Veille analytique sur les produits de vapotage de cannabis, volume 2, numéro 1, mars 2026
Dans ce numéro :
Cette veille est destinée à la Direction des populations à risque et en contexte de vulnérabilité du MSSS et aux équipes du réseau de santé publique québécois. Les publications recensées sont choisies pour leur pertinence au regard de la réduction des risques et de la prévention des méfaits liés au vapotage des produits du cannabis.
Effets sur la santé
Effets du vapotage sur les voies respiratoires chez des vapoteurs asymptomatiques
Mise en contexte
Malgré plusieurs milliers de cas de maladie pulmonaire associée au vapotage, la majorité des personnes qui utilisent ces dispositifs ne rapporteraient aucun symptôme. Les effets à long terme du vapotage ne sont pas encore adéquatement étudiés, mais certaines méthodes pourraient apporter des renseignements pertinents à cet effet.
Objectif
L’objectif de l’étude est d’évaluer si des effets précoces sur les voies respiratoires, prédicteurs d’effets à plus long terme, peuvent être détectés chez des vapoteurs asymptomatiques à l’aide de méthodes non invasives.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
Des tests sensibles pour la détection précoce de maladies pulmonaires ont été performés chez des non-vapoteurs (34) et des vapoteurs de THC (9), de nicotine (6) ou des deux (6). Les groupes étaient similaires au regard de l’âge, de la grandeur, ainsi que du pourcentage de femmes, et présentaient une spirométrie normale. Les vapoteurs avaient un historique d’usage de 2,9 ± 1,5 ans.
L’index de clairance pulmonaire, une mesure pour la détection de maladie pulmonaire précoce, était plus élevé chez les vapoteurs que chez les témoins. Ces résultats suggèrent des effets néfastes du vapotage sur la fonction et la structure pulmonaire, alors que les tests de spirométrie sont normaux.
Commentaires de l’INSPQ
Bien qu’il ne s’agisse que de résultats préliminaires, des résultats similaires ont été rapportés dans des cohortes différentes par d’autres chercheurs. L’étude vient donc appuyer ces résultats et renforcer les observations que l’utilisation prolongée des produits de vapotage pourrait mener au développement de maladies pulmonaires.
Toutefois, les résultats ne permettent pas de distinguer un effet particulier du vapotage de cannabis par rapport au vapotage de nicotine ou à la combinaison des deux. Cet aspect devra être documenté davantage dans les recherches ultérieures. De façon générale, les connaissances disponibles actuellement soutiennent l’existence d’un risque accru de maladie pulmonaire associé au vapotage.
Darquenne, C., Appauh, Z., & Fine, J. m. (2025). Evidence of Small Airways Dysfunction in Asymptomatic Vapers : A Preliminary Study. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 211(Abstracts), A6896‑A6896.
Risques liés à la composition des produits, aux dispositifs et au processus d’aérosolisation
Suivi de la présence de métaux dans les produits de vapotage et dans l’aérosol produit
Mise en contexte
Bien que le vapotage puisse diminuer l’exposition à certaines substances toxiques émises lors de la combustion du cannabis, d’autres substances et contaminants, comme les métaux, peuvent se retrouver dans les produits de vapotage et l’aérosol généré lors de leur usage. La distribution des métaux dans les liquides peut toutefois être hétérogène, ce qui complique la reproductibilité des analyses.
Objectif
L’objectif de cette étude est d’examiner la variabilité et sa source dans le contenu en métaux au sein d’un même lot de production de cartouche de vapotage de cannabis, afin d’évaluer la représentativité de l’analyse d’une cartouche unique pour un lot entier. Les dispositifs sont aussi examinés afin d’identifier s’ils sont une source potentielle de métaux.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
L’analyse de cinq échantillons de six produits de vapotage légaux issus du marché canadien révèle que le contenu en métal était variable entre les échantillons, le cobalt, le nickel et le zinc contribuant significativement à la variabilité dans un même lot. La plus grande variabilité des mesures pour une même cartouche est observée pour le chrome et le nickel. Parmi les métaux détectés dans les liquides de vapotage, il est estimé que les niveaux de chrome et de nickel pourraient dépasser les limites permises respectives dans certains des échantillons analysés.
Dans les aérosols, du plomb a aussi été détecté dans 50 % des échantillons, en plus d’autres métaux déjà identifiés dans les liquides. Dans l’ensemble, les résultats démontrent que les liquides de vapotage de cannabis peuvent être contaminés par les composantes métalliques des dispositifs de vapotage. Ces éléments contribuent d’ailleurs à la variabilité dans les concentrations en métaux observée au sein d’un même lot, et soulignent un besoin pour un meilleur encadrement de la fabrication des dispositifs de vapotage.
Commentaires de l’INSPQ
Les dispositifs de vapotage ont souvent été identifiés dans le passé comme des sources potentielles de contamination par les métaux, particulièrement l’élément chauffant. Dans son appel de produits pour les cartouches, la Société québécoise du cannabis (SQDC) avait, entre autres, spécifié que le fournisseur devait attester qu’il n’utilise pas d’élément chauffant constitué d’un alliage de nickel, de chrome, ou de plomb. Cette mesure est alignée avec les recommandations de la présente étude.
Une telle mesure peut permettre de réduire les incertitudes et la variabilité dans les concentrations de métaux qui découlent d’une contamination par les éléments des dispositifs de vapotage. Il semble pertinent d’étendre cette exigence au niveau fédéral pour les produits de vapotage de cannabis.
Gajdosechova, Z., Marleau-Gillette, J., Polivchuk, M., Kosarac, I., Katuri, G. P., Das, D., Cabecinha, A., Waye, A., & Abramovici, H. (2025). Tracking metal presence in cannabis vaping products from source to inhalation. Scientific Reports, 15(1), 31939.
Évaluation des risques découlant de la présence de métaux dans les produits de cannabis inhalables
Mise en contexte
La présence de métaux dans les produits du cannabis inhalables est commune. Les limites de concentrations pour certains métaux prescrites dans la Loi sur le Cannabis visent à limiter les risques pouvant découler de l’inhalation de ces derniers.
Objectif
L’objectif de l’étude est d’évaluer le niveau de risque pour la santé représenté par les concentrations de métaux mesurées dans des produits inhalables du cannabis, et d’exposer les défis de ce type d’évaluation.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
À partir des concentrations maximales de métaux mesurées au Canada dans les produits réglementés de cannabis séché et de vapotage, et en se basant sur les données de l’enquête canadienne sur le cannabis (2023 et 2024), l’exposition estimée pour un usage quotidien ou quasi quotidien typique (1,5 g de cannabis séché ou 0,05 g de liquide de vapotage) ou pour un usage intense (7 g de cannabis séché ou 0,3 g de liquide de vapotage) a été comparée aux limites journalières permises selon la Pharmacopée européenne.
Selon les estimations, les limites journalières permises sont respectées pour tous les métaux de la Classe 1 (arsenic, plomb, cadmium et mercure), soit ceux minimalement inclus dans les analyses par les producteurs. Toutefois, l’utilisation des concentrations maximales mesurées a mené à un dépassement des limites pour d’autres métaux (cuivre, molybdène et nickel), même pour un usage quotidien typique (50e centile). Comme certains de ces métaux sont considérés comme essentiels pour le corps humain, il est plus difficile d’évaluer l’impact réel de ces dépassements sur la santé.
Les auteurs concluent que davantage d’études devraient être réalisées pour évaluer ce qui se retrouve réellement dans l’aérosol qui est inhalé par les personnes qui consomment. Ces données permettraient de mieux apprécier le risque réel qui découle de ce type d’exposition.
Commentaires de l’INSPQ
Cette étude a utilisé des valeurs visant à maximiser les estimations, ce qui surestime l’exposition dans tous les cas. Il s’agit d’une approche prudente en évaluation de risque. D’un autre côté, dans le cas des produits de vapotage, des métaux peuvent également être émis par le dispositif lui-même (Gajdosechova et al., 2025), ce qui n’a pas été pris en compte et pourrait, en partie, contrer l’effet de la surestimation.
Comme souligné par les auteurs, les limites pour l’inhalation utilisées dans l’étude ne tiennent pas compte du chauffage des produits et de l’impact que cela peut avoir sur les caractéristiques des métaux affectant leur toxicité (p. ex. : taille, spéciation, etc.). Il est documenté que la combustion du tabac, par exemple, peut transformer certains métaux présents en des formes plus toxiques (Morillas et al., 2024).
Une observation intéressante est que les dépassements des limites surviennent pour des métaux qui ne sont pas systématiquement analysés dans les produits par les laboratoires. Une meilleure caractérisation des risques pour ces autres métaux pourrait également renseigner sur la pertinence d’exiger leur inclusion systématique dans ces analyses.
Achuthan, S., Waye, A., & Abramovici, H. (2025). Risk assessment of metals measured in regulated Canadian dried cannabis and cannabis vaping products : Case study and perspectives. Frontiers in Toxicology, 7, 1755875.
H. Morillas, E. Gallego-Cartagena, S. Upasen (2024). Metals, nonmetals and metalloids in cigarette smoke as hazardous compounds for human health; Sci Total Environ., 923.
Présence des métaux lourds dans les dispositifs de vapotage du cannabis et leurs effets sur la santé : une revue exploratoire
Mise en contexte
Considéré par certains comme une alternative plus sûre du cannabis fumé, le vapotage de cannabis est devenu un mode de consommation très populaire, particulièrement chez les jeunes. Les risques sanitaires associés à ce mode de consommation restent peu connus.
Objectif
Cette étude vise à recenser de façon exhaustive, dans la littérature scientifique, les métaux lourds libérés par les produits de vapotage de cannabis et leurs conséquences sur la santé.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
Grâce aux mots clés « cannabis », « vapotage » et « métaux » une recherche a été faite dans les bases de données scientifiques pour identifier les études portant sur les métaux lourds libérés par le vapotage de cannabis et leurs effets sur la santé. Neuf études scientifiques pertinentes publiées entre 2020 et 2024 ont été identifiées et analysées. Les résultats suggèrent que plusieurs métaux potentiellement dangereux pour la santé sont présents à des concentrations élevées dans les liquides de vapotage aux États-Unis et au Canada. En effet, les analyses ont révélé que les liquides de vapotage de cannabis (réglementés et non réglementés) contenaient plusieurs métaux à des concentrations dépassant les limites établies par la pharmacopée européenne. Les métaux les plus fréquemment retrouvés étaient le plomb, le nickel, le cuivre, le chrome, le manganèse, le cadmium, le cobalt, l’arsenic, le mercure, le zinc et le sélénium, plusieurs étant transférés dans l’aérosol. Le plomb, le nickel et le zinc ont été détectés à forte concentration dans les liquides de vapotage non-réglementés, tandis que le cuivre a été détecté dans les liquides légaux. Les concentrations de plomb et de nickel étaient respectivement de 100 à 900 fois supérieures aux limites de tolérance établies.
Les analyses ont suggéré que ces métaux provenaient principalement des parties métalliques des dispositifs de vapotage. Les facteurs qui favorisent le passage des métaux des éléments structuraux du dispositif de vapotage aux liquides sont : le stockage prolongé de l’appareil, l’acidité du liquide de vapotage, la viscosité élevée du liquide, la haute température de l’appareil, et les caractéristiques de conception du dispositif.
Pour ce qui est des risques pour la santé, les métaux, comme le plomb, le cadmium, le mercure et le chrome sont cancérigènes. Le plomb entraîne également des troubles neurologiques, pulmonaires, urinaires et cardiovasculaires lorsqu’il atteint des niveaux toxiques dans l’organisme. L’arsenic, le nickel, le chrome, le cuivre, le plomb, l’étain et l’or sont associés à l’EVALI (maladie pulmonaire associée au vapotage).
Commentaires de l’INSPQ
Bien que cette revue ait permis de mettre en évidence la présence à des concentrations élevées de plusieurs métaux potentiellement dangereux pour la santé dans les liquides de vapotage en Amérique du Nord., les auteurs précisent que ces résultats ne sont pas généralisables en raison de plusieurs lacunes de recherche inhérentes aux études primaires analysées. Les résultats de cette étude rejoignent ceux de Gajdosechova et al. (2025), dont l’étude est résumée plus haut.
Bien que le risque lié à l’exposition aux métaux par le biais des produits de vapotage issus du marché réglementé canadien du cannabis est estimé être faible dans d’autres études, une meilleure caractérisation des autres métaux pourrait renseigner sur la pertinence de les inclure systématiquement parmi ceux dont les seuils de concentration réglementaire sont établis.
Gaur, S., & Agnihotri, R. (2025). Heavy Metals in Cannabis Vapes and Their Health Implications-A Scoping Review. TheScientificWorldJournal, 2025, 9529544.
Exposition passive des non-consommateurs aux particules polluantes émises lors du vapotage de cannabis
Mise en contexte
Le vapotage peut être perçu comme moins nocif pour les individus exposés passivement à l’aérosol, puisque les dispositifs de vapotage n’émettent pas de fumée secondaire. Le vapotage peut-il tout de même affecter la santé des non-consommateurs?
Objectifs
L’objectif de cette étude est de déterminer, grâce à une simulation de vapotage de cannabis, comment les émissions provenant de ce mode de consommation dégradent la qualité de l’air intérieur, et exposent passivement les non-consommateurs à des polluants.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
Des liquides de vapotage expérimentaux ont été préparés à base d’un mélange de terpènes auxquels ont été ajoutés soit un cannabinoïde (THC ou CBD), soit de l’acétate de vitamine E (AVE). Dans une pièce en acier inoxydable de 20 m3, de petites quantités des différents mélanges ont été évaporées sur une plaque chauffante à 400 °C. Grâce à un ventilateur, l’aérosol généré a été rapidement dispersé. Les aérosols ont été analysés par spectrométrie.
Le chauffage des mélanges a produit des aérosols majoritairement composés de particules ultrafines (<100 nm). Les seuils de particules ultrafines considérés élevés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont largement été dépassés dans les aérosols produits par tous les mélanges. Des composés cancérigènes ont également été retrouvés dans les aérosols.
Les aérosols produits par les mélanges chauffés contenant du THC, du CBD ou l’AVE ont augmenté la fraction de l’aérosol estimée se déposer au niveau des poumons, comparativement au mélange constitué des terpènes seuls.
Les émissions issues du mélange de terpènes avec des additifs tels que le THC, le CBD ou l’AVE suggèrent des impacts potentiels sur la santé pulmonaire et neurologique.
Commentaires de l’INSPQ
Les résultats de cette étude sont intéressants, puisqu’ils permettent d’observer comment la composition du liquide de vapotage peut influencer la taille des particules émises dans l’aérosol et, par conséquent, la fraction de l’aérosol se déposant à différents niveaux des voies respiratoires. La littérature montre clairement que les aérosols de vapotage contiennent des éléments qui pourraient être nocifs pour la santé respiratoire.
Il y a cependant certaines limites à l’interprétation de ces résultats. Tout d’abord, les aérosols ont été générés en chauffant les mélanges sur une plaque à l’air libre, ce qui pourrait produire des particules différentes que lors de l’utilisation d’un dispositif de vapotage. De plus, la température utilisée (400 °C) est plus élevée que celle prévue dans les dispositifs de vapotage (≈230 °C), ce qui affecte aussi certainement les propriétés de l’aérosol généré. De plus, dans un vrai scénario, les aérosols sont d’abord inhalés par les usagers. Si la déposition dans les voies respiratoires est aussi efficace que prédite dans cette étude, il peut être attendu que peu de particules soient expirées pour être ensuite inhalées par d’autres individus exposés passivement. Enfin, dans l’étude, les mélanges sont principalement composés de terpènes, et au maximum de 25 % de THC ou de CBD. Dans les produits retrouvés sur le marché réglementé, au Québec, les cannabinoïdes constituent généralement 90 % (bien que le THC soit limité à 30 %) et plus du liquide de vapotage, et les terpènes constituent une fraction de la composition restante. Puisque la composition a une incidence non négligeable sur les caractéristiques de l’aérosol produit, on peut en déduire que les résultats de l’étude sont peu représentatifs (mélanges composés majoritairement de terpènes) d’une situation réelle impliquant des produits de vapotage réglementés (composés principalement de cannabinoïdes). Considérant que les aérosols générés contiennent tout de même des substances possiblement nocives pour les voies respiratoires, il demeure pertinent de réaliser des études plus représentatives d’une exposition secondaire réelle.
Tang, X., Rapp, V. H., Chen, S., Russell, M. L., & Destaillats, H. (2025). Secondhand Exposure to Simulated Cannabis Vaping Aerosols. Environmental Science & Technology, 59(20), 10032‑10043.
Modalités d’encadrement et leurs effets
Les lois sur le cannabis et l’usage de la cigarette électronique ou de cigarette influencent-ils l’initiation au vapotage de cannabis chez les adolescents?
Mise en contexte
La popularité du vapotage du cannabis a augmenté avec la légalisation de l’usage du cannabis à des fins récréatives dans plusieurs États américains. Bien que perçu comme une alternative plus sécuritaire au cannabis fumé, le vapotage demeure préoccupant, d’autant plus qu’il est souvent associé à la polyconsommation (consommation de nicotine et de cannabis) chez les jeunes.
Objectif
Cette étude vise à déterminer si les changements réglementaires relatifs au cannabis au niveau des États, les interdictions de vapoter à l’intérieur, et la consommation individuelle de nicotine étaient des facteurs associés à l’initiation au vapotage de cannabis à l’adolescence.
Qu’est-ce qu’on y apprend?
Grâce aux données prospectives nationalement représentatives issues de l’étude Population Assessment of Tobacco and Health (PATH), des analyses statistiques ont été effectuées pour évaluer le lien entre l’âge d’initiation au vapotage de cannabis chez les jeunes âgés de 13 à 22 ans et : 1) les lois étatiques en matière de cannabis, 2) les interdictions de vapoter dans les espaces intérieurs, et 3) la consommation individuelle de nicotine.
Il a été observé que le risque d’initiation au vapotage de cannabis augmente rapidement jusqu’à l’âge de 19 ans, avant de diminuer tout aussi rapidement. Comparativement au fait de résider dans des États où le cannabis demeurait illégal, le fait de vivre dans un État où le cannabis était légal à des fins récréatives ou uniquement à des fins médicales était respectivement associé à une augmentation de 33 %, et de 18,8 % des chances de s’initier au vapotage de cannabis.
L’usage de cigarettes au cours des 30 derniers jours était associé à un risque 2,71 fois plus élevé de s’initier au vapotage de cannabis au cours d’une année donnée. Le fait d’avoir utilisé la cigarette électronique (avec nicotine) au cours du dernier mois était associé à un risque d’initiation au vapotage de cannabis 8,07 fois plus élevé.
L’initiation au vapotage de cannabis n’était pas associée aux interdictions de vapoter à l’intérieur.
Commentaires de l’INSPQ
Au Québec, les produits de vapotage de cannabis ont été commercialisés depuis peu. L’une des craintes des autorités de santé publique est que cette commercialisation puisse avoir une incidence sur l’initiation au vapotage de cannabis chez les jeunes, incluant ceux n’ayant pas accès au marché légal (moins de 21 ans). Les résultats de la présente étude suggèrent que le fait d’atteindre la majorité (18 à 19 ans), et le fait de vivre dans un État où le cannabis est légal à des fins récréatives ou médicales, sont des facteurs associés à un risque plus élevé d’initiation au vapotage de cannabis. Considérant que le vapotage de cannabis n’est pas sans risque pour la santé, ces résultats soulignent l’importance de renforcer les mesures de surveillance relatives au vapotage, notamment à travers la bonification des questionnaires d’enquêtes populationnelles sur le cannabis, et les mesures visant la prévention du vapotage de cannabis chez les jeunes.
Vuolo, M., Orsini, M. M., Staff, J., Maggs, J. L., & Kelly, B. C. (2025). Youth Initiation of Cannabis Vaping is Associated With State Cannabis Policy and E-Cigarette Use. The Journal of Adolescent Health: Official Publication of the Society for Adolescent Medicine, S1054-139X(25)00139-9.
Équipe de rédaction
Audrey Kamwa Ngne, conseillère scientifique, Unité Produits et substances psychoactives
Direction du développement des individus et des communautés
Axelle Marchand, conseillère scientifique, Unité Évaluation et soutien à la gestion des risques
Direction de la santé environnementale, au travail et de la toxicologie
Avec la collaboration de :
Johanne Laguë, médecin-conseil, adjointe à la programmation scientifique et à la qualité
Direction du développement des individus et des communautés
Sous la coordination de :
Olivier Bellefleur, chef d’unité scientifique, Unité Produits et substances psychoactives
Direction du développement des individus et des communautés
Révision linguistique :
Sarah Mei Lapierre, agente administrative
Direction du développement des individus et des communautés
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Cette veille est réalisée grâce à la participation financière du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS).