Lutte contre le tabagisme

Un consensus international existe sur la nécessité de mettre en place des mesures pour lutter contre le fléau du tabagisme, qui incluent des mesures de nature économique, éducative, médiatique et législative. Le gouvernement du Québec intervient dans la lutte contre le tabagisme depuis 1995. Sa plus récente stratégie 2020-2025 propose un ensemble de mesures complémentaires visant à mobiliser les acteurs impliqués autour d’objectifs communs.

Depuis sa création, l’INSPQ identifie les mesures efficaces et prometteuses, ainsi que les meilleures pratiques pour réduire le fardeau du tabagisme. Par ses mémoires et ses interventions en commissions parlementaires, il éclaire également les décideurs gouvernementaux quant à l’impact potentiel des politiques publiques sur l’état de santé de la population québécoise en s’appuyant sur les données probantes disponibles. 

Axes d’intervention

Les interventions de lutte contre le tabagisme visent quatre grands axes :

  1. la prévention de l’usage des produits du tabac et de vapotage chez les jeunes; 
  2. l’abandon du tabagisme chez les personnes qui fument;
  3. la protection contre l’exposition à la fumée secondaire et tertiaire des produits du tabac chez les personnes non fumeuses; 
  4. la dénormalisation du tabagisme.

Prévention de l’usage des produits du tabac et de vapotage

Des stratégies de prévention de l’initiation au tabagisme et au vapotage sont implantées dans différents milieux, comme les établissements d’enseignement, les maisons de jeunes, et les communautés. Leur but est d’éviter que les adolescents et les jeunes adultes commencent à fumer ou à vapoter.

Plusieurs interventions visant à prévenir l’initiation au tabagisme et au vapotage sont de nature réglementaire et législative.

Abandon du tabagisme

La majorité des personnes qui fument souhaitent cesser, mais la nicotine crée une dépendance physique et psychologique très forte. Plusieurs tentatives sont souvent nécessaires avant de réussir à se défaire complètement de cette dépendance. Au Québec, le soutien au renoncement au tabac se manifeste par du counseling bref offert par les professionnels de la santé, du counseling plus intensif offert par téléphone ou en personne par des spécialistes de la cessation tabagique, et par le remboursement d’aides pharmacologiques. Le renoncement aux produits de vapotage partage plusieurs points en commun avec le renoncement au tabac, mais nécessite certaines adaptations.

Protection contre l’exposition à la fumée de tabac

Le tabagisme met aussi à risque les personnes non fumeuses, car l’exposition à la fumée de tabac entraîne des maladies et des décès. On estime qu’au Canada, l’exposition à la fumée de tabac seulement cause le décès d’environ 1 000 personnes chaque année. Depuis 2015, au Québec, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics intérieurs et les lieux de travail, de même que dans certains lieux extérieurs. Ces interdictions s’appliquent aussi au vapotage. 

Dénormalisation du tabagisme

La dénormalisation consiste à agir sur les environnements afin que la consommation de produits du tabac ou de vapotage ne soit plus la norme. Les interventions de dénormalisation visent notamment à réduire les incitatifs à la consommation, de même que l’attrait des produits de tabac et de vapotage, par la réglementation encadrant ces produits. La réduction de l’accessibilité aux produits fait également partie des interventions considérées par la santé publique, tant sur le plan géographique (par ex. la réduction du nombre et la réglementation de l’emplacement des points de vente), économique (par ex. la taxation), que légal (par ex. l’âge minimal légal). Les interventions de dénormalisation contribuent à la fois à la prévention de l’initiation chez les jeunes, au soutien au renoncement chez les personnes qui fument, et à la protection des non fumeurs et non fumeuses de l’exposition à la fumée de tabac.

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