Agressions sexuelles chez les personnes mineures autochtones : survol de la problématique
Cette synthèse des connaissances mobilise la littérature scientifique sur les agressions sexuelles durant l’enfance chez les Autochtones, c’est-à-dire celles commises sur une personne mineure, un enfant au sens légal du terme. Plus précisément, elle recense et décrit les facteurs qui augmentent ou diminuent le risque d’agressions sexuelles durant l’enfance, ses conséquences possibles et les stratégies pour les prévenir en contextes autochtones. Voici les constats qui se dégagent des 11 articles retenus à la suite de la recherche documentaire :
- Diverses conséquences sur la santé mentale de la personne victime ont été étudiées : dépendance, problèmes psychologiques et idées ou comportements suicidaires. Des conséquences relationnelles sont également recensées, comme des problèmes relationnels avec les parents et des comportements délinquants. Ce portrait des conséquences est néanmoins partiel.
- Être une fille et vivre des dysfonctions familiales (p. ex. : autres expériences de violence en tant que victime ou témoin) sont des facteurs liés au risque de vivre des agressions sexuelles durant l’enfance. À cet égard, l’influence de caractéristiques individuelles et familiales est la plus étudiée. Pourtant des caractéristiques environnementales, comme la culture du silence et du tabou, auraient aussi un rôle à jouer.
- Au niveau communautaire, l’addition de différents facteurs, comme l’isolement géographique et social des communautés, et les logements surpeuplés, est associée à un plus grand risque de vivre des agressions sexuelles durant l’enfance. Il en est de même avec le fait d’avoir un membre de la famille qui a fréquenté les pensionnats autochtones ou d’avoir été placé dans une famille d’accueil. Ces facteurs, ancrés dans les répercussions du colonialisme, se manifesteraient particulièrement dans les populations autochtones.
- Le soutien familial est le seul facteur de protection recensé des agressions sexuelles durant l’enfance. Une compréhension plus fine de l’influence d’autres facteurs comme le soutien communautaire, la culture et l’identité serait pertinente.
- Des pistes d’action visant l’environnement social, les milieux familiaux ou les enfants, ainsi que les services de soutien offerts aux victimes, à leurs proches et aux témoins sont répertoriées. Toutefois, l’efficacité des stratégies de prévention en contextes autochtones n’a pas pu être dégagée à partir de la littérature retenue.