Bulletin d'information toxicologique (juin 2016)

Volume 32, Numéro 2

7 juin 2016

Pierre-André Dubé

Un rave ou une fête techno est une fête qui a lieu dans un bâtiment de grande dimension ou en plein air, au cours de laquelle les participants dansent toute la nuit sur de la musique techno. La consommation de drogues de synthèse y est largement répandue, ce qui attire également les réseaux de distribution et les groupes criminalisés(2). Avec les années, les événements se sont diversifiés de sorte qu’on ne parle plus de simple rave, mais de différents types d’événements qui attirent des clientèles diverses. On peut trouver sept types de rassemblements consacrés à la musique électronique au Québec : les raves légaux, les raves clandestins, les raves commerciaux, les soirées technos, les bars technos (clubs after-hours), les événements en plein air et les bars technos de jour(2). Notamment, les raves commerciaux attirent des milliers de personnes, généralement à l’intérieur de grands amphithéâtres à Montréal tels que le Centre Bell, le Palais des congrès de Montréal ou le Stade olympique de Montréal, et, plus récemment, à Québec au Centre Vidéotron (depuis l’été 2015).

7 juin 2016

Marie-Pier Ferland, Olivier Jacques-Gagnon

La consommation des amphétamines et de leurs dérivés est un problème de société reconnu. Le Centre antipoison du Québec a noté une augmentation de la gravité des cas rapportés. L’hyperthermie est un élément majeur pouvant assombrir le pronostic, et différents facteurs peuvent contribuer à son développement. Peu importe les causes de l’hyperthermie associée à la prise d’amphétamines, le traitement optimal demeure une prise en charge rapide où il y a contrôle de l’agitation et refroidissement externe vigoureux. 

7 juin 2016

Sophie Gosselin

Les critères suggérant la nécessité du transport ambulancier des individus intoxiqués par des substances récréatives comportent neuf items, et le transport est recommandé si le nombre de critères positifs excède un. Archer et collab. ont évalué dans leur étude ce score lors d’un festival de musique se déroulant en plein air afin de déterminer si la présence d’un médecin dans une clinique située sur le site de l’événement diminuait le nombre de transports nécessaires en centre hospitalier. Vingt-huit patients ont été évalués à cette clinique, et seize avaient un score supérieur à un. Douze de ces seize patients ont reçu leur congé directement sur le site après évaluation et traitement médical, tandis que quatre patients ont dû être transportés en centre hospitalier; les deux premiers en raison d’une intoxication importante et les deux autres en raison de la fermeture de la clinique à la fin du festival. La présence médicale sur le site de ce festival a donc permis la diminution du nombre de transferts de 75 %. Les organisateurs devraient évaluer la pertinence d’affecter une ressource semblable aux sites de leurs festivals se déroulant en plein air en vue de réduire l’utilisation des services d’urgence à la suite d’intoxications par des substances récréatives consommées lors de ce type d’événements.

7 juin 2016

Anne-Ericka Vermette-Marcotte

De nos jours, les amphétamines et la cathinone ainsi que leurs dérivés et analogues synthétiques sont largement utilisés à des fins récréatives, notamment lors de festivals de musique. Leurs effets cliniques résultent d’une stimulation sympathomimétique et se manifestent principalement par des symptômes cardiovasculaires et neuropsychiatriques. Le diagnostic d’une intoxication par les amphétamines et les cathinones se fait principalement au moyen d’un questionnaire et d’un examen clinique du patient. La décontamination gastro-intestinale avec du charbon de bois activé n’est habituellement pas recommandée, l’acidification des urines est contre-indiquée et il n’existe pas d’antidote pour ce type de xénobiotiques. L’hyperthermie, le délirium agité, les arythmies cardiaques, les convulsions, la rhabdomyolyse, l’insuffisance rénale et l’hyponatrémie sont des manifestations cliniques à prendre en charge de façon rigoureuse. Les benzodiazépines, tel le diazépam, constituent la pierre angulaire du traitement. La sédation chimique est préférable à l’utilisation de restrictions physiques, et un refroidissement externe devra parfois être entrepris pour traiter l’hyperthermie. Il peut arriver qu’une réplétion liquidienne soit nécessaire, mais il faut être prudent avant d’entamer un tel traitement afin de ne pas exacerber une hyponatrémie déjà existante. Certaines actions préventives peuvent être entreprises par le clinicien au chevet lorsqu’il est en présence d’un patient subissant une intoxication aiguë par les drogues récréatives, notamment aborder avec ce patient les notions de dépendance et de sevrage des drogues et faire analyser la drogue consommée en vue de recueillir des informations qui pourront être utilisées en santé publique.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801