Âgisme envers les personnes aînées et médias

L’âgisme envers les personnes aînées influence la manière dont la société interagit avec elles. Il influence aussi la manière dont les personnes conçoivent le vieillissement. Une perception négative des personnes aînées ou du vieillissement résulte en partie des représentations véhiculées dans les médias, qui peuvent parfois reproduire des stéréotypes âgistes.

Le contenu de cette page porte sur les pratiques recommandées pour représenter les personnes aînées et le vieillissement dans les médias.

Impacts des discours médiatiques

L’âgisme est présent dans de nombreuses sphères de la société, notamment dans les médias. En diffusant des informations d’intérêt public, les médias attirent l’attention de la population sur des enjeux de société importants, comme ceux liés aux personnes aînées ou au vieillissement. Ils ont le potentiel d’améliorer la compréhension de la population sur ces enjeux et de souligner leur importance. 

Les sujets couverts, le langage et les images utilisés peuvent contribuer, même involontairement, à perpétuer des stéréotypes négatifs et à normaliser des comportements âgistes envers les personnes aînées dans la population. Comme l’âgisme peut augmenter entre autres le risque de maltraitance, il importe d’agir sur la manière dont les personnes aînées et le vieillissement sont représentés et perçus dans les médias et dans la société.

À force d’être exposées à des représentations stéréotypées du vieillissement et des personnes aînées, ces dernières peuvent commencer à y croire et à adopter, consciemment ou non, des comportements conformes à ces représentations. Par exemple, elles peuvent penser qu’elles sont trop vieilles pour pratiquer des activités physiques. Ceci peut entraîner des conséquences sur leur santé et leur bien-être.

Représentations des personnes aînées et du vieillissement

Les informations suivantes sont tirées d’une recension d’écrits dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Parmi les études recensées, aucune n’a été réalisée en contexte québécois.

Représentation négative des personnes aînées ou comme étant un groupe homogène

La population aînée est une population diversifiée. Or, la vulnérabilité, le déclin, la fragilité, la baisse de productivité, la maladie et la solitude sont des caractéristiques qu’on peut retrouver dans les médias pour décrire les personnes aînées et le vieillissement. Les représentations plus positives, nuancées ou neutres sont plus rares. La diversité des expériences et du vécu des personnes aînées est peu présente ou valorisée.

Discours catastrophistes

Les discours catastrophistes et fatalistes sur le vieillissement démographique sont parfois présents dans les médias, alors que la contribution sociétale passée et actuelle des personnes aînées est peu abordée.

Opposition des générations

Les personnes de générations différentes sont parfois mises en opposition dans les médias, par exemple en comparant les personnes de la génération des baby-boomers et celles de la génération des millénariaux. Cette pratique peut alimenter des conflits entre les générations.

Exclusion des personnes aînées

Lorsqu’il est question de certains enjeux qui concernent la société dans son ensemble (p. ex., la lutte aux changements climatiques), l’opinion et l’expérience des personnes aînées ne sont pas nécessairement présentes dans les médias.

Comment représenter les personnes aînées et le vieillissement dans les médias?

Pour éviter les propos ou les représentations âgistes envers les personnes aînées dans le traitement médiatique, certaines pratiques sont recommandées par des organisations reconnues dans les domaines de la santé publique, du vieillissement ou du journalisme. Celles-ci peuvent servir de repères aux journalistes, professionnelles et professionnels en communication ainsi qu’à toute personne appelée à intervenir dans l’espace public.

Le vieillissement devrait être abordé comme un processus qui diffère d’une personne à l’autre et qui est grandement influencé par les conditions de vie et les milieux de vie. Sans nier que le vieillissement peut affecter les capacités des personnes, la valorisation des possibilités, des expériences et des aspirations apportées par l’avancée en âge est recommandée.

Le fait d’associer sans nuances le vieillissement à une période de déclin, de détérioration et de fragilité est une pratique à éviter. Même s’il est vrai qu’une personne aînée peut vivre des difficultés et se retrouver en situation de vulnérabilité pour différentes raisons, la vulnérabilité ne définit pas son identité. L’avancée en âge n’est pas non plus synonyme de vulnérabilité. Les réalités et les conditions de vie variées des personnes doivent être prises en considération.

À l’inverse, le recours à une exagération positive du vieillissement peut perpétuer des perceptions erronées et nourrir des attentes irréalistes pour de nombreuses personnes aînées. Par exemple, les discours laissant croire que les personnes aînées jouissent toutes d’une retraite confortable ignorent la réalité des nombreuses personnes aînées vivant dans la pauvreté ou en situation de précarité financière.

La population aînée est très diversifiée, notamment en raison des identités, des parcours de vie et des conditions de vie qui ont influencé et continuent d’influencer l’état de santé et la qualité de vie des personnes. Cette diversité devrait être représentée dans les médias, tant dans les sujets abordés que dans le choix des images utilisées pour représenter les personnes aînées et leurs réalités.

En plus de montrer une diversité de personnes aînées, leur représentation dans de nombreux contextes de vie est recommandée. On pense notamment à des personnes aînées en train de travailler, de pratiquer une activité physique, de s’impliquer dans leurs communautés et auprès de leur entourage, de magasiner ou de se divertir.

Caractériser le vieillissement démographique comme une catastrophe ou une fatalité peut renforcer des stéréotypes, des préjugés et de la discrimination fondés sur l’âge. Les métaphores catastrophiques sur le vieillissement de la population (p. ex., « le tsunami gris ») perpétuent l’idée erronée que les personnes aînées ne contribuent plus à la société et représentent plutôt un fardeau économique.

Le vieillissement démographique devrait être discuté d’une manière neutre. Cela permet un discours équilibré et constructif quant aux opportunités et défis qui y sont associés.

Il est préférable d’utiliser des termes inclusifs pour représenter les personnes aînées ou pour aborder certains enjeux (p. ex., le vieillissement démographique). L’idée est d’éviter d’exclure les personnes aînées en les représentant comme un groupe à part de la population. Ainsi lorsque possible, il vaut mieux privilégier l’utilisation du « nous » au lieu du « ils ou elles ». Cette pratique reflète la solidarité et la responsabilité partagée sur les enjeux abordés. Toutefois, selon les contextes, cette recommandation peut ne pas s’appliquer.

L’utilisation d’expressions qui mettent en opposition les populations d’âges différents (p. ex., « baby-boomer c. millénarial ») peut créer une barrière imaginaire et nourrir des conflits entre les générations. Il est recommandé de choisir un langage et des représentations qui rassemblent les générations. Par exemple, en représentant les personnes aînées en interaction avec des personnes de différents âges.

Des conflits entre les générations peuvent surgir lorsque des enjeux de société complexes sont attribués à tort aux personnes aînées (p. ex., les changements climatiques). Il est aussi recommandé d’inclure le point de vue des personnes aînées sur ces enjeux.

Certaines pratiques médiatiques peuvent perpétuer des stéréotypes et des préjugés âgistes ou réduire l’identité d’une personne à son âge. Il vaut mieux éviter les termes qui ont une connotation négative et qui peuvent être blessants et dévalorisants (p. ex., ma petite madame).

Bien que cela puisse sembler banal, le fait d’associer automatiquement l’âge ou une étape de la vie à des intérêts ou des comportements précis (p. ex., le tricot et les femmes aînées) peut aussi renforcer des stéréotypes âgistes envers les personnes aînées.

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