Effets sur la santé de l’alcool

La consommation d’alcool peut mener à l’apparition de plusieurs problèmes de santé à long terme, comme des maladies chroniques (p. ex. : cirrhose du foie). L’alcool entraine aussi des effets sur le cerveau (p. ex. : diminution de la vigilance, de l’attention, du contrôle de soi), qui surviennent très rapidement après l’usage. Cela peut causer, notamment, des blessures, des chutes, des actes de violence ou des accidents de la route.

Au cours de la dernière décennie, plusieurs études ont aussi démontré les effets cancérigènes de l’alcool. Ces résultats ont amené l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs instances de santé publique à souligner qu’il n’existe pas de seuil de consommation sans risque pour la santé. Des études récentes ont aussi remis en question les effets favorables d’une faible consommation d’alcool sur la santé cardiovasculaire (1-3).  

Pour la plupart des maladies, plus les quantités d’alcool consommées sont importantes, plus les risques pour la santé sont élevés. De plus, on sait aussi qu’aucun type d’alcool n’est sans risques pour la santé.

Consommation excessive épisodique

La consommation excessive épisodique (ou épisode de consommation excessive) se définit par 5 verres standards d’alcool ou plus pour les hommes et 4 verres ou plus pour les femmes, au cours d’un même épisode de consommation, soit dans l’espace de 2 heures (4).

Effets de l’alcool dans le corps

Plusieurs facteurs influencent l’action de l’alcool ingéré :

  • les quantités consommées par occasion et la vitesse de consommation influencent les effets sur le cerveau à court terme. Par exemple, la consommation de cinq verres d’alcool au cours d’une même occasion entrainera davantage d’effets et de risques pour la santé que l’usage d’un seul verre dans cinq occasions distinctes;
  • la fréquence de l’usage et la fréquence de consommation excessive épisodique d’alcool peuvent influencer les risques à long terme (p. ex. : cirrhose, cancer);
  • les caractéristiques de la personne qui consomme (p. ex. : âge, sexe, taille, poids, état de santé) jouent également dans la balance des risques;
  • l’usage simultané d’autres substances psychoactives ou de médicaments peut aussi venir modifier les effets de l’alcool;
  • le contexte de l’usage comme consommer de l’alcool à l’extérieur de chez soi et devoir reprendre le volant pour retourner à son domicile peut aussi venir moduler les conséquences associées à la consommation d’alcool.

Populations à risque

Certains groupes de la population sont plus à risque de subir les effets de l’alcool, notamment à cause de l’âge et du sexe.

Dans le cas des adolescentes et adolescents, leur cerveau est encore en développement (5-6). Leur maturité affective moins élevée que chez les adultes, leur plus grande impulsivité, le fait d’avoir une masse corporelle moindre et de consommer de manière souvent plus rapide que ceux-ci, sont autant de facteurs les prédisposant à un risque accru lié à l’alcool (7). Les personnes aînées, pour leur part, vivent des changements physiologiques et deviennent plus vulnérables aux effets de l’alcool.

Pour en savoir plus, consultez nos publications :

Effets sur le cerveau

Toutes les personnes qui boivent de l’alcool ne développent pas nécessairement de maladies chroniques liées à leur usage. Toutefois, elles subissent ses effets à court terme sur leur cerveau.

La consommation d’alcool ralentit le fonctionnement du système nerveux. Son usage peut, à court terme, entraver temporairement le fonctionnement du cerveau et le niveau d’éveil. Par exemple, la consommation d’environ 2 à 4 verres standards d’alcool (voir ci-bas) entraine une diminution :

  • de l’attention;
  • de la concentration;
  • de la vigilance;
  • du contrôle de soi. (8)

Qu’est-ce qu’un verre standard d’alcool?

Un « verre standard d’alcool » (ou « unité standard d’alcool ») est une mesure quantifiant l’alcool pur contenu dans chaque type de boisson alcoolisée. Cela permet de déterminer qu’une bière de 341 ml, un verre de vin de 142 ml ou un verre de 43 ml de spiritueux contiennent exactement la même quantité d’alcool pur. Au Canada, un verre standard d’alcool équivaut à 13,45 g d’alcool pur.

En santé publique, le verre standard permet de formuler des balises de consommation à faible risque. Par exemple, selon les Repères canadiens sur l’alcool et la santé, la consommation d’alcool à faible risque correspond à l’usage de 1 à 2 verres standards d’alcool par semaine.

Traumatismes

Comme le fonctionnement du cerveau est altéré chez la personne qui a bu, l’alcool augmente, entre autres, ses risques de blessures, d’accidents de la route, de chutes, de noyade, ainsi que de comportements violents ou à risque.

Infections

L’altération du fonctionnement du cerveau attribuable à l’alcool peut mener une personne à adopter des comportements qu’elle n’adopterait pas dans un autre contexte. L’engagement dans des relations sexuelles non protégées ou non consentantes, sous l’effet de l’alcool, en est un exemple. Cela peut mener à des infections transmissibles sexuellement et par le sang.

Sommeil

Même à faible dose, l’usage de l’alcool perturbe la qualité du sommeil. Si en consommer peut faciliter l’endormissement, cela fait aussi en sorte que les réveils sont plus fréquents et qu’il est plus difficile de se rendormir que lorsque l’on ne boit pas (9).

Inconscience et détresse respiratoire

À court terme, une quantité importante d’alcool provoque un état d’ivresse avancée pouvant entrainer l’inconscience, la détresse respiratoire, voire dans les cas les plus graves, le coma ou la mort.

Risques pour la santé à long terme

À long terme, l’alcool peut affecter le fonctionnement des systèmes gastro-intestinal, cardiovasculaire, nerveux, et immunitaire. Plus les quantités d’alcool consommées sont élevées, plus les risques augmentent. De même, plus la consommation dure longtemps, plus les risques augmentent aussi.

La consommation excessive épisodique répétée dans le temps accroît le risque de développer certaines maladies, comme un cancer ou une maladie hépatique (10). Les problèmes de santé liés à l’alcool peuvent parfois apparaitre plusieurs dizaines d’années après l’amorce de la consommation. Dans ce cas-ci également, plus la consommation est élevée et dure longtemps, plus les conséquences sur la santé peuvent être rapides à apparaitre et importantes.

Le niveau de risque que représente la consommation d’alcool varie pour chaque maladie. Certaines peuvent être entièrement attribuables à la consommation d’alcool. C’est le cas, entre autres, pour le trouble de l’usage (« dépendance à l’alcool ») ou certaines formes de cirrhose. Toutefois, certaines maladies ont plusieurs causes. Cela veut dire que l’alcool est un des différents facteurs qui contribuent à expliquer la survenue de ces maladies. Par exemple, le cancer du sein chez la femme peut être lié à plusieurs facteurs comme la génétique et la consommation d’alcool. Ceux-ci peuvent interagir et mener au développement de la maladie.

Exemples de maladies et troubles liés à l’alcool :

  • 7 types de cancers (foie, bouche, gorge, larynx, œsophage, colorectal et cancer du sein chez la femme, ces deux derniers étant parmi les plus prévalents au Canada). Aucun niveau de consommation d’alcool n’est sans danger pour le développement d’un cancer.
  • Des maladies cardiaques et vasculaires (p. ex. : accident vasculaire cérébral [AVC], hypertension, fibrillation auriculaire [arythmie cardiaque]).
  • Des maladies du foie et du pancréas (p. ex. : cirrhose, pancréatite, hépatique alcoolique).
  • Des maladies du système nerveux (p. ex. : démence alcoolique, épilepsie).
  • Des troubles mentaux (p. ex. trouble de l’usage, dépression). Chez les personnes qui en sont déjà atteintes, l’alcool peut augmenter leurs symptômes.
  • Des maladies liées à l’affaiblissement du système immunitaire (p. ex. : augmentation de la susceptibilité à des infections respiratoires comme la pneumonie ou la tuberculose).

Les symptômes de certaines maladies, même si celles-ci ne sont pas toujours attribuables à l’alcool, peuvent être aggravés par l’alcool. Son usage peut aussi rendre plus difficile le contrôle de certaines conditions, comme le diabète (11-12). De même, chez des personnes qui en sont déjà atteintes, cela peut augmenter les symptômes associés à certains troubles mentaux.

Consommation durant la grossesse : les risques pour l’enfant

Aucune quantité d’alcool n’est considérée sans danger pendant la grossesse ou pour les personnes essayant de concevoir. La consommation durant la grossesse peut augmenter le risque que l’enfant à naître présente des anomalies au niveau du développement des organes ou qu’il soit atteint de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale. Ces troubles peuvent, entre autres choses, affecter le langage, les habiletés motrices ou entrainer des difficultés d’attention ou au niveau des aptitudes sociales (13). Consultez notre page : Alcool pendant la grossesse | Mieux vivre.

Pour le personnel de la santé : voir Alcool en période périnatale - Fiche complète

Bénéfices prétendus de l’alcool

Des études antérieures ont mis en évidence que la consommation d’alcool pouvait entrainer des bénéfices sur la santé cardiovasculaire. Or, plusieurs chercheurs sont maintenant d’avis que ces bénéfices sont incertains. Selon ces derniers, les résultats de ces études s’expliqueraient en partie par des biais méthodologiques, ce qui entretient l’incertitude à ce sujet (1).

Inversement, les effets nocifs de l’alcool sont bien connus, même en petite quantité. Donc, toute consommation d’alcool augmente les risques pour la santé.

Une personne qui ne consomme pas d’alcool devrait éviter d’en faire usage pour des bénéfices potentiels sur sa santé cardiovasculaire.

Préjudices de la consommation pour autrui

Les personnes qui consomment de l’alcool ne sont pas les seules à en subir les préjudices. Ceux-ci sont également importants pour leur entourage, leur communauté et la société en général.

Certains de ces préjudices peuvent survenir principalement dans les cas de consommation excessive épisodique. D’autres peuvent apparaitre plus tardivement, lorsque la consommation d’alcool empêche la personne d’assumer pleinement ses responsabilités.

La consommation d’alcool peut contribuer à la survenue :

  • de comportements agressifs et violents (p. ex. : agressions sexuelles, violence conjugale);
  • de traumatismes tels les blessures et des décès liés aux accidents de la route;
  • de problèmes familiaux (p. ex. : négligence et autres mauvais traitements à l’égard des enfants, problèmes financiers);
  • de problèmes au travail (p. ex. : l’absentéisme, des problèmes relationnels);
  • d’infections ou de maladies attribuables à l’adoption de comportements à risque (infections transmissibles sexuellement et par le sang);
  • de conséquences négatives pour les communautés (p. ex. : criminalité, troubles à l’ordre public, vandalisme) (14).

Références

  1. Piano, M. R., Marcus, G. M., Aycock, D. M., Buckman, J., Hwang, C.-L., Larsson, S. C., Mukamal, K. J., Roerecke, M. (2025). Alcohol Use and Cardiovascular Disease : A Scientific Statement From the American Heart Association. Circulation, 152(1), e7 e21. https://doi.org/10.1161/CIR.0000000000001341
  2. Stockwell, T., Priore, I., Im, P. K., & Naimi, T. (2024). Alcohol and cardiovascular disease : A critical review of scientific evidence for protective versus harmful effects. Canadian Institute for Substance Use Research (CISUR), University of Victoria. https://ehnheart.org/wp-content/uploads/2025/06/Alcohol-and-cardiovascular-disease-research-report-final-version.pdf
  3. Biddinger, K. J., Emdin, C. A., Haas, M. E., Wang, M., Hindy, G., Ellinor, P. T., Kathiresan, S., Khera, A. V., & Aragam, K. G. (2022). Association of Habitual Alcohol Intake With Risk of Cardiovascular Disease. JAMA Network Open, 5(3), e223849. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2022.3849
  4. National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism. (2007). What Colleges Need to Know Now : An Update on College Drinking Research (Nos. 07–5010). U.S. Department of Health and Human Services - National Institutes of Health. https://www.collegedrinkingprevention.gov/sites/cdp/files/documents/1College_Bulletin-508_361C4E.pdf
  5. Spear, L. P. (2018). Effects of adolescent alcohol consumption on the brain and behaviour. Nature Reviews Neuroscience, 19(4), 197‑214. https://doi.org/10.1038/nrn.2018.10
  6. Marshall, E. J. (2014). Adolescent Alcohol Use : Risks and Consequences. Alcohol and Alcoholism, 49(2), 160‑164. https://doi.org/10.1093/alcalc/agt180
  7. Paradis, C., Butt, P., Shield, K., Poole, N., Wells, S., Naimi, T., Sherk, A., & les groupes d’experts scientifiques des Directives de consommation d’alcool à faible risque. (2023). Repères canadiens sur l’alcool et la santé : Rapport final. Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. https://ccsa.ca/fr/reperes-canadiens-sur-lalcool-et-la-sante-rapport-final
  8. World Health Organization. (2018). Global status report on alcohol and health 2018. https://www.who.int/publications/i/item/9789241565639
  9. Gardiner C, Weakley J, Burke LM, Roach GD, Sargent C, Maniar N. (2025). The effect of alcohol on subsequent sleep in healthy adults: A systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1087079224001345
  10. Llerena S, Arias-Loste MT, Puente A, Cabezas J, Crespo J, Fábrega E. (2015). Binge drinking: Burden of liver disease and beyond. World J Hepatol. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4663390/
  11. Nair S. (2024). The Impact of Alcohol Consumption on Diabetes Management and Outcomes: A Comprehensive Analysis. Journal of Diabetes & Metabolism. International Online Medical Council (IOMC). https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/20543581241293199
  12. Chaitanya M, Zain Z. (2025). Effects of Alcohol in Diabetics Patients. International Journal of Global Research Innovations & Technology. https://www.semanticscholar.org/paper/EFFECTS-OF-ALCOHOL-IN-DIABETIC-PATIENTS-Chaitanya-Zain/53f9ad047979344970419e6cbade912107913f20
  13. Cook JL, Green CR, Lilley CM, Anderson SM, Baldwin ME, Chudley AE, et al. (2016). Fetal alcohol spectrum disorder: a guideline for diagnosis across the lifespan. Canadian Medical Association Journal. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26668194/
  14. Babor TF, Casswell S, Graham K, Huckle T, Livingston M, Österberg E, et al. (2023). Alcohol: No Ordinary Commodity. Research and public policy. 3rd edition. Oxford University Press.
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