Bulletin d'information toxicologique (avril 2012)

Volume 28, Numéro 2

20 avril 2012

Véronique Bédard, M. Sc.

Depuis une dizaine d’années, des cas de toxicité au système nerveux central secondaires à l’administration de bleu de méthylène par voie intraveineuse ont été rapportés. Il est ressorti que cette toxicité survenait uniquement chez des patients consommant des inhibiteurs du recaptage de la sérotonine. Les cas rapportés ont été revus. La symptomatologie présente chez ces patients concorde majoritairement avec celle du syndrome sérotoninergique. Il a également été établi que le bleu de méthylène est un puissant inhibiteur de la monoamine oxydase A, ce qui expliquerait l’interaction avec les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine provoquant ainsi le syndrome sérotoninergique. Ce toxidrome est une situation clinique grave nécessitant une prise en charge rapide et complexe. Des précautions doivent donc être prises pour éviter une telle interaction.

20 avril 2012

Martin Laliberté, M.D., M. Sc., FRCPC

L’intoxication involontaire par les plantes est un problème pour lequel les centres antipoison sont fréquemment consultés. En effet, en 2010, le Centre antipoison du Québec (CAPQ) a reçu plus de 1256 appels à la suite de l’exposition à des plantes. Dans la grande majorité des cas, ces expositions surviennent chez les jeunes enfants et le risque de toxicité significative et de mortalité est faible. Les décès reliés à une intoxication volontaire par les plantes sont rares dans les pays occidentaux mais nombreux ailleurs dans le monde. Le laurier jaune, Thevetia peruviana, est une plante ornementale que l’on retrouve surtout dans les pays tropicaux. Au Sri Lanka, les intoxications volontaires avec les graines de laurier jaune sont fréquentes et sont responsables de plusieurs décès chaque année. Nous décrivons ci-dessous un cas exceptionnel d’une intoxication fatale aux graines de laurier jaune pour lequel le CAPQ a été consulté.

20 avril 2012

Delphine Merger, candidate au D. Pharm., Cynthia Tanguay, B. Sc., M. Sc., Jean-François Bussières, B. Pharm., M. Sc., MBA, FCSHP

Le test de provocation à la méthacholine, un dérivé de l’acétylcholine, est utilisé pour diagnostiquer l’hyperréactivité bronchique (HRB), notamment lorsque les examens cliniques pulmonaires et spirométriques ne révèlent aucune anomalie. L’hyperréactivité bronchique est caractérisée par une augmentation de la sensibilité des voies aériennes à différents stimuli (p. ex., intubation endotrachéale, gaz irritants, allergènes, etc.). Cette hypersensibilité provoque plusieurs anomalies pulmonaires telles que le bronchospasme, l’inflammation, l’hypersécrétion de mucus. L’hyperréactivité bronchique est principalement retrouvée dans l’asthme, mais aussi dans d’autres pathologies pulmonaires (p. ex., rhinites, bronchites chroniques, pathologies interstitielles pulmonaires, fibrose kystique, etc.), ou encore chez des patients qui ont subi une transplantation pulmonaire.

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801