Bulletin d'information toxicologique (mars 2016)

Volume 32, Numéro 1

16 mars 2016

Patricia Bernadet, M.D., Lise Capaldo, Pharm. D., Julie Kfoury, Pharm. D., Françoise Penouil, Pharm. D., Patrick Nisse, M.D., Magali Labadie, M.D., responsable médical

Les erreurs médicamenteuses dans les établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (ÉHPAD) sont nombreuses. Dans ces établissements, le personnel infirmier prépare les médicaments prescrits, et les Centres Antipoison et de Toxicovigilance (CAPTV) sont souvent appelés à la suite de la survenue d’erreurs médicamenteuses chez les résidents de ces établissements. L’objectif de l’étude présentée ici était de décrire les causes des erreurs médicamenteuses les plus fréquentes survenant dans les ÉHPAD à partir des dossiers de l’année 2014 du CAPTV de Bordeaux (Aquitaine-Poitou-Charentes). Au cours de cette année, ce CAPTV a été interrogé en ce qui concerne 14 142 personnes dont 10 % avaient 60 ans ou plus. Parmi tous ces cas, la proportion de personnes institutionnalisées et victimes d’une erreur médicamenteuse était de 0,5 %, et, sur la totalité des patients victimes d’une erreur médicamenteuse, 21 % étaient âgés de 90 ans et plus. Un seul décès a été noté, et 9 % des patients étaient symptomatiques. Parmi les causes de l’erreur médicamenteuse se trouve : une erreur de préparation du pilulier, une erreur d’administration du traitement et une erreur de transcription ou de compréhension de l’ordonnance dans, respectivement, 38 %, 45 % et 3 % des cas. Cette erreur médicamenteuse repose sur trois facteurs essentiels : la prescription, la préparation et la délivrance. Pour limiter ces erreurs, le pharmacien d’officine, contribuant à la qualité et à l’adéquation de la prise en charge médicamenteuse des résidents, devrait donc être sollicité plus fréquemment pour approvisionner en médicaments les établissements de soins et les établissements médico-sociaux dont font partie les ÉHPAD.

16 mars 2016

Audrée Elliott, B. Pharm., M. Sc., Louise Mallet, B. Pharm., Pharm. D., CGP, FESCP, Pierre-André Dubé, B. Pharm., M. Sc., C. Clin. Tox.

Les patients âgés fragiles sont souvent décrits comme des patients ayant de faibles réserves physiologiques et fonctionnelles qui se caractérisent par une vulnérabilité accrue aux facteurs de stress environnementaux. Cette vulnérabilité accroît ainsi le risque que de mauvais pronostics cliniques soient établis pour ces patients. Bien que la définition du concept de la fragilité soit toujours en élaboration, le clinicien se doit de connaître les particularités de cette population de patients afin de bien gérer sa pharmacothérapie. Malgré le peu d’études publiées sur le sujet, une revue de la littérature a permis de noter des changements pharmacocinétiques propres à cette population tels qu’une diminution de l’activité des estérases plasmatiques, une diminution de la glucuronidation hépatique de l’acétaminophène ainsi qu’une diminution de la clairance rénale de la gentamicine. L’impact clinique de ces changements pharmacocinétiques reste à être déterminé. Le jugement clinique des professionnels de la santé demeure primordial dans la prise en charge de cette population. Enfin, certains éléments clés favoriseront une prise en charge optimale tels que la collecte de données de base (poids, taille), l’obtention de certaines valeurs de laboratoire (créatinine et albumine sériques), l’estimation de la clairance de la créatinine adaptée à cette population ainsi que l’ajustement posologique subséquent.

16 mars 2016

Laure Nicolet, Pharm. D., Sophie Gosselin, M.D., CSPQ, FRCPC, FAACT, Louise Mallet, B. Pharm., Pharm. D., CGP, FESCP

Le présent article décrit une étude québécoise portant sur la déprescription volontaire des benzodiazépines chez des patients de plus de 65 ans. Cet essai clinique randomisé par grappes a été effectué avec la collaboration des pharmacies communautaires. L’intervention clinique se résumait à distribuer un dépliant informant les patients ciblés par leur pharmacien comme étant admissibles à l’étude. Les auteurs ont comparé le nombre de patients ayant cessé toute consommation de benzodiazépines 6 mois après le début de la déprescription dans deux groupes de patients : un premier groupe ayant reçu le dépliant et un deuxième groupe témoin n’en ayant pas reçu. Les résultats ont montré que le fait de recevoir le dépliant augmentait de 8 fois la probabilité chez un patient de cesser la prise de benzodiazépines 6 mois plus tard. Ces résultats amènent le nombre de patients à traiter à moins de 4. L’intervention, peu onéreuse et très efficace, permet de réduire une médication comprenant des effets indésirables chez les personnes âgées.

16 mars 2016

France Leblanc, Olivier Jacques-Gagnon, B. Sc. Inf., CSPI

Les personnes de plus de 65 ans consomment de plus en plus de médicaments principalement à cause des maladies chroniques. La prise de plusieurs médicaments en même temps devient une cause de stress pour certaines personnes; elles ont peur d’oublier de les prendre ou encore elles ont peur de se tromper en les prenant. Même si le pilulier a fait ses preuves, plusieurs usent d’ingéniosité et improvisent leur propre système de gestion de médicaments. Les erreurs médicamenteuses liées au pilulier utilisé à la maison ou en institution sont bien connues, et des efforts sont faits pour remédier à cette problématique.

16 mars 2016

Maude St-Onge, M.D., Ph. D., FRCPC, Pierre-André Dubé, B. Pharm., M. Sc., C. Clin. Tox.

Un interview avec la Dre Joanne Ho, interniste-gériatre-pharmacologue, afin de présenter la thématique de ce bulletin spécial portant sur la toxicologie chez les personnes âgées.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801