Santé des femmes

Le parcours de vie des femmes est jalonné d’enjeux de santé particuliers. Par exemple, elles adoptent plus volontiers de saines habitudes de vie que les hommes, sauf pour l’activité physique. Elles vivent aussi un peu plus longtemps. Toutefois, l’écart entre les deux groupes pour l’espérance de vie diminue.

Les femmes sont plus souvent victimes de violence interpersonnelle et davantage exposées à certains risques au travail comparativement aux hommes. Elles vivent plus souvent avec des troubles mentaux, mais demandent davantage d’aide à ce sujet. Enfin, la santé reproductive occupe une place importante et en évolution constante à l’égard de leur santé.

Cette page présente les travaux de l’INSPQ en lien avec l’amélioration et le maintien de la santé des femmes au Québec.

Dans cette page, les termes « hommes » et « femmes » réfèrent au sexe assigné à la naissance ou à l’identité de genre, selon la source de données et le moment de la collecte.

Habitudes de vie

Toutes proportions gardées, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à fumer la cigarette et à consommer du cannabis. La consommation excessive d’alcool est aussi moins répandue chez les femmes, à l’exception des 15 à 24 ans où la proportion est semblable chez les deux genres.

Cependant, la proportion de filles du secondaire suffisamment actives dans les loisirs et les transports est plus faible que chez les garçons : le quart des filles sont considérées comme actives, comparativement à plus du tiers des garçons. Voir nos indicateurs sur les habitudes de vie.

Maladies chroniques — cancer

Comme chez les hommes, le cancer représente la principale cause de décès chez les femmes. Environ trois femmes sur dix décèdent d’un cancer, alors que moins de deux sur dix meurent à la suite d’une maladie cardiaque. Consultez notre indicateur sur les principales causes de décès.

Le cancer du poumon entraîne le plus grand nombre de décès par cancer chez les femmes. Pourtant, c’est le cancer du sein qui est le plus fréquemment détecté dans ce groupe.

Chez les personnes ayant survécu au cancer, les femmes conservent un profil plus favorable que les hommes à l’égard des habitudes de vie, sauf pour l’activité physique. Toutefois, elles sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à subir des problèmes financiers et des répercussions au travail.

Contraception

Les méthodes contraceptives les plus utilisées en 2020-2021 étaient la pilule contraceptive, suivie de près par le condom. Le stérilet et la vasectomie arrivaient respectivement en 3e et 4e place.  

Pour le personnel de la santé, consultez le Protocole de contraception du Québec.

Les grossesses non planifiées ou non désirées affectent la santé et le bien-être des adultes concernés et de leurs enfants. Elles sont notamment associées à une augmentation des risques médicaux liés à la grossesse, à l'accouchement ou à l'avortement. Chez les femmes, les grossesses non planifiées/désirées sont associées à un risque accru de dépression et d’anxiété. Elles augmentent aussi les risques de subir de la violence interpersonnelle et d’adopter des comportements à risque comme la consommation d’alcool ou de drogues.

Au Québec, le taux d'interruption volontaire de grossesse constitue un des indices de grossesses non planifiées/désirées. Ce taux a diminué depuis le début des années 2000 jusqu’en 2018, particulièrement chez les jeunes de 14 à 24 ans. De 2020 et 2023, il est demeuré plutôt stable. 

Santé reproductive

Au cours des dernières années, le Québec a connu une diminution des naissances. L’âge moyen à l’arrivée de bébé augmente constamment et les grossesses à l’adolescence se font plus rares. En somme, la fécondité change au Québec et la prévention au sujet de la contraception, de la grossesse et de la période périnatale doit tenir compte de ces nouvelles réalités. Consultez nos pages Parentalité et petite enfance.

Santé des travailleuses

En 2020-2021, environ une personne au travail sur trois souffrait d’un trouble musculosquelettique lié à son emploi. Cette proportion était plus élevée chez les femmes que les hommes. De même, davantage de travailleuses que de travailleurs éprouvaient un niveau élevé de détresse psychologique lié au travail.

Selon les dernières données d’enquêtes populationnelles québécoises, toutes industries et professions confondues, les travailleuses se trouvent proportionnellement plus exposées aux risques psychosociaux au travail que leurs collègues masculins. Parmi les risques psychosociaux figurent le faible niveau de reconnaissance et d’autonomie décisionnelle, les exigences psychologiques élevées (ou charge de travail élevée) et le harcèlement psychologique ou sexuel à l’occasion du travail.

Les travailleuses enceintes ou allaitantes peuvent être également exposées à divers risques pour leur santé, celle du bébé à naître ou celle de l’enfant allaité. Consultez notre page Maternité et travail.

Santé mentale

Toutes proportions gardées, les filles du secondaire sont moins nombreuses à avoir une santé mentale florissante. Comparativement aux hommes, les femmes éprouvent davantage de troubles anxio-dépressifs. Quant à l’utilisation des services hospitaliers, les jeunes filles (10-14 ans), les adolescentes (15-19 ans) et les jeunes femmes (20-34 ans) ont un taux plus élevé de visites aux urgences pour des tentatives de suicide ou des idées suicidaires, que les autres groupes de la population. Rappelons que le taux de mortalité par suicide est trois fois moins élevé chez les femmes que chez les hommes. Consultez nos pages sur la santé mentale.

Violence

La violence interpersonnelle (ex. : intimidation, violence sexuelle, violence conjugale, maltraitance envers les personnes aînées) est présente dans tous les groupes sociaux. Cela dit, les femmes demeurent plus susceptibles d’être victimes de violence interpersonnelle que les hommes, à l’exception des voies de fait et homicides commis en dehors du contexte conjugal.

En 2022, les femmes représentent 89 % des victimes d’agressions sexuelles, 76 % des victimes d’infractions commises en contexte conjugal et 100 % des victimes d’homicides survenus en contexte conjugal. Par ailleurs, environ quatre femmes sur dix de 18 ans et plus déclarent avoir subi au moins un acte de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie.

La violence à l'égard des femmes entraîne un éventail de conséquences sur la santé mentale et physique des personnes victimes, sur leur vie sociale et économique, sur leur entourage et sur la société en général. Les stratégies de prévention doivent cibler les causes profondes et les facteurs associés à la violence et agir dans plusieurs milieux de vie et les environnements socioculturel, physique, politique et économique. Pour en savoir plus, consultez nos pages Prévention de la violence interpersonnelle.

Si vous êtes victime de violence conjugale et avez besoin d’aide, appelez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez https://sosviolenceconjugale.ca/.

Milieux de vie et sécurité

L’aménagement des infrastructures et des espaces publics peut avoir des effets positifs ou délétères sur la santé physique et mentale des femmes. L’utilisation et la fréquentation des espaces publics encouragent la pratique d’activités physiques, la participation socioéconomique et les interactions sociales des femmes. Les iniquités de genre semblent exister dans tous les espaces publics et dans tous les milieux. Néanmoins, elles paraissent plus évidentes dans les milieux défavorisés socioéconomiquement. L’accès, la mobilité et la perception de sécurité peuvent faciliter ou entraver l’utilisation des espaces publics par les femmes. Consultez notre publication : Des espaces publics plus égalitaires et inclusifs pour les femmes.

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