Bulletin d'information toxicologique (mars 2015)

Volume 31, Numéro 1

17 mars 2015

Martin Laliberté, M.D., M. Sc., F.R.C.P.C., FACMT

Depuis plusieurs années, les intoxications accidentelles représentent une cause majeure de morbidité et de mortalité au Canada. Selon une étude réalisée en 2004, les coûts directs et indirects liés aux intoxications accidentelles sont évalués à 771 millions de dollars annuellement. Au Canada en 2005, les intoxications constituaient la troisième cause de décès accidentels après les accidents de la circulation et les chutes. Il est difficile d’évaluer de façon précise l’importance du problème, car les données sur les intoxications accidentelles ne font pas actuellement l’objet d’une analyse systématique, et aucune législation n’oblige la déclaration des intoxications accidentelles sur l’ensemble du territoire canadien.

17 mars 2015

Olivier Jacques-Gagnon, B. Sc. inf., CSPI, Violaine Ayotte, candidate au Baccalauréat en soins infirmiers, Pierre-André Dubé, B. Pharm., M. Sc., C. Clin. Tox.

La guanfacine a récemment été ajoutée à l’arsenal thérapeutique du trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité chez les enfants de 6 à 12 ans. Cette nouvelle indication a été associée à 38 appels au Centre antipoison du Québec (36 erreurs thérapeutiques et 2 gestes volontaires). Les effets cliniques notés incluaient des étourdissements, de la faiblesse, de l’hypotension et de la bradycardie sinusale. La symptomatologie cardiovasculaire était souvent retardée, possiblement en raison de la pharmacocinétique de la guanfacine. Le traitement par remplissage liquidien s’est avéré efficace dans tous les cas. Il faut être particulièrement vigilant en ce qui concerne les symptômes retardés et la durée possible d’une intoxication par la guanfacine XR.

17 mars 2015

Denis Yahiaoui, Sophie Gosselin, M.D., C.S.P.Q, F.R.C.P.C., F.A.A.C.T

Le traitement de la dépendance à l’alcool à l’aide des benzodiazépines est connu depuis plusieurs années. Cependant, l’utilisation chronique des benzodiazépines induit des effets indésirables tels que le développement d’une dépendance subséquente à cette classe de médicaments ainsi que le développement de déficits cognitifs. Mason et collab. ont publié une étude randomisée de 12 semaines à double insu dont le but était de mesurer l’impact de l’usage de la gabapentine comme traitement sur les taux d’abstinence, de réduction d’abus d’alcool ainsi que sur les symptômes d’insomnie, de dysphorie et de ceux liés à l’envie de consommer. Lors de cette étude, les auteurs ont employé un placebo et deux dosages de gabapentine sur cent cinquante patients adultes ayant développé une dépendance à l’alcool. Les résultats positifs rapportés dans cette étude concernant plusieurs symptômes associés au sevrage alcoolique permettent de considérer la gabapentine comme une option thérapeutique en remplacement des benzodiazépines dans les cas de sevrage léger.

17 mars 2015

Maude St-Onge, M.D., M. Sc., F.R.C.P.C., Ph. D (candidate), Pierre-André Dubé, B. Pharm., M. Sc., C. Clin. Tox.

Une analyse descriptive des cas de morsures infligées par des araignées, répertoriés par le Centre antipoison du Québec, a été effectuée pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2014. Parmi les 140 cas de morsures infligées par des araignées, quatre cas de morsures infligées par la veuve noire et deux cas de morsures infligées par la recluse brune ont été rapportés. Aucun de ces 6 patients n’a présenté de toxicité sévère ou n’a requis l’administration d’antivenin. Les traitements de soutien (tels le nettoyage de la plaie, l’application de glace, la prise d’anti-inflammatoires, l’administration du vaccin contre le tétanos au besoin et l’administration d’antibiotiques dans les cas de suspicion d’infections ou de plaies déchiquetées) ne doivent pas être négligés. L’administration de l’antivenin devrait être réservée aux cas de morsures infligées par des veuves noires, présentant une symptomatologie systémique grave persistante malgré l’administration d’opioïdes et de benzodiazépines. Bien que les cas de morsures par ces types d’arachnides soient rares, l’impact de ces morsures sur la santé peut être important. L’antivenin doit être accessible dans les 48 heures pour les cas présentant une toxicité sévère à la suite d’une morsure infligée par une veuve noire.

17 mars 2015

Patrick Nisse, M.D.

La gamma-butyrolactone (GBL) est un solvant industriel. Après ingestion, elle est rapidement métabolisée en gamma-hydroxybutyrate (GHB), une substance classée comme étant stupéfiante dont l’usage festif est illicite, rendant ainsi l’accessibilité du GHB difficile pour le public. Du fait de la constatation d’une augmentation de la consommation de GBL à des fins toxicomaniaques, la France a promulgué en 2011 un arrêté interdisant la vente au public de produits contenant cette substance en grande quantité ou bien fortement concentrée.Un bilan des appels reçus dans l’un des neuf centres antipoison français durant les trois années qui ont suivi l’application de cet arrêté montre le peu d’efficacité d’une telle mesure de restriction et ne met en évidence aucune diminution des appels concernant l’ingestion volontaire de GBL, surtout par une population masculine jeune.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801