L’encadrement des boissons énergisantes caféinées pour la santé et le mieux-vivre des adolescents
- En 2022-2023, un jeune sur 16 consommait chaque semaine une boisson énergisante caféinée sucrée et un jeune sur 100 en consommait chaque jour, une hausse par rapport à 2017-2018.
- Les boissons sucrées, dont font partie les boissons énergisantes sucrées, demeurent la première source de sucre dans l’alimentation de la population québécoise. Leur consommation est plus importante chez les jeunes et soulève des préoccupations. Le sucre a des effets importants et néfastes sur la santé de la population en augmentant le risque de diabète de type 2, de surpoids, de maladies cardiovasculaires et de nombreuses autres maladies.
- Les effets indésirables sur la santé des boissons énergisantes tels que l’insomnie, l’agitation, des maux de tête et l’augmentation du rythme cardiaque sont principalement liés à la caféine. Les effets négatifs des boissons énergisantes sur la santé s’observent autant pour une consommation ponctuelle que pour une consommation quotidienne. Ils sont aussi plus intenses chez les jeunes.
- Une étude scientifique suggère une réduction de la consommation après une interdiction de la vente de boissons énergisantes chez les jeunes. Certains effets non recherchés de cette interdiction sont aussi à considérer : les consommateurs pourraient substituer les boissons énergisantes par d’autres produits nocifs pour la santé (p. ex., autres produits plus caféinés ou sucrés) ou se tourner vers le marché informel.
- L’interdiction de la vente aux moins de 16 ans pourrait s’insérer dans une approche combinant un ensemble d’actions cohérentes. Plusieurs pays ont mis en œuvre d’autres mesures pour réduire la consommation de boissons énergisantes : la restriction de la publicité ou des lieux de ventes, le contrôle des ingrédients, la reformulation des quantités de caféine et de sucre, la taxation et l’étiquetage obligatoire de mise en garde.
- Certaines de ces mesures, comme la taxation des boissons sucrées, ont démontré leur efficacité pour améliorer la santé de la population, incluant chez les plus jeunes. Elles pourraient aussi réduire la consommation de boissons énergisantes chez les groupes de personnes qui en boivent le plus — les 18-24 ans — ou chez les personnes à risque de plus de 16 ans. Les coûts et l’acceptabilité de ces mesures doivent aussi être considérés.
- Le cas échéant, il serait intéressant de réfléchir à un mécanisme de suivi de l’interdiction permettant d’en déterminer l’efficacité et la distribution des effets afin d’effectuer les changements nécessaires au besoin. En particulier, il pourrait intégrer les effets sur les jeunes consommant des médicaments ou avec des comorbidités, ainsi que la capacité à appliquer l’interdiction.
Document déposé à l'Assemblée nationale