Substances psychoactives

Actions novatrices en matière de substances psychoactives illicites

L’INSPQ a effectué une synthèse de la littérature concernant certaines interventions en matière de drogues. Ces interventions ont été choisies entre autres parce qu’elles n’existent pas ou encore à titre de projet pilote ou à faible échelle au Québec, mais aussi parce qu’elles ont été mises en œuvre ailleurs au pays, aux États-Unis d’Amérique, dans les pays de l’Union européenne ou encore en Australie. L’objectif sous-jacent à ce mandat était d’explorer des façons d’amplifier les effets positifs et de mitiger les effets négatifs du système de contrôle actuel en matière de substances psychoactives « illicites ».

L’analyse proposée ne vise pas à mettre un point final aux réponses à apporter aux enjeux entourant la consommation des substances psychoactives illicites, mais à nourrir les délibérations qui doivent avoir lieu à leur propos. En outre, elle ouvre la voie à de nouveaux travaux qui pourraient être menés, notamment autour de la régulation du cannabis, afin de préparer les autorités québécoises à prendre des décisions éclairées dans un contexte où des changements significatifs se profilent à l’horizon.

Considérant les forces et limites méthodologiques des évaluations, un bilan de chacune d’entre elles est ici offert. Le bilan est constitué d’un ensemble d’affirmations qu’il paraît raisonnable d’émettre en fonction de la synthèse de la littérature qui a été effectuée. Les affirmations sont qualifiées par les termes « vraisemblablement » et « possiblement ». « Vraisemblablement » signifie qu’une proposition peut être jugée plus véridique que des propositions concurrentes, en fonction de la « prépondérance de la preuve » offerte par les évaluations. « Possiblement » signifie que la « prépondérance de la preuve » permet de le penser, mais que plus d’évaluations sont nécessaires avant de considérer cette affirmation comme plus véridique que d’autres concurrentes.

Choisir la piste d’action:

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de PEPPSN a vraisemblablement eu tendance à :

  • permettre à une part considérable des participants aux programmes d’utiliser de la naloxone lors d’événements de surdose;
  • réduire ou avoir un effet neutre sur la fréquence d’appel des services d’urgences par les personnes qui sont intervenues;
  • permettre aux participants d’acquérir et de maintenir des compétences adéquates en matière de prise en charge des surdoses avec la naloxone et réduire la fréquence des interventions délétères;
  • réduire ou avoir un effet neutre sur la consommation de drogues et les pratiques à risque de surdoses;
  • réduire la mortalité par surdoses aux opioïdes;
  • s’avérer coût-efficaces.

Par ailleurs, la mise en oeuvre de PEPPSN a possiblement eu tendance à :

  • réduire la morbidité liée aux surdoses.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de SCS a vraisemblablement eu tendance à :

  • permettre de joindre un segment particulièrement vulnérable des personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI);
  • réduire certaines pratiques à risque pour les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS);
  • réduire la mortalité par surdoses dans les populations de personnes UDI;
  • accroître l’accès à divers services sociaux et de santé (services de désintoxication et de réadaptation, soins primaires, etc.) des usagers;
  • améliorer ou avoir un effet neutre sur certaines dimensions de l’ordre public (seringues à la traîne, consommation dans les espaces publics);
  • réduire les appels aux services pré-hospitaliers dans l’environnement de proximité;
  • s’avérer coût-efficace.

Par ailleurs, la mise en oeuvre de SCS a possiblement eu tendance à :

  • réduire l’incidence des ITSS.

Par ailleurs, la mise en oeuvre de SCS a possiblement eu tendance à :

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de PESP a vraisemblablement eu tendance à:

  • avoir un effet neutre sur, ou à réduire, le volume de consommation de drogues;
  • avoir un effet neutre sur l’utilisation de l’injection comme mode de consommation;
  • réduire le partage de seringues.

Par ailleurs, les évaluations montrent que la mise en œuvre de PESP a possiblement eu tendance à :

  • réduire l’incidence des ITSS chez les personnes UDI incarcérées;
  • accroître le recours des personnes utilisatrices de drogues (UD) aux soins de santé offerts en milieu carcéral;
  • avoir un effet neutre sur, ou à améliorer la sécurité, les conditions de sécurité et la sécurité perçue dans les établissements correctionnels.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de PLBSA a vraisemblablement eu tendance à :

  • stabiliser la situation résidentielle de personnes UD difficiles à héberger et à soigner, et ce davantage que les offres à haut seuil d’accessibilité régulières;
  • provoquer des effets divergents (hausse, stabilité, réduction) sur l’utilisation de services sociaux et soins de santé spécifiques, à l’intérieur d’un portrait global semblant stable ou en légère baisse sur le plan de l’intensité de la prise en charge;
  • avoir un effet neutre sur les symptômes psychiatriques et avoir un effet neutre sur, ou à réduire, la consommation de substances psychoactives des participants;
  • améliorer la perception des personnes UD de leur propre santé mentale et de leur situation sociale;
  • réduire les sanctions policières et pénales dont les personnes UD sont l’objet.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de PDMIC a vraisemblablement eu tendance à :

  • permettre de joindre un nouveau segment de personnes UD vulnérables ou d’offrir du matériel stérile concernant un mode de consommation adopté par des personnes UDI fréquentant déjà un programme d’échange de seringues (PES).

Par ailleurs, les évaluations montrent que la mise en œuvre de PDMIC a possiblement eu tendance à :

  • provoquer des effets divergents (neutres, positifs et négatifs) sur diverses pratiques à risque particulières, à l’intérieur d’un portrait global qui semble stable;
  • avoir un effet neutre sur les patrons de consommation de drogues, hormis peut-être une réduction de la polyconsommation et de la consommation d’héroïne;
  • avoir un effet neutre sur l’état de santé global des participants;
  • avoir un effet neutre sur la fréquence et la localisation de la consommation en public par inhalation ou par injection.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de PPASMF a vraisemblablement eu tendance à :

  • permettre de joindre un segment de la population UD qui ne fréquente pas les services de réduction des méfaits réguliers;
  • fournir une information de qualité limitée sur la nature des substances analysées lorsque des technologies dites de reconnaissance présomptive furent employées in situ.

Par ailleurs, les évaluations montrent que la mise en œuvre de PPASMF a possiblement eu tendance à :

  • permettre de joindre des personnes UD ayant des pratiques de consommation particulièrement à risque;
  • permettre l’acquisition par les personnes UD de connaissances au sujet des pratiques de consommation sécuritaire;
  • avoir un effet neutre, ou à réduire, la consommation ou les pratiques à risque;
  • provoquer un transfert de la consommation vers d’autres substances;
  • retarder l’initiation de la consommation.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre des CDT au Portugal a vraisemblablement :

  • permis la sanction administrative et la prise en charge sociale et sanitaire des personnes UD auparavant sanctionnées pénalement, et ce sans extension du nombre total de personnes UD sanctionnées;
  • contribué à une augmentation de l’utilisation des services de réadaptation;
  • contribué à une augmentation du nombre de personnes arrêtées pour traffic et des volumes de drogues saisies;
  • contribué à une augmentation du nombre d’homicides liés au marché illicite des drogues.

Par ailleurs, les évaluations montrent aussi que la mise en œuvre des CDT au Portugal a possiblement :

  • peu ou pas affecté les patrons populationnels de consommation;
  • contribué à la réduction du nombre de personnes UDI;
  • contribué à la réduction du nombre de personnes UD et UDI incarcérées, et du volume de consommation de drogues en milieu carcéral;
  • contribué à la réduction du nombre de personnes UD aux prises avec des problèmes de dépendance;
  • contribué à la réduction de l’incidence des ITSS.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de RCC a vraisemblablement eu tendance à :

  • ne pas avoir de répercussions sur les patrons de consommation du cannabis;
  • limiter les conséquences pour les personnes sanctionnées par voie de contravention, par rapport à celles sanctionnées par la voie criminelle;
  • accroître la confusion au sujet du statut légal du cannabis;
  • avoir été appliqué de manière inégale d’une région à l’autre;
  • accroître la surreprésentation des personnes autochtones dans les « affaires de drogues » concernant le cannabis;
  • réduire le nombre de personnes UD traitées par la voie criminelle;
  • augmenter le nombre total de personnes sanctionnées pour possession par voie criminelle et de contravention.

Les évaluations montrent que la mise en œuvre de TTT a vraisemblablement eu tendance à :

  • réduire la récidive parmi les participants, que l’on considère les nouvelles arrestations ou les nouvelles condamnations;

Par ailleurs, les évaluations montrent que la mise en œuvre de TTT a possiblement tendance à :

  • réduire, ou avoir un effet neutre sur la consommation de drogues et la toxicomanie des participants;
  • améliorer différentes dimensions de la vie sociale des participants.

Documentation associée:

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