Hépatite C – Portrait de la labovigilance des génotypes au Québec de 2001 à 2022
- Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) réalise les tests de génotypage du virus de l’hépatite C (VHC) pour le réseau de la santé. Pendant près de deux décennies, il a été nécessaire de connaître le génotype du VHC pour entreprendre une thérapie antivirale appropriée. La connaissance des génotypes du VHC permet une meilleure compréhension de l’épidémiologie moléculaire de cette infection au Québec.
- Le nombre de cas d’infection au VHC génotypés de novembre 2001 à décembre 2022 s’élève à 24 413, ce qui représente environ les trois quarts des cas déclarés pour la même période.
- Le nombre de cas génotypés diminue progressivement, passant de 2003 cas en 2002 à 393 cas en 2022. Le fait de ne plus avoir besoin de connaître le génotype du VHC pour débuter un traitement antiviral, ainsi que la pandémie de la COVID-19, explique en partie le faible nombre de cas génotypés au cours des dernières années.
- La proportion des divers génotypes et sous-types du VHC demeure assez stable de 2001 à 2022. Ceci indique qu’il n’y a probablement pas eu de changement important dans l’épidémiologie de l’infection au Québec.
- Entre 2001 et 2022, on observe une augmentation graduelle de l’âge moyen des cas génotypés. Cette augmentation est plus prononcée chez les individus de sexe masculin que chez ceux de sexe féminin.
- Le G1a est identifié comme le sous-type le plus fréquent chaque année. Il représente 46 % de l’ensemble des cas génotypés. Le G3a est le deuxième sous-type le plus fréquent, avec 26 % des cas, suivi du G1b, avec 12 % des cas. Ces cas représentent donc 84 % de la totalité.
- On observe des agrégats parmi les génotypes les plus fréquents, soit les G1a, G1b, G2a, G2b et G3a ainsi que parmi le G4d. Cela indique que ces sous-types sont transmis localement. Il est possible que ces infections soient favorisées par des comportements à risque, comme l’usage de drogues injectables, et par la présence de réseaux de transmission du VHC.
- Les régions sociosanitaires (RSS) présentent des variations dans la proportion des sous-types et des génotypes. En outre, les RSS de Montréal et de Laval comptent pour la plus grande proportion des sous-types et génotypes autres que 1a, 2a, 2b, 3a, 4d et 5a, ce qui pourrait s’expliquer par la présence d’une population immigrante proportionnellement plus importante comparativement aux autres RSS.
- L’introduction d’antiviraux à action directe pangénotypiques a modifié l’incitation clinique au génotypage du VHC, ce qui signifie que le nombre de cas génotypés continuera d’être à la baisse par rapport aux cas déclarés. Dans ce contexte, il serait opportun de réévaluer le rôle du génotypage dans la surveillance et le suivi de l’évolution épidémiologique de l’infection au VHC au Québec.