La façon dont on aménage les quartiers influence de manière importante de nombreux déterminants de la santé. Les réseaux de transport, les bâtiments (logements, lieux d’étude ou d’emploi), les environnements naturels (parcs, espaces verts, etc.), les environnements alimentaires (commerces d’alimentation, jardin communautaire), ainsi que le design et la forme des quartiers comptent parmi les facteurs qui influencent les habitudes de vie, la santé de la population et sa résilience face aux changements climatiques.
Par exemple, les quartiers présentant une forme urbaine dense, compacte, sécuritaire, avec une mixité d’usages et verdis sont plus propices aux déplacements à pied. Ils contribuent à améliorer le niveau d’activité physique des populations qui les fréquentent. De la même manière, des infrastructures récréatives et des parcs bien entretenus et accessibles à tous et toutes favorisent la pratique d’activités physiques et de loisirs, de même que les interactions sociales. La présence d’arbres et de végétation amène aussi des effets positifs sur la santé mentale (p.ex. réduction du stress et de l’anxiété) et peut contribuer à davantage de confort pour la population en atténuant l’effet d’îlot de chaleur urbain.
À l’inverse, les quartiers monofonctionnels où les destinations se trouvent à une distance considérable et qui ne disposent pas d’infrastructures de transport actif et collectif incitent davantage à l’usage de l’automobile. Ils provoquent aussi des iniquités d’accès chez certains groupes de la population.
Approche des milieux de vie complets
Planifier et aménager un quartier, c’est agir directement sur la qualité du milieu de vie des populations. Prônée par le cadre québécois en aménagement du territoire, l’approche des milieux de vie complets semble prometteuse pour rendre les quartiers plus équitables, favorables à la santé et à la transition socioécologique. Elle est similaire aux concepts d’urbanisme de ville des 15 minutes, à l’urbanisme axé sur le transport collectif (TOD) ou encore au code basé sur la forme.
L’approche des milieux de vie complets préconise une meilleure utilisation du sol et des infrastructures publiques. Elle mise sur plusieurs caractéristiques du cadre bâti reconnues pour soutenir les déplacements actifs et collectifs et réduire la dépendance à l’automobile (les 8D) :
- Une densité suffisante de population et d’activités;
- Une diversité d’usages compatibles;
- L’accès à de multiples destinations;
- La distribution équilibrée des emplois et du logement;
- Un design urbain qui favorise les déplacements actifs (p. ex., par la connectivité du réseau de rues et des infrastructures de transport actif);
- La désirabilité de l’espace public qui se veut convivial, sécuritaire et inclusif et qui répond aux besoins de plusieurs populations et soutient le vieillissement en santé;
- Des distances réduites entre les lieux de résidence et les activités du quotidien favorisées par la compacité du bâti;
- Une gestion durable de la demande des services et infrastructures de transport (desserte en transport collectif, gestion de l’offre de stationnement, etc.).
Qu’est-ce que l’accessibilité universelle ?
Cette approche inclusive prend en compte les différents besoins et les capacités des individus. Elle vise notamment une utilisation équitable de l’environnement bâti. Ainsi, elle permet à toute personne de réaliser des activités de façon autonome et d’obtenir des résultats équivalents. La conception d’environnements universellement accessibles permet de réduire les inégalités sociales de santé et de favoriser le vieillissement en santé. Pour en savoir plus, consultez notre publication Accessibilité universelle : la conception d’environnements pour tous.
Composantes d’un milieu de vie complet
Qu’il s’agisse d’un noyau villageois, d’une petite municipalité ou d’un quartier urbain, le concept de milieux de vie complets repose sur l’accessibilité à :
- une diversité de types de logement, de lieux d’emploi ou d’étude, de commerces, de services et de modes de transports;
- des parcs, des espaces verts et des espaces publics de qualité.
Voici les principales composantes entourant ce concept et nos publications afférentes.
Offre de logement diversifiée
- Planifier une offre résidentielle saine et accessible (2022)
- Logement et inégalités sociales de santé en temps de COVID-19 : des stratégies pour des logements abordables et de qualité (2021)
- Pages Logement (à venir)
Parcs et espaces verts
- Verdir les villes pour la santé de la population (2017)
- Des actions pour une utilisation et une conception optimales des espaces verts (2019)
- Lutte contre les îlots de chaleur urbains
- Verdissement
- La biodiversité : un terreau fertile pour une action climatique municipale saine et équitable (2026)
- Densifier et verdir nos milieux de vie pour la santé des populations (à paraître)
Infrastructures récréatives
- Effets des interventions en environnement bâti sur l’activité physique de loisirs (2021)
- Des actions pour une utilisation et une conception optimales des infrastructures extérieures à vocation récréative (2021)
- Plein air de proximité — Proposition d’une typologie et de définitions (2025)
Lieux de rencontres
- Des lieux pour vieillir en bonne santé (2022)
- Des actions pour une utilisation et une conception optimales des espaces verts (2019)
- Des espaces publics plus égalitaires et inclusifs pour les femmes (2024)
Rues favorables à la mobilité durable
- Mieux partager la rue (2021)
- En route vers des environnements bâtis favorables à la mobilité durable (2019)
Services de proximité
- Revitaliser les cœurs des villes et des villages (2020)
- L’aménagement des services de garde éducatifs pour favoriser les apprentissages et le bien-être des tout-petits (2024)
- Aménager des écoles favorables à la santé et au bien-être (2021)
Densité et compacité
- Densité urbaine : quelles considérations pour la santé ? (2024)
- Pour une densification douce favorable à la santé et au climat : les leviers municipaux (2026)
Modes de transport diversifiés
- Transport et mobilité (page à venir)