Bulletin d'information toxicologique ()

Volume 34, Numéro 2

15 octobre 2012
Alexandre Larocque

Les opioïdes constituent une vaste classe pharmacologique réunissant des dérivés naturels de la plante papaver somniferum de même que des composés semi-synthétiques et synthétiques. Les intoxications aux opioïdes sont fréquentes et peuvent entraîner des conséquences graves allant jusqu’au décès. La triade classique de l’intoxication aux opioïdes est constituée de dépression respiratoire, de diminution de l’état de conscience et de myosis. La surveillance, tant chez le sujet exposé à un opioïde et initialement asymptomatique que chez celui ayant nécessité un traitement avec la naloxone, est de toute première importance et constitue la meilleure garantie de sécurité dans ces circonstances. L’objectif de cet article est de revoir la prise en charge des intoxications aux opioïdes en discutant des mécanismes de toxicité, de la présentation clinique de ces intoxications, de leur diagnostic et de leur traitement.

15 octobre 2012
Nicolas Caron, Michel Lefebvre

Le fentanyl est un opioïde synthétique très puissant dont l’utilisation dans un contexte thérapeutique ne requiert que de très faibles doses. On le détecte alors à des concentrations de quelques ng/ml (ou quelques nmol/L). À de telles concentrations, les méthodes de dépistage d’inconnus par GC-MS ne démontrent pas une sensibilité suffisante pour exclure totalement la présence de fentanyl dans un échantillon biologique. Il est donc nécessaire d’utiliser des méthodes directes pour le quantifier, mais également pour le dépister. Même si le fentanyl partage presque toutes les propriétés de la morphine, ses différences structurelles le rendent invisible aux méthodes immunologiques de dépistage visant la morphine. Depuis 2004, le Laboratoire de toxicologie de l’INSPQ offre la quantification (dosage) du fentanyl et de son métabolite (norfentanyl) dans le sang et le plasma.

15 octobre 2012
Gilles Sainton, Pierre-André Dubé

La Loi sur la recherche des causes et des circonstances des décès prévoit que le coroner intervient dans tous les cas de décès violents ou obscurs qui surviennent au Québec afin de : déterminer les causes et les circonstances du décès tout en recherchant si ce décès aurait pu être évité; protéger les vies humaines en formulant, s’il y a lieu, des recommandations pour prévenir des décès semblables; informer le public sur les causes et les circonstances du décès. D'après les données du Bureau du coroner du Québec, 29 personnes (15 femmes et 14 hommes) sont décédées à la suite d’une intoxication au fentanyl entre 2001 et 2010. Le but de cet article est de discuter des contraintes qu’un coroner doit surmonter dans l’investigation d’un décès à la suite d’une intoxication par un timbre transdermique de fentanyl (TTF) et des recommandations émises par certains coroners dans les dernières années pour prévenir des décès par le TTF.

15 octobre 2012
Julie Veilleux, Pierre-André Dubé, Caroline Sirois

Le fentanyl est un opioïde puissant utilisé dans le traitement de la douleur chronique modérée à sévère. L’administration d’une dose trop élevée peut générer des effets toxiques comme une dépression respiratoire, ou encore entraîner la mort. Les timbres transdermiques possèdent un potentiel d’abus très élevé. Le but de cet article est de présenter une revue systématique de la littérature des cas de décès rapportés reliés à la prise de fentanyl en timbres transdermiques qui ont été jugés accidentels ou volontaires.

15 octobre 2012
Pierre-André Dubé

Le fentanyl est un médicament 100 fois plus puissant que la morphine, tandis que l’héroïne est environ 3 fois plus puissante que cette dernière. Le mésusage volontaire des timbres transdermiques de fentanyl (TTF) est donc un aspect assez inquiétant pour la santé publique. Le Centre antipoison du Québec rapporte 152 consultations téléphoniques pour intoxication potentielle par TTF entre 2005 et 2011. Le présent dossier sur le fentanyl est le fruit d’une collaboration spéciale de professionnels de différentes disciplines et vise à sensibiliser les professionnels de la santé et les coroners aux risques associés au mésusage des TTF, en plus de faire un rappel des méthodes analytiques disponibles et du traitement de l’intoxication aiguë.

6 juillet 2012
Delphine Merger, Cynthia Tanguay, Jean-François Bussières

Le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) est l’institut fédéral américain habilité à faire des recherches et à établir des recommandations pour la prévention des maladies et des accidents professionnels. En septembre 2004, le NIOSH a lancé une alerte pour la prévention de l’exposition professionnelle aux antinéoplasiques et autres médicaments dangereux dans les établissements de santé. Cette alerte recommandait des mesures de prévention pour la manipulation des médicaments réputés comme dangereux pour les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux et comportait une liste de 136 médicaments dangereux. La liste a été révisée une première fois en 2010, menant à l’ajout de 21 médicaments. Le NIOSH publiera prochainement une nouvelle révision menant à l’ajout de 12 médicaments supplémentaires. Chaque révision de la liste touche de nombreux professionnels de la santé impliqués dans le circuit du médicament, notamment les pharmaciens, les médecins, les infirmières ainsi que toutes les personnes pouvant manipuler ces médicaments. L’objectif de cet article est de présenter les dernières mises à jour de la liste des médicaments dangereux 2012 du NIOSH et de discuter des répercussions pratiques en pharmacie communautaire et hospitalière.

6 juillet 2012
Véronique Bédard, Pierre-André Dubé

La quétiapine est un antipsychotique atypique de seconde génération dont l’utilisation au Canada est en hausse. Cet article présente un cas d’intoxication aiguë à la quétiapine, puis revoit les particularités de cette intoxication. En cas de surdosage, la pharmacocinétique est modifiée et il y a peu de corrélation entre la dose ingérée, la concentration sérique et la symptomatologie. La présentation clinique usuelle inclut principalement la dépression du système nerveux central, la dépression respiratoire, la tachycardie et l’hypotension légère. La cardiotoxicité, les convulsions, le délirium, le syndrome neuroleptique malin et la rhabdomyolyse sont rares. Cette intoxication peut être létale. La prise en charge consiste principalement en un traitement de support adéquat. Le charbon de bois activé peut être utilisé comme méthode de décontamination gastro-intestinale et certains antidotes peuvent également être utiles.

6 juillet 2012
Pierre-Yves Tremblay, Pierre-André Dubé, Nathalie St-Onge, Albert J. Nantel, Onil Samuel

En mars 2012, Santé Canada a décidé d’imposer de nouvelles exigences d’étiquetage et d’emballage des boules à mites contenant du naphtalène, laissant aux fabricants jusqu’au 30 septembre 2013 pour s’y conformer. Cette réévaluation a pour but de réduire la dose d’application maximale, d’ajouter des directives indiquant d’entreposer le produit dans un endroit sec hors de portée des enfants et des animaux, d’ajouter des directives indiquant d’ouvrir le produit dans un espace bien aéré et de refermer soigneusement le contenant après l’application, en plus de restreindre l’utilisation des boules à mites et de paillettes antimites à l’intérieur seulement, dans des contenants hermétiques. Santé Canada mentionne également dans son avis que l’utilisation des boules à mites et des paillettes antimites à l’extérieur des habitations n’a pas été homologuée au Canada, ce qui pourrait compromettre la santé humaine et animale, et que le consommateur devrait utiliser exclusivement les pesticides homologués. L’objectif de cet article est de présenter un cas d’exposition chronique au naphtalène, puis de réviser les propriétés de cette substance.

6 juillet 2012
Pierre-André Dubé, Marie-Ève Bernier, Onil Samuel

L’acide borique est commercialisé sous forme de poudre pure à 99 %. Il est offert en vente libre et a plusieurs usages, et ce, dans différents domaines. L’objectif de cet article est de présenter trois cas de consultation effectués auprès du Centre antipoison du Québec en mars 2012 à la suite d’une ingestion potentiellement toxique aux borates ou à l’acide borique, et de faire un bref rappel de la stratégie de prise en charge de ce type d’intoxication.

6 juillet 2012
Pierre-André Dubé

En février 2012, Marraffa et collab. ont publié un article de revue pratique sur les antidotes en toxicologie d’urgence dans l’American Journal of Health-System Pharmacy. Cette revue aborde les antidotes dont l’utilisation implique probablement la plus grande participation des pharmaciens-cliniciens à l’urgence. Les professionnels de la santé sont invités à prendre connaissance de cet article de revue jugé d’intérêt par l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec.

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Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801