Bulletin d'information toxicologique (avril 2013)

9 avril 2013

Pierre-André Dubé, M. Sc., René Blais, M.D., F.R.C.P.C., ABMT

Le sirop d’ipéca ne fait plus partie des interventions du Centre antipoison du Québec à titre de décontaminant gastrique pour les empoisonnements par voie orale depuis environ 15 ans. Malgré tout, en 2012, le sirop d’ipéca est toujours disponible dans les pharmacies communautaires et les établissements de santé dans une proportion importante. Étant donné que ce sirop ne possède plus d’indication médicale et que son mésusage par certaines personnes est considéré comme une problématique de santé publique, les auteurs émettent certaines recommandations en lien avec le sirop d’ipéca.

9 avril 2013

Benoit Bailey, M.D., M. Sc., F.R.C.P.C. 

L’émulsion lipidique est de plus en plus utilisée pour le traitement de certaines intoxications. Bien que l’évidence soutenant son utilisation se limite à des études animales et des séries ou rapports de cas qui ont été analysés dans des revues systématiques, on peut établir certaines indications. En effet, à part le traitement de l’instabilité hémodynamique aux anesthésiques locaux, les cliniciens ne devraient utiliser l’émulsion lipidique que pour le traitement d’arrêt cardiaque ou toutes autres manifestations hémodynamiques réfractaires aux traitements usuels. Lorsque des études auront répondu aux questions qui demeurent en suspens, entre autres sur l’interaction qui existe entre l’adrénaline et l’émulsion lipidique ou les risques d’effets indésirables, il sera possible que l’émulsion lipidique soit utilisée plus précocement ou que de meilleurs traitements soient disponibles (par exemple, liposomes). L’évidence concernant l’émulsion lipidique provient, la plupart du temps, de l’utilisation de l’IntraLipidmd. Or, au Québec, le ClinOleicmd remplacera progressivement l’IntraLipidmd dans l’hyperalimentation parentérale limitant ainsi l’accès à ce dernier comme traitement antidotique. Bien que les deux formulations puissent être théoriquement équivalentes au niveau de leur action de siphon lipidique, des études animales laissent planer un doute à ce propos. Ainsi, en contexte d’intoxication, il serait préférable de favoriser l’utilisation de l’IntraLipidmd lorsque cette préparation est disponible.

9 avril 2013

Pierre-André Dubé, M. Sc., Mathieu Valcke, Ph. D., Maxime Thibault, M. Sc., Valérie Marchand, M.D., F.R.C.P.C.

Les émulsions lipidiques à base d’huile de poisson sont de plus en plus utilisées pour le traitement de la cholestase associée à l’alimentation parentérale chez les nourrissons et les enfants recevant de l’alimentation parentérale à long terme. Pour cette indication, une dose de 1 g/kg/jour en perfusion intraveineuse continue est généralement utilisée. Celle-ci est de 5 à 10 fois plus élevée que la dose de 0,1 à 0,2 g/kg/jour approuvée en Europe. Cette étude a été menée pour déterminer le niveau de divers contaminants potentiellement toxiques retrouvés dans une émulsion lipidique à base d’huile de poisson, pour évaluer le potentiel d’exposition à ces contaminants et estimer le risque toxicologique auquel les patients recevant ce produit pourraient être exposés. Un échantillon de 100 ml de cette émulsion lipidique a été analysé au Laboratoire de toxicologie de l’Institut national de santé publique du Québec afin d’en déterminer la teneur en métaux et en composés organochlorés et organobromés. Les résultats n’ont pas suscité de préoccupations toxicologiques significatives quant à la présence de certains contaminants pour les patients recevant une dose de 1 g/kg/jour en traitement de la cholestase associée à l’alimentation parentérale.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801