Veille en santé des Autochtones, juin 2026
Dans ce bulletin de veille scientifique en santé des Autochtones, vous retrouverez six publications résumées brièvement et dont la pertinence pour l’action de santé publique est exposée. Cliquez sur le titre pour accéder à la publication.
Revues de littérature
Au Canada, la couverture vaccinale des communautés des Premières Nations est encore sous-optimale. À cet égard, les barrières et les facilitants à la vaccination pendant l’enfance spécifiques à ces communautés n’ont pas encore été synthétisés. Cette revue rapide les répertorie à différents niveaux : liés aux parents, liés aux prestataires de soins et liés au système de santé. L’hésitation vaccinale y est expliquée par une interaction complexe entre des facteurs socioculturels (ex. : enjeux de communication), émotionnels (ex. : peur des aiguilles), logistiques (ex. : offre de transport) et institutionnels (ex. : heure des rendez-vous). Celle-ci est exacerbée par une méfiance envers le système de soins et les institutions.
La décolonisation est un concept complexe et son application dans les pratiques de soins de santé est parfois difficile à saisir pour le personnel soignant non autochtone. Dans cette revue, ce qui ressort de la recherche récente à l’échelle mondiale est la reconnaissance de l’importance de l’autodétermination en santé, ainsi que des dynamiques d’oppression systémiques liées au colonialisme, influençant les inégalités sociales de santé. Les gestes et les paroles qui soutiennent concrètement la gouvernance autochtone, et qui intègrent les savoirs autochtones aux savoirs occidentaux mèneraient à un véritable partage des pouvoirs. Par exemple, le recours au récit lors d’une consultation médicale valorise les savoirs autochtones, tout en s’éloignant du scripte occidental qui dicte la rencontre entre le soignant et le patient.
Dans la littérature concernant les Autochtones, la culture est souvent décrite comme un facteur de protection, une force qui contribuerait à l’amélioration et au maintien de la santé. L’hétérogénéité des réalités autochtones et les multiples définitions de la culture limiteraient toutefois la capacité à quantifier les associations entre culture et santé. Cette revue décrit les mesures répertoriées dans les études quantitatives sur une période de dix ans. On y retrouve notamment le sentiment d’appartenance, la langue et la médecine traditionnelle. Ces éléments sont majoritairement opérationnalisés par les comportements et les croyances. Selon les auteurs, la richesse des cultures autochtones pourrait être impossible à représenter quantitativement.
Les expériences positives pendant l’enfance sont les atouts et les ressources qui favorisent un développement sain et le mieux-être des enfants. Cette revue de la portée se penche sur leur association avec la santé mentale chez les enfants et les adultes autochtones. Les expériences classées en quatre domaines (relations, culture, langue et identité) rappellent que le mieux-être est favorisé de multiples manières. Notons l’accès pendant l’enfance à des relations significatives, ainsi qu’à des activités et des espaces culturels enrichissants, y compris l’accès au territoire, et à des occasions de découverte de soi aidant à trouver sa voie.
Recherches participatives
Le taux de tuberculose au Nunavik est l’un des plus élevés dans le monde. Pourtant, malgré l’abondance de données de surveillance diffusées, la littérature présente peu le vécu des personnes concernées. Cette recherche participative ancrée dans les méthodologies autochtones met de l’avant l’expertise et les expériences des Inuit concernant les soins de la tuberculose. Sept appels à l’action sont proposés afin que l’individu soit placé au centre des soins. Soulignons notamment l’augmentation de l’offre locale de dépistage et de soins, la réduction du stigma entourant la maladie, l’embauche de personnel soignant inuit, et la mise en œuvre d’une formation en sécurisation culturelle créée et gérée par des Inuit.
Cette initiative de cocréation de messages de santé publique sur l’alimentation et le mieux-être se distingue par un solide partenariat avec des experts du domaine, des personnes aînées, ainsi que des jeunes néo-zélandais. Ces derniers sont impliqués comme des créateurs à part entière plutôt que de simples destinataires. Ce projet intègre les savoirs autochtones aux données probantes pour formuler des conseils tangibles et culturellement pertinents en matière de santé. Les jeunes ont priorisé des messages incitatifs et inspirants (essayons de…) plutôt que prescriptifs, privilégiant le cheminement sur un continuum de comportements sains plutôt que sur des objectifs chiffrés. L’utilisation de mots et de concepts maoris renforce la pertinence culturelle des recommandations.
Nouvelle publication de l’INSPQ
En complément à une synthèse de connaissances, un guide pour soutenir l’action en promotion du mieux-être en en prévention du suicide est proposé. Des exemples d’initiatives existantes et des histoires de cas illustrent les sept principes recensés.