Fardeau de la consommation d’alcool
La consommation d’alcool coûte cher à la société. Elle engendre plusieurs coûts notamment au sein du système de santé, mais aussi dans les champs de l’économie et de la justice. En proportion, les coûts globaux de la consommation d’alcool s’avèrent plus élevés que ceux des autres substances psychoactives, comme le tabac, le cannabis et les autres drogues.
Le fardeau sanitaire de l’alcool correspond à la part des maladies, blessures, incapacités et décès prématurés attribuables à la consommation d’alcool dans une population donnée. Cela se traduit, notamment, par des hospitalisations ou des visites aux urgences.
Le fardeau économique concerne les coûts financiers dans une société associés aux impacts sanitaires de la consommation d’alcool, qu’ils soient directs ou indirects.
Fardeau sanitaire
En 2021, au Canada, l’alcool se classait au 3e rang derrière le tabagisme et les risques associés à l’alimentation pour ce qui est des facteurs de risque comportementaux provoquant le plus de morbidité et de mortalité.
Pertes de vie liées à l’alcool
Au Canada, l’alcool est responsable, chaque année, de plus de 400 000 années de vie perdues, ajustées pour l’invalidité, selon le Global Burden of Disease. Cela correspond à 3,68 % de toutes les années de vie perdues, ajustées pour l’invalidité, toutes causes confondues. Au Québec, ce nombre s’élève à plus de 90 000 années de vie perdues, ajustées pour l’invalidité.
Fardeau économique
Au Québec, des estimations conservatrices datant de 2020 indiquent que le fardeau économique partiel de l’alcool s’élève à 3,2 milliards de dollars. La proportion des coûts associés au système de santé accapare 28 % de ce fardeau.
En plus des coûts attribuables aux soins de santé, l’alcool entraine aussi différents coûts relatifs à la perte de productivité comme les décès prématurés, l’absentéisme et les pertes d’efficacité au travail. Ces coûts représentent 39 % du fardeau économique.
Par ailleurs, le quart du fardeau économique est imputable au système de justice. Cela inclut par exemple les interventions policières, les procédures judiciaires et les services correctionnels attribuables aux infractions liées à l’alcool, comme la conduite avec facultés affaiblies.
Les autres coûts comme la recherche et la prévention, les dommages causés aux véhicules, les prestations gouvernementales pour les invalidités attribuables à l’alcool accaparent les 8 % restants.
Des coûts économiques encore plus élevés
Contrairement aux données disponibles dans la plupart des autres provinces canadiennes, les données québécoises permettant d’évaluer les coûts liés aux soins de santé incluent uniquement la rémunération des médecins, les médicaments sous ordonnance et les épisodes de traitement spécialisés pour les troubles liés à l’usage d’alcool. Ils excluent toutefois ceux des hospitalisations, des chirurgies d’un jour, des visites aux urgences et de services ambulanciers. Cependant, si on procède à des estimations à partir des coûts moyens des autres provinces canadiennes pour ces services, les chercheurs sont parvenus à évaluer que cela entrainerait des coûts supplémentaires de 914 millions de dollars associés aux soins de santé.
Cela ferait grimper à 4,1 milliards de dollars le fardeau économique total de l’alcool pour le Québec.
Par ailleurs, lorsque l’on compare le fardeau économique associé à l’usage de toutes les substances psychoactives au Québec, on constate qu’en 2020, la consommation d’alcool était responsable de plus du tiers (39 %) de ces coûts, suivis par ceux attribuables au tabagisme (29 %).
Plusieurs raisons expliquent que le fardeau de l’alcool soit aussi élevé. Le fait qu’une importante partie de la population fasse usage de cette substance en est une. La consommation d’alcool est aussi un facteur de risque reconnu pour plusieurs problèmes de santé. Comme une importante partie de la population en consomme, cela fait en sorte que le nombre total de personnes pouvant développer une maladie liée à leur consommation est aussi élevé, ce qui entraine un fardeau sanitaire et économique élevé.