinique : syndrome non neurologique, syndrome neurologique ou infection asymptomatique (provenant des donneurs de sang);
- Mortalité et morbidité : nombre de cas hospitalisés et admis en soins intensifs, nombre de décès.
- Taux brut d’incidence / 100 000 p. a. (TI)
- Source de données pour la population : Estimations et projections de populations par territoire sociosanitaire (MSSS)
Limites des données
- Certaines données peuvent être manquantes, notamment le lieu d’acquisition probable de l’infection ou le lieu de résidence. Si le lieu d’acquisition est au Québec, mais ne peut pas être établi avec certitude, le lieu de résidence sera attribué.
- En dehors des cas asymptomatiques d’infection par le VNO provenant des donneurs de sang, les cas humains déclarés reflètent les cas les plus sévères.
- Les taux bruts d’incidence sont calculés selon le nombre de cas qui fluctue d’année en année. Des variations du nombre de cas peuvent entrainer des fluctuations importantes des taux dans les RSS moins peuplées.
Surveillance animale
Il s’agit d’une surveillance passive des cas animaux du VNO et du VEEE uniquement. Elle comprend :
- La surveillance des animaux domestiques, incluant les chevaux et autres animaux (p. ex., émeu, canard, oie, vache, chien);
- La surveillance des animaux sauvages englobant les oiseaux et des mammifères de tailles diverses (p. ex. petits écureuils, opossum, cerf), malades ou morts.
Surveillance des animaux domestiques
La surveillance passive du VNO et du VEEE, maladies à notification obligatoire immédiate pour les animaux domestiques, est administrée par le MAPAQ par le biais, notamment, du Réseau équin de surveillance de la santé des chevaux. Comme les chevaux sont des animaux qui ne se déplacent pas ou peu, ils constituent de bonnes sentinelles pour la présence du VNO et/ou du VEEE dans le secteur.
Objectifs de surveillance
- Identifier les RSS où l’on retrouve une transmission active du VNO et du VEEE chez les chevaux et autres animaux domestiques;
- Contribuer à l’évaluation du risque de transmission à l’humain en documentant le nombre de cas d’animaux domestiques selon la RSS et la période de l’épisode.
Principaux acteurs, sources et collecte des données
- Médecins vétérinaires : déclaration, dans le cadre des maladies à notification obligatoire immédiate pour les animaux domestiques, de tous les cas animaux d’arbovirus au MAPAQ.
- MAPAQ : collecte et enregistrement des données de tout cas suspect ou confirmé d’infection aux VNO et VEEE chez les chevaux et autres animaux domestiques qui a été signalé à un médecin vétérinaire praticien au MAPAQ. Réalisation d’analyse des échantillons reçus (p. ex. sérum, moelle épinière, cerveau) au sein du Laboratoire de santé animale notamment par technique immunoenzymatique.
- INSPQ : réalisation d’analyse des données collectées et communiquées par le MAPAQ.
Indicateurs
- Nombre de cas d’animaux domestiques
- Pendant l’année en cours
- Par semaine ou par mois
- Par RSS où le cas a été déclaré
- Par statut vaccinal
- Par issue : décès, euthanasie ou survie de l’animal
Limites des données
- L’augmentation du nombre des chevaux vaccinés contre le VNO et le VEEE peut avoir des impacts sur les tendances des données sur le nombre de cas équins d’année en année.
Surveillance des animaux sauvages
Il s’agit principalement d’une surveillance passive du VNO. Elle est basée sur la collecte d’oiseaux et de mammifères morts ou malades, dans leur milieu naturel ou en captivité, ayant été signalée, entre autres, par des citoyens, des zoos ou des cliniques/centres de conservation d’oiseaux sauvages ainsi que des agents de la faune du MELCCFP.
- Cette surveillance fournit des informations importantes sur la circulation du VNO. Elle est basée sur le programme de surveillance de l'influenza aviaire et celui analysant les causes de mortalité chez la faune sauvage.
- Depuis 2023, le CQSAS procède exceptionnellement à des tests TAAN pour le VEEE sur les cas suspects présentant essentiellement des lésions histologiques sans cause apparente.
Objectifs de surveillance
- Détecter précocement la circulation du VNO et du VEEE dans une RSS donnée.
- Contribuer à l’évaluation du risque de transmission à l’humain.
Principaux acteurs, collecte et sources des données
- MSSS : co-coordination, dans le cadre de la surveillance des MTM, de la surveillance des animaux sauvages en tant que responsable de la vigie des MADO.
- MELCCFP : co-coordination de la surveillance des animaux sauvages en contribuant au programme sur les causes de mortalités dans le cadre d’une entente de collaboration entre le MELCCFP, le MSSS, le MAPAQ et l’Université de Montréal.
- CQSAS : co-coordination de la surveillance des animaux sauvages en tant que centre d'expertise de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et responsable du programme sur les causes de mortalités. Réalisation de nécropsies à des fins d’analyse des échantillons collectés par le MELCCFP. Détection du VNO et du VEEE chez les animaux vivants et morts par la méthode TAAN en temps réel. Compilation des données et transmission aux partenaires :
- au MSSS, une fois par semaine pour le VNO
- au MELCCFP, MAPAQ et MSSS à chaque diagnostic pour le VEEE.
- à l’INSPQ : une fois par année
- INSPQ : réalisation de l’analyse des données collectées et transmises par le CQSAS.
Indicateurs
- Nombre de cas d’animaux sauvages positifs
- Pendant l’année en cours
- Par semaine ou par mois (selon la date de découverte ou signalement)
- Par espèce
- Par RSS (où l’oiseau ou autre animal sauvage infecté a été découvert)
Limites des données
- Les indicateurs de surveillance des populations d’animaux sauvages infectés sont tributaires des signalements volontaires d’animaux morts ou malades et des enjeux logistiques propres aux régions;
- Les données des animaux sauvages sont moins spécifiques géographiquement en raison, notamment, de la grande mobilité des oiseaux. Un oiseau testé positif peut avoir été infecté loin de l'endroit où il a été trouvé, compliquant l'interprétation des résultats et l’association avec les risques de santé publique locaux.
Autrices et auteur
Bouchra Bakhiyi, conseillère scientifique
Najwa Ouhoummane, conseillère scientifique spécialisée
Miarisoa Rindra Rakotoarinia, conseillère scientifique
Geneviève Germain, conseillère scientifique
Ariane Adam-Poupart, conseillère scientifique spécialisée
Alejandra Irace-Cima, médecin-conseil
Direction des risques biologiques
Christian Therrien, spécialiste clinique en biologie médicale
Laboratoire de santé publique du Québec
Collaborateur
Karl Forest-Bérard, conseiller scientifique
Secrétariat général
Réviseure
Cassi Bergeron-Caron, conseillère scientifique
Direction des risques biologiques
La réviseure a été conviée à apporter des commentaires sur la version préfinale de ce document et en conséquence, n’en a pas révisé ni endossé le contenu final.
Les autrices et auteur ainsi que la réviseure ont dûment rempli leurs déclarations d’intérêts et aucune situation à risque de conflits d’intérêts réels, apparents ou potentiels n’a été relevée.
Intégration web
Alejandro Rendon, technicien en médiatisation
Delphine Descamps, webmestre
Secrétariat général
Remerciements
Sincères remerciements à Olivia Jerczynski et Stéphanie Jodoin (MSSS), Stéphane Lair (CQSAS), Gabrielle Dimitri-Masson (MAPAQ), Kirsten Crandall et Camille Guillot (INSPQ) et le Groupe d’experts sur les maladies transmises par les moustiques de l’INSPQ.
Versions antérieures
- Résultats annuels de surveillance intégrée du VNO et des autres arbovirus : année 2023
- Résultats annuels de surveillance intégrée du VNO et des autres arbovirus : année 2022
- Résultats annuels de surveillance intégrée du VNO et des autres arbovirus : année 2021
- Bilan de surveillance du virus du Nil occidental et des autres arbovirus : saison 2020
- Bilan de surveillance du virus du Nil occidental et des autres arbovirus : saison 2019
- Bilan de surveillance du virus du Nil occidental et des autres arbovirus : saison 2018
- Rapport de surveillance du virus du Nil occidental et autres arbovirus transmis par les moustiques au Québec : saison 2017
- Rapport de surveillance du virus du Nil occidental et autres arbovirus au Québec : saison 2016
- Surveillance de l’infection par le virus du Nil occidental au Québec : saison 2015
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