Stratégies de prévention de l’âgisme
L’âgisme peut être prévenu. L’Organisation mondiale de la Santé recommande de combiner trois grandes stratégies :
- L’éducation et la sensibilisation aux réalités diversifiées des personnes aînées et du vieillissement
- Les contacts intergénérationnels de qualité
- L’adoption de politiques et de lois visant à lutter contre la discrimination liée à l’âge
1. Éducation et sensibilisation
La stratégie d’éducation et de sensibilisation vise à agir sur l’âgisme interpersonnel, plutôt que sur l’âgisme institutionnel ou autodirigé. Les activités qui y sont associées consistent à transmettre des informations sur l’âgisme, les personnes aînées et le vieillissement. Ce type de stratégie peut aussi contribuer au développement d’aptitudes et de compétences visant à réduire les stéréotypes, les préjugés et la discrimination liés à l’âge ainsi qu’à renforcer l’empathie envers les personnes aînées.
Ce type de stratégie part du principe que l’âgisme résulte d’informations fausses ou d’un manque de connaissances sur le vieillissement. À l’inverse, les personnes informées, sensibilisées aux stéréotypes ou qui considèrent le vieillissement sous un angle positif seraient moins susceptibles de faire preuve d’âgisme envers les autres ou envers elles-mêmes.
Par ailleurs, les activités de sensibilisation et d’éducation comprennent souvent un élément de contact intergénérationnel. Des études indiquent que les stratégies de prévention qui combinent des activités éducatives sur le vieillissement et des contacts intergénérationnels positifs et de qualité sont efficaces. Elles réduisent les attitudes âgistes et augmentent le niveau de connaissances sur le vieillissement, tout en rendant les personnes plus à l’aise avec les personnes aînées.
Ces activités peuvent être mises en place en milieu scolaire et en milieu de travail, y compris dans le milieu de la santé et des services sociaux.
2. Contacts intergénérationnels de qualité
Les contacts intergénérationnels de qualité font partie des stratégies clés pour prévenir et réduire l’âgisme. L’objectif est de favoriser les interactions entre les générations (enfants, jeunes adultes, personnes aînées) en leur faisant réaliser, par exemple, des tâches communes et en créant des liens solides.
Formes de contacts
Les contacts intergénérationnels peuvent être formels ou informels :
- Conversations familiales (grands-parents/petits-enfants);
- Activités culturelles et de loisirs (p. ex., clubs de marche);
- Activités artistiques (p. ex., ateliers de peinture, musique);
- Visites d’élèves dans des résidences pour personnes aînées;
- Cohabitation intergénérationnelle (p. ex., maisons multigénérationnelles);
- Milieux de travail intergénérationnels;
- Projets communautaires (p. ex., jardins partagés).
Conditions de réussite
L’efficacité des activités de contacts intergénérationnels dépend de certaines conditions :
- La nécessité de coopérer pour atteindre des objectifs communs;
- La mise à profit et la valorisation équitable des compétences de chaque groupe.
Si ces conditions sont absentes, les contacts intergénérationnels peuvent mener à des comportements condescendants d’un groupe envers l’autre ou au renforcement des stéréotypes envers les personnes aînées.
Effets anticipés
Lorsque ces conditions sont réunies, les stratégies de contacts intergénérationnels peuvent contribuer à :
- Diminuer l’âgisme, en réduisant les préjugés et stéréotypes ou l’anxiété parfois associée aux interactions avec des personnes de générations différentes;
- Créer des liens sociaux;
- Augmenter l’empathie et l’ouverture d’esprit envers des personnes de tous les âges.
Ces activités peuvent également présenter d’autres avantages pour les personnes aînées :
- Améliorer leur santé et leur bien-être;
- Augmenter leur estime de soi;
- Réduire le sentiment de solitude et l’isolement social.
3. Politiques et lois visant à lutter contre la discrimination liée à l’âge
À l’échelle populationnelle, la stratégie la plus importante pour réduire et prévenir l’âgisme repose sur l’adoption de lois par les gouvernements et par la mise en place de politiques et de règlements applicables à tous les niveaux, du national au local.
Exemples de politiques et de lois à différentes échelles
Les politiques et les lois visant à lutter contre l’âgisme sont variées.
La Charte canadienne des droits et libertés et la Charte des droits et libertés de la personne au Québec en sont des exemples. La première protège le droit à l’égalité et l’absence de discrimination fondée sur l’âge. La seconde protège toutes les personnes contre la discrimination et le harcèlement fondés sur l’âge.
À plus petite échelle, les Municipalités amies des aînés (MADA) élaborent et adoptent une politique et un plan d’action en faveur du bien-être des personnes aînées. En milieu de travail, l’employeur peut adopter une politique interne contre la discrimination et le harcèlement liés à l’âge.
Différentes applications
L’adoption de politiques et de lois peut contribuer à réduire et à prévenir l’âgisme de plusieurs manières.
Interdictions inscrites dans des lois : Elles peuvent réduire les comportements âgistes par l’imposition de sanctions (p. ex., amendes, injonctions imposées par un tribunal, paiements d’indemnités aux personnes victimes de discrimination).
Mesures favorisant la modification des comportements et le développement d’une norme sociale anti-âgiste. Elles peuvent contribuer à la reconnaissance que l’âgisme est socialement inacceptable et inciter les gens à modifier leur comportement. En milieu de travail par exemple, l’application de certaines lois et politiques est assortie de mécanismes permettant aux travailleurs et aux travailleuses de reconnaître et de dénoncer les stéréotypes, les préjugés et les pratiques âgistes dans leur milieu.
Promotion de la diversité et de l’inclusion : Les lois et les politiques peuvent réduire et prévenir l’âgisme en favorisant la diversité dans un milieu donné. En milieu de travail par exemple, les politiques interdisant la discrimination liée à l’âge et favorisant l’inclusion contribuent à la valorisation et à la rétention des travailleurs et travailleuses âgées ainsi qu’au développement d’un environnement de travail plus inclusif. De telles mesures encouragent également la collaboration entre les générations et réduisent les préjugés âgistes implicites.