Âgisme dans différents contextes

L’INSPQ présente des exemples d’âgisme dans trois contextes davantage étudiés dans la littérature : les médias, le milieu de travail et le milieu de la santé et des services sociaux.

Âgisme dans les médias

L’âgisme existe dans de nombreuses sphères de la société, notamment dans les médias. En diffusant des informations d’intérêt public, les médias mettent en lumière des enjeux de société importants, comme ceux liés aux personnes aînées ou au vieillissement. Ils ont le potentiel d’améliorer la compréhension de la population sur ces enjeux et de souligner leur importance. Leur travail influence la façon dont la société interagit avec les personnes aînées et comment le vieillissement y est perçu.

Consultez notre page : Âgisme envers les personnes aînées et médias.

Âgisme en milieu de travail

Au Québec, les personnes aînées sont de plus en plus nombreuses à être actives et elles travaillent plus longtemps qu’auparavant. Ainsi, la proportion de personnes salariées et autonomes âgées de 55 ans et plus a connu une hausse marquée au Québec entre 2000 et 2023 selon l’Institut de la statistique du Québec.

Taux d'emploi chez les personnes âgées de 55 à 69 ans en 2000 et 2023, Québec

Plusieurs stéréotypes négatifs sont associés aux travailleuses et travailleurs âgés. Ces personnes peuvent être décrites comme moins compétentes avec la technologie ou résistantes aux changements. Elles sont aussi perçues comme étant moins productives, moins motivées, moins aptes à s’adapter et à apprendre que les personnes plus jeunes.

Âgisme à chaque étape de la vie professionnelle

L’âgisme en milieu de travail peut se manifester à travers les interactions avec les collègues, les pratiques organisationnelles ou les stéréotypes intériorisés par la personne aînée. À l’embauche, par exemple, les personnes aînées peuvent être écartées en raison de stéréotypes négatifs qui leur sont associés. Durant l’emploi, elles peuvent :

  • Rencontrer des obstacles à l’avancement professionnel ou avoir un accès inéquitable à la formation continue, comparativement au personnel plus jeune;
  • Douter de leurs capacités en raison des stéréotypes intériorisés;
  • Être exclues et subir du harcèlement en raison de leur âge;
  • Être la cible de blagues et de commentaires désobligeants liés à l’âge de la part de leurs collègues, gestionnaires et employeurs.

Lors des processus de congédiement, de mise à pied, de retour au travail ou de retraite, les employeurs peuvent faire pression sur elles de diverses manières :

  • Incitations fréquentes à prendre leur retraite;
  • Réduction du nombre d’heures de travail;
  • Assignation à des tâches désagréables;
  • Intimidation ou harcèlement;
  • Congédiements injustifiés pour des motifs liés à l’âge (p. ex., l’organisation souhaite projeter une image de jeunesse).

L’âgisme en milieu de travail peut entraîner des conséquences importantes pour les travailleurs et travailleuses et l’organisation. L’âgisme peut conduire à des absences de longue durée en raison du stress vécu et peut avoir des effets sur leur santé physique et mentale. La remise en cause de leurs compétences par l’employeur ou par les personnes elles-mêmes, par exemple, peut mener celles-ci à douter de leurs capacités et entraîner une baisse de performance.

Âgisme dans le milieu de la santé et des services sociaux

Peu d’études documentent l’ampleur et les manières dont l’âgisme se manifeste dans ce milieu. L’Organisation mondiale de la Santé rapporte néanmoins que des stéréotypes courants servent à décrire les personnes aînées. Par exemple, elles sont fréquemment vues comme une population malade, fragile, faible, déprimée, handicapée et isolée. Mais on les perçoit également comme des personnes sympathiques et chaleureuses. Qu’ils soient perçus comme bienveillants ou non, ces stéréotypes généralisent et uniformisent toute une population. Cet âgisme bienveillant ou de compassion peut notamment mener à des comportements infantilisants et réducteurs envers les personnes aînées.

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