Tourisme médical
Le tourisme médical, c’est-à-dire le fait de voyager à l’étranger pour recevoir des soins de santé, est en forte croissance dans le monde.
Ce chapitre est publié à titre informatif, documentant l’existence de pratiques existantes, mais dont le CCQSV ne fait pas la promotion.
Sommaire
Le tourisme médical, c’est-à-dire le fait de voyager à l’étranger pour recevoir des soins de santé, est en forte croissance dans le monde. Plusieurs facteurs peuvent inciter des personnes à chercher des traitements à l’extérieur de leur propre pays. Cependant, cette pratique comporte des risques significatifs, en raison des facteurs suivants :
- Les pratiques médicales varient largement d’un pays à l’autre — protocoles, formation, normes de qualité, prévention des infections, etc.
- L’accès limité à l’information sur la qualité des soins reçus et l’absence de mécanismes fiables pour le transfert des dossiers, aggravés par les barrières linguistiques, peuvent nuire au suivi et à la détection précoce des complications.
- Finalement, certaines interventions comportent aussi des risques juridiques (responsabilité médicale internationale, protection des données, exploitation financière) et le risque d’encourager des pratiques illégales.
Une étude récente sur les personnes voyageant pour recevoir des soins médicaux indique qu’une personne sur vingt présente des complications à son retour de voyage, nécessitant souvent des soins supplémentaires7. Une enquête allemande auprès de 17 543 répondants rapporte que 8 % ont dû consulter en urgence pour des complications, et 12 % ont rencontré des problèmes liés à des médicaments obtenus à l’étranger 21.
Ces risques peuvent être réduits grâce à une préparation adéquate, dont les principaux éléments sont discutés dans la section Problématiques fréquentes et comment s’en prémunir.
Épidémiologie
Mondialement, le nombre de personnes voyageant pour recevoir des soins médicaux a fortement augmenté entre 2007 et 2017, passant d’environ 7,5 millions à 16 millions. Plus de 63 000 voyageurs canadiens ont eu recours au tourisme médical à l’extérieur du pays en 2016 et on estime que ce nombre pourrait avoir dépassé 400 000 en 2025, avec une croissance annuelle future prévue de 25 % 1-3.
Cette popularité s’explique par la hausse des coûts et des temps d’attente pour les soins de santé dans les pays industrialisés, l’expansion de l’offre internationale en soins de santé et sa promotion accrue en ligne directement auprès des consommateurs potentiels. Finalement, on assiste à l’émergence d’agences spécialisées dans le tourisme médical. Les destinations les plus populaires incluent le Brésil, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, les États‑Unis, l’Inde, la Jordanie, la Malaisie, le Mexique, Singapour, la Thaïlande et la Turquie.
Le tourisme médical comprend trois grandes catégories 4,5 :
- Les patients provenant de pays industrialisés se rendant dans des pays en développement pour accéder à des interventions non disponibles localement, qu’elles soient non certifiées, illégales, expérimentales, ou encore validées mais moins coûteuses ou plus rapides à obtenir qu’à domicile.
- Les patients provenant de pays en développement partant à l’étranger pour recevoir des traitements validés mais indisponibles localement en raison de limites techniques, réglementaires ou économiques.
- Des personnes ayant immigré au Canada choisissent parfois de retourner dans leur pays d’origine pour y recevoir des soins, motivés par des facteurs culturels, linguistiques, familiaux, économiques, ou par une meilleure connaissance du système de santé local 6.
Les patients peuvent aussi se tourner vers le tourisme médical pour obtenir une seconde opinion, en raison d’une insatisfaction envers le système de santé, ou parce qu’ils croient que la qualité des soins et les taux de succès sont meilleurs à l’étranger. La présence de proches pouvant les soutenir durant une convalescence à l’étranger peut également être un facteur important.
Types de soins fréquemment recherchés et leurs risques associés
Soins dentaires
Les soins dentaires représentent l’une des principales raisons de recourir au tourisme médical. Une large étude américaine indique que 55 % des interventions réalisées à l’étranger concernent la dentisterie7. Ces soins peuvent être esthétiques (nettoyage, blanchiment), fonctionnels (pose d’implants), ou orthodontiques. Parmi les risques associés spécifiquement aux soins dentaires, on retrouve notamment les infections transmissibles par le sang (VIH, VHB, VHC) en cas de non-respect des normes de stérilisation des instruments médicaux.
Soins esthétiques
Environ 20 à 25 % des Canadiens qui utilisent le tourisme médical le font pour des procédures esthétiques. Ces interventions incluent :
- Chirurgie plastique (ex. : rhinoplastie, liposuccion, augmentation mammaire, greffe de cheveux, etc.);
- Procédures non-chirurgicales (ex. : injections de toxine botulinique ou de plasma riche en plaquettes, remplissage dermique, traitements à base de cellules souches, etc.);
- Soins dermatologiques (ex. : laser, dermabrasion, etc.).
Les interventions en chirurgie esthétique à l’étranger se compliquent fréquemment d’infections postopératoires, incluant des infections par des germes multirésistants. Le taux d’insatisfaction des patients concernant les résultats esthétiques obtenus est également élevé 8-11.
Soins chirurgicaux
Les principales interventions chirurgicales recherchées à l’étranger sont :
- Chirurgie bariatrique (environ 50 %);
- Chirurgie orthopédique (environ 20-25 %) (surtout le remplacement de hanche ou de genou);
- Chirurgie urologique (environ 10 %);
- Chirurgie ophtalmologique (environ 10 %).
Les chirurgies réalisées hors du Canada présentent des taux de complications de deux à trois fois plus élevés que ceux observés pour des interventions similaires au pays (12). Les écarts observés dans les taux de complications reflètent essentiellement les conditions de l’environnement chirurgical, notamment le niveau de l’établissement — c’est-à-dire son infrastructure, l’expérience et la qualification du personnel, la disponibilité d’équipements spécialisés et la capacité de prise en charge des urgences — ainsi que son accréditation, le respect des normes sanitaires et la rigueur du suivi postopératoire. Une étude sur les chirurgies bariatriques réalisées à l’étranger rapporte des complications dans 42 à 56 % des cas, entraînant plus de 15 000 $ en coûts supplémentaires par patient 13. En comparaison, au Canada, le taux de complications pour ces interventions est plus faible, entre 5 et 10 %.
Soins d’affirmation de genre
Les interventions d’affirmation de genre incluent des interventions chirurgicales (génitales, du torse ou du visage), mais aussi des interventions non-chirurgicales, comme l’épilation électrolytique ou au laser, les soins esthétiques et les traitements hormonaux 14.
Pour ces interventions, il faut tenir compte non seulement des risques médicaux et chirurgicaux, mais aussi des réalités sociales et juridiques du pays de destination. Cela inclut la reconnaissance légale des identités trans, la sécurité personnelle et les lois protégeant ou restreignant les droits des personnes 2SLGBTQ+. De plus, voyager avec des documents où le nom ou le genre officiel ne correspondent pas à l’identité ou à l’expression de genre peut causer du stress et entraîner des difficultés aux frontières ou dans l’accès aux services.
Soins de fertilité
L’absence de données consolidées rend difficile l’estimation précise du recours aux soins de fertilité à l’étranger. Toutefois, certaines cliniques rapportent que 5 à 10 % des patientes envisagent ou ont déjà eu recours à des traitements hors pays, surtout pour des procédures dont l’accès au peut être limité localement, comme le don d’ovocytes ou les services de mère porteuse.
Au-delà des risques médicaux, les soins de fertilité reçus à l’étranger comportent plusieurs enjeux éthiques et juridiques 15. Ceux‑ci incluent le statut légal des embryons, la confidentialité des données, la fiabilité du diagnostic génétique préimplantatoire, les droits des mères porteuses, les pratiques de manipulation génétique et le choix du sexe de l’embryon. De plus, les taux de succès et de complications étant peu documentés à l’étranger, il est difficile d’évaluer adéquatement les risques et bénéfices des interventions.
Transplantation
Face aux longs délais d’attente et à la pénurie d’organes au Québec, certains patients pourraient chercher une transplantation à l’étranger. Un autre domaine en émergence est celui des thérapies de transplantation de cellules souches.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rapporte encore des cas de trafic d’organes dans certains pays, ce qui soulève d’importantes préoccupations éthiques. Des enjeux d’équité peuvent également être constatés lorsque des non‑citoyens accèdent à des ressources médicales rares dans le pays hôte (organes, traitements spécialisés et temps de travail d’équipes médicales hautement qualifiées)16. Par ailleurs, les transplantations expérimentales de cellules souches, bien que prometteuses, sont souvent coûteuses et insuffisamment étayées par des preuves solides. Le risque de surestimation de leur efficacité rend essentiel d’informer clairement les patients sur leurs limites, leurs risques et leurs implications éthiques 17, d’où l’importance de conseiller au patient de s’informer auprès de son équipe traitante avant de s’engager dans ce genre de processus.
Traitements non approuvés scientifiquement
Certains patients atteints de maladies chroniques évolutives, rares ou à mauvais pronostic — comme certains cancers ou des maladies neurodégénératives — se tournent vers l’étranger pour obtenir des soins. Ils peuvent chercher une seconde opinion, un accès à des traitements émergents ou expérimentaux, ou à des approches alternatives.
Face à un diagnostic grave et à l’absence d’options thérapeutiques efficaces, les patients peuvent être tentés d’accepter des interventions non éprouvées ou potentiellement dangereuses. En plus des risques médicaux, cette démarche peut entraîner des coûts importants, des enjeux juridiques (recours en cas de complications) et des impacts psychologiques, comme l’exposition à des publicités trompeuses, la création de faux espoirs ou l’éloignement du réseau de soutien habituel.
Soins de fin de vie
Avant l’adoption des lois sur l’aide médicale à mourir (AMM) au Canada et au Québec, certains patients voyageaient en Europe pour y accéder. Ce phénomène a diminué avec l’élargissement des critères d’admissibilité au Québec. Aujourd’hui, l’AMM n’est accessible aux étrangers qu’en Suisse, et dans de rares situations en Belgique, tandis que la plupart des autres pays exigent la résidence légale, un suivi médical local et un dossier clinique complet, rendant le tourisme médical dans ce domaine pratiquement impossible.
Les soins de fin de vie comportent aussi des enjeux culturels importants, notamment concernant la personnalisation des soins, les rites entourant la mort et la présence des proches, qui peuvent influencer de manière significative l’expérience du patient et de sa famille 18.
Industrie du bien-être
Le tourisme médical comprend aussi un secteur en forte croissance, celui de l’industrie du bien‑être. Celle‑ci englobe une variété de cures et traitements visant l’amélioration du bien‑être physique, mental ou spirituel.
Certains spas médicaux et « cliniques de santé » offrent des interventions invasives dont l’efficacité n’est pas démontrée — comme les perfusions intraveineuses, lavements ou injections de suppléments — et qui peuvent entraîner des déséquilibres électrolytiques ou transmettre des infections (comme le VIH, le VHB ou le VHC). D’autres proposent la consommation de psychotropes (ayahuasca, kambo, kétamine, psilocybine), présentés comme thérapeutiques, mais comportant d’importants risques médicaux, psychologiques et légaux. Il est donc essentiel que les voyageurs s’informent adéquatement sur les risques et sur le statut légal de ces substances consommées dans le pays visité afin d’éviter des complications ou des problèmes judiciaires.
Certains centres non médicaux, tels que certaines retraites de bien‑être, déconseillent parfois l’usage des antipaludiques en invoquant des interactions potentielles avec les produits qu’ils administrent aux patients. Or, si de telles interactions existent avec certains médicaments ou produits naturels, leur évaluation relève strictement d’un professionnel de la santé. L’omission de chimioprophylaxie expose les voyageurs à un risque accru de contracter le paludisme, une infection potentiellement grave.
Problématiques fréquentes et comment s’en prémunir
La continuité des soins
La continuité des soins en contexte de tourisme médical est difficile : les patients doivent souvent gérer eux‑mêmes leur dossier et beaucoup reviennent avec une documentation incomplète. Récupérer l’information après coup est ardu en raison de la confidentialité, des barrières linguistiques ou de la réticence des établissements étrangers, surtout en cas de complications. Il peut aussi être difficile de trouver un professionnel au Canada prêt à assurer le suivi d’une intervention réalisée ailleurs, surtout si celle-ci n’est pas reconnue ou courante au Canada. D’où l’importance de planifier le suivi médical avant même de quitter le Canada 29, 31.
Les prescriptions faites à l’étranger ne sont pas valides au Canada, ce qui peut compliquer l’accès aux médicaments, surtout si ceux‑ci ne sont pas disponibles ou non couverts. Le patient doit consulter rapidement un professionnel de santé au retour de voyage, pour vérifier la pertinence des médicaments prescrits, obtenir une ordonnance conforme et, au besoin, un équivalent. Connaître le nom générique, la dose et la posologie du médicament facilite cette transition et assure la continuité du traitement.
Comment diminuer les risques :
- Avant de voyager, consulter ses professionnels de la santé afin de planifier à l’avance le suivi médical qui devra se faire au retour. Trouver un spécialiste qui pourra assurer le suivi au Canada en cas de complication.
- Conserver en tout temps son dossier médical à portée de main, sur soi ou accessible de façon sécurisée en ligne (allergies, antécédents de santé, liste complète des médicaments avec le nom générique et la posologie). Idéalement le dossier doit être traduit dans la langue de l’établissement de soins à destination et les documents concernant l’épisode de soins devraient aussi être traduits en français ou en anglais au retour de la destination.
- Apporter suffisamment de médicaments prescrits de la maison. Prévoir un surplus au cas où des complications surviendraient et prolongeraient le séjour.
- Apporter une trousse médicale de voyage pour des médicaments d’usage courant (ex. : analgésiques en vente libre, anti-nauséeux, antihistaminiques, etc.). C’est une bonne façon d’avoir accès à une source de médicaments fiables et de bonne qualité.
- Avoir sur soi une copie de ses ordonnances, car l’introduction de médicaments dans un pays sans documentation appropriée ou sans respecter les normes réglementaires peut avoir des implications juridiques.
- Vérifier le statut légal des médicaments prescrits à l’étranger avant le retour, pour éviter les confiscations, amendes ou arrestations. Au Canada, ces produits appelés substances ciblées incluent en particulier les opioïdes, sédatifs (benzodiazépines, barbituriques, etc), et les stimulants (médicaments pour le TDAH et produits contenant de la pseudoéphédrine)37 :
- Voyager à l'intérieur et à l'extérieur du Canada avec des médicaments d'ordonnance contenant des substances désignées - Canada.ca.
- Une recherche sur les ingrédients actifs peut être faite sur : Critères de recherche - Recherche de produits pharmaceutiques en ligne
Médicaments contrefaits
L’achat de médicaments à l’étranger comporte des risques importants. Selon l’OMS, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, un produit médical sur dix est de qualité inférieure ou contrefait, et ce taux peut atteindre 35 % dans certaines régions d’Afrique et d’Asie du Sud. L’Asie du Sud‑Est et une partie de l’Amérique latine sont aussi touchées 26. Le risque est encore plus élevé pour les médicaments achetés en ligne, avec un taux de falsification estimé à 50 % 27. Chaque année, dans le monde, environ un million de décès seraient liés directement ou indirectement à la consommation de médicaments contrefaits.
Les médicaments contrefaits peuvent prendre plusieurs formes :
-Produits de qualité insuffisante : médicaments autorisés mais qui ne respectent pas les normes, dont la formulation est altérée ou qui sont périmés, ce qui diminue leur efficacité.
-Produits non enregistrés ou non homologués : médicaments qui n’ont pas été approuvés par l’autorité réglementaire du pays.
-Produits falsifiés : médicaments dont l’identité, la composition ou la provenance ont été intentionnellement manipulées; certains ne contiennent aucun principe actif (équivalent à un placebo) ou des excipients de qualité inférieure ou contaminés 26.
Ces médicaments peuvent entraîner des échecs au traitement, des effets secondaires imprévisibles, des toxicités graves ou des interactions dangereuses. Il est donc essentiel d’informer les voyageuses et voyageurs de ces risques, particulièrement dans le contexte du tourisme médical 28.
Comment diminuer les risques
- S’approvisionner seulement dans des endroits fiables (pharmacie hospitalière reconnue, chaîne pharmaceutique établie, affichant clairement son numéro de licence ou d’accréditation).
- Éviter les marchés, les achats dans la rue ou les achats en ligne à l’étranger.
- Vérifier l’emballage et la qualité du produit avant de l’accepter (date d’expiration, numéro de lot, sceau de sécurité, logo, absence d’erreurs d’orthographe sur l’emballage). Se méfier des équivalents et substituts.
- Toujours vérifier l’intégrité du médicament (enrobage du comprimé intact, non effrité, comprimé uniforme, absence de décoloration).
- Prendre des photos des médicaments (emballage, comprimés) achetés et conserver les reçus détaillés pour documenter.
Infections
La plupart des interventions médicales, chirurgicales ou dentaires comportent des risques infectieux, que ce soit au Canada ou à l’étranger, mais ces risques peuvent varier selon la destination.
- Risques liés à la procédure : infections du site chirurgical (abcès, infection de prothèse), pneumonie d’aspiration après intubation, infections associées à des accès veineux ou des cathéters urinaires.
- Risques de contamination : des produits sanguins, des organes transplantés, du matériel non stérile ou des solutions contaminées (infections virales comme VIH, VHB, VHC, infections bactériennes, parasitaires ou fongiques).
- Infections nosocomiales : maladies acquises en établissement de santé (ex. : COVID‑19, rougeole, infections à C. difficile, bactéries multirésistantes).
Les risques infectieux liés au tourisme médical peuvent varier grandement selon l’établissement ou le pays. Ces variations s’expliquent par plusieurs facteurs :
- Niveau de risque associé à la procédure dans le contexte local : dépend de l’expertise de l’équipe médicale et des protocoles de soins en vigueur dans cet établissement.
- Taux d’infections nosocomiales : les normes d’accréditation, d’hygiène, de prévention des infections et de stérilisation du matériel peuvent différer des standards canadiens, tout comme les règles encadrant les organes, les produits sanguins et la qualité des médicaments.
- Résistance aux antibiotiques : dans les pays où l’usage des antibiotiques est peu réglementé, les bactéries résistantes sont plus fréquentes, rendant les infections postopératoires plus difficiles à traiter.
- Accès aux traitements : des restrictions locales peuvent limiter la disponibilité de certains antibiotiques ou traitements, compliquant la prise en charge des complications.
- Épidémiologie locale : les voyageurs peuvent être exposés à des infections propres au pays de destination, par exemple :
- dengue ou malaria durant la convalescence;
- mycoses ou mycobactéries infectant un site opératoire ou un implant;
- tuberculose contractée en milieu hospitalier.
Comment diminuer les risques
- Choisir soigneusement l’établissement et l’équipe médicale, en vérifiant la présence d’une accréditation internationale et en s’informant sur les données cliniques, comme les taux d’infections postopératoires, l’expérience des chirurgiens, les protocoles utilisés pour la prévention des infections, incluant les infections transmissibles par le sang et les produits sanguins.
- Évaluer les conditions sanitaires locales et les risques spécifiques au pays (ex. : dengue, malaria, tuberculose) avec un professionnel en santé-voyage.
- Optimiser sa santé avant sa chirurgie, en contrôlant les conditions qui augmentent les risques infectieux, comme le tabagisme, le diabète ou l’obésité.
- Mettre sa vaccination à jour avant le voyage.
- Suivre avec attention les procédures médicales : se renseigner sur les médicaments administrés; vérifier que les instruments sont stériles et ouverts devant vous lorsque possible; s’assurer que les plaies sont soignées avec du matériel propre et des techniques aseptiques.
- Se laver les mains régulièrement et demander que les soignants fassent de même lorsque possible.
- Soigner les plaies : garder les plaies propres et couvertes selon les recommandations, éviter la baignade tant que la plaie n’est pas fermée, surveiller les signes d’infection (rougeur, douleur, écoulement purulent, fièvre).
Thromboses
Les patients envisageant le tourisme médical doivent comprendre que leur risque de thrombose veineuse profonde (TVP) augmentera à la suite d’une intervention chirurgicale, surtout dans les 6 premières semaines suivant la procédure. En général, la TVP survient dans 0,3 à 1,6 % des cas, mais ce taux peut atteindre jusqu’à 30 % après une chirurgie orthopédique des membres inférieurs (hanche ou genou) 22. Ce risque s’ajoute à celui lié aux déplacements prolongés lors du retour au pays, comme les trajets en avion, en train ou en autobus/automobile.
Comment diminuer les risques
- Il est essentiel d’informer adéquatement les voyageurs.
- Prévoir des mesures préventives :
- port de bas de compression;
- mobilisation fréquente;
- hydratation;
- analgésie appropriée.
- Discuter de thromboprophylaxie avec le chirurgien.
Pour le retour, le patient doit être médicalement stable avant de voyager. Dans certains cas des précautions supplémentaires (ex. : oxygène, transport médical) peuvent être nécessaires. Le délai sécuritaire avant de prendre l’avion varie selon l’intervention et doit être évalué individuellement en postopératoire 23-25.
Le CCQSV recommande aux intervenants en santé-voyage
- D’aborder le sujet des risques et complications liés au tourisme médical pour les voyageurs qui prévoient recevoir des soins de santé à l’étranger.
- De remettre au patient la liste de vérification disponible dans la section Outils.
- De partager avec les patients des ressources d’accréditation reconnues pour qu’ils puissent mieux évaluer la qualité des établissements qu’ils souhaitent consulter hors-Canada.
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