Bulletin d'information toxicologique (avril 2017)

Volume 33, Numéro 1

6 avril 2017

Christopher Hoyte

Une substance améliorant la performance (SAP) est un agent utilisé par un athlète en vue d’améliorer ses performances sportives. Le terme dopage réfère directement à l’utilisation de ces SAP afin d’améliorer une performance sportive, mais dans un sport de compétition. L’usage de SAP chez les athlètes a été associé à de la toxicité et à des troubles musculosquelettiques, hépatiques, dermatologiques, endocriniens, rénaux, cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques ainsi qu’à des risques accrus de cancer et de décès.

6 avril 2017

Olivier Jacques-Gagnon et Renaud Tremblay

De nombreux produits employés pour augmenter les performances et pour s’entraîner physiquement sont consommés par les sportifs sans qu’ils connaissent la totalité des risques encourus suivant la consommation de ces produits. En effet, ils peuvent engendrer des effets néfastes sur la santé des personnes qui les utilisent ou peuvent contribuer à l’apparition de ces effets. De même, la grande disponibilité des produits utilisés lors de l’entraînement physique et la grande variabilité des ingrédients qu’ils contiennent génèrent de la confusion. Quoique la littérature scientifique soit abondante sur le sujet, les gens semblent encore mal informés des effets secondaires possibles. Il est donc important de miser les interventions sur la sensibilisation des athlètes amateurs, des professionnels du sport et des professionnels de la santé aux éventuels dangers reliés à ces types de produits.

6 avril 2017

Guillaume Lacombe

Malgré la surveillance accrue qu’exercent certaines organisations de contrôle du dopage, la prise illicite de stéroïdes anabolisants reste fréquente chez les athlètes amateurs et professionnels. Au cours des dernières années, des coroners ont étudié deux cas de décès possiblement liés à l’usage de ces substances. Les victimes, âgées de 21 et de 34 ans, étaient toutes deux de sexe masculin et consommaient des produits dopants. Dans les deux cas, une analyse anatomopathologique du tissu cardiaque a mis en évidence une thrombose coronarienne aiguë. Bien qu’un lien direct de causalité soit impossible à établir entre l’utilisation de stéroïdes anabolisants et le décès de ces personnes, il est possible que ces substances aient contribué à ces événements. En effet, plusieurs études ont démontré un accroissement du risque cardiovasculaire chez les consommateurs de stéroïdes anabolisants à des fins dopantes. Ces études notent, entre autres choses, un risque accru de subir un infarctus du myocarde; de souffrir d’une cardiomyopathie; de développer des troubles de la coagulation, une dyslipidémie, de l’hypertension artérielle et des troubles de la conduction cardiaque; de souffrir d’arythmies et de subir des vasospasmes. En conséquence, les professionnels de la santé traitant des patients qui souffrent de problèmes cardiovasculaires devraient toujours s’interroger sur la prise de produits dopants et adapter leur prise en charge.

6 avril 2017

Charles-Olivier Chiasson, Philippe Nguy, Éric Villeneuve

L’apparition de nombreux produits contenant des amines stimulantes, produits commercialisés dans le but de favoriser la perte de poids ou d’augmenter les performances sportives, représente de nouveaux défis pour les pharmaciens, les toxicologues et les autres professionnels de la santé. En effet, très peu de données sur les possibles interactions pharmacocinétiques de ces produits sont disponibles. Liu et Santillo ont donc tenté de déterminer le potentiel d’inhibition in vivo de 27 amines stimulantes sur les cytochromes CYP3A4 et CYP2D6. Ces composés se sont toutefois avérés être de pauvres inhibiteurs du CYP3A4, sauf en ce qui concerne une inhibition non négligeable chez 9 des amines testées. L’inhibition la plus puissante a été obtenue avec la ß-éthylphénéthylamine. En revanche, le potentiel inhibiteur de ces amines stimulantes était plus puissant sur le CYP2D6. Il semble notamment que, parmi toutes les amines testées, la N-benzyl-2-phényléthylamine était l’amine dont le potentiel inhibiteur était le plus puissant sur ce cytochrome. Une relation structure-activité a aussi été démontrée parmi les 23 substituts de ß-phényléthylamine testés. Toutefois, les résultats obtenus ne peuvent être traduits en interactions médicamenteuses in vivo. Donc, ces risques ne peuvent pas être exclus. Bref, seuls 3 composés ont démontré un potentiel inhibiteur intéressant sur le CYP2D6. Ainsi, la vigilance reste de mise jusqu’à l’obtention de données supplémentaires concernant le potentiel d’interactions médicamenteuses avec les produits destinés aux sportifs.

6 avril 2017

Maude St-Onge, Yves G. Jalbert

Le présent article a pour but de sensibiliser les lecteurs aux éléments inconnus entourant l’utilisation des produits d’autosoins ou dopants chez les athlètes amateurs et professionnels. Tout d’abord, bien qu’il soit impossible d’énumérer tous les risques associés aux produits d’autosoins ou dopants, car ils sont trop nombreux, ici sont détaillés plusieurs exemples de toxicité aiguë, subaiguë et chronique. Ensuite, les recommandations de l’Association pour la santé publique du Québec, visant à prévenir les risques associés à la consommation des produits d’autosoins ou dopants, sont présentées. Parmi ces recommandations figurent notamment les suivantes : emploi d’un niveau de langue intelligible par les sites Internet officiels et les outils de transfert des connaissances, resserrement des exigences à l’égard des fournisseurs et transmission à la population de renseignements relatifs aux possibles risques associés à l’utilisation de produits d’autosoins ou dopants.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801