Utilisation des climatiseurs mobiles et des ventilateurs électriques en milieux de soins

Les épisodes de chaleur ont des effets marqués sur la santé des populations, particulièrement chez certains individus plus vulnérables, dont ceux hospitalisés ou hébergés en milieux de soins (Lenzer et al., 2020). Selon une étude récente publiée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ, 2025), un total de 13 vagues de chaleur extrême régionales sont survenues au Québec en 2023 et 2024, touchant 10 régions sociosanitaires. Durant ces vagues de chaleur, les taux de mortalité ont été supérieurs à ceux observés aux mêmes périodes lors des années précédentes 
(INSPQ, 2025). Les auteurs de cette étude estiment qu’il y aurait eu en moyenne 623 décès attribuables à la chaleur par année au Québec, entre 2010 et 2024.

Les installations de soins représentent des milieux qui regroupent une grande proportion de personnes présentant une vulnérabilité significative aux effets de la chaleur extrême. Selon l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP), 50 % des chambres se situant en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) au Québec sont maintenant climatisées, ce qui représente une augmentation de 19,4 % entre 2019 et 2024 (AQRP, 2025). La majorité des CHSLD aurait par ailleurs au moins une aire commune climatisée (Porter, 2024) et tous les usagers hébergés en CHSLD qui en font la demande peuvent bénéficier de la climatisation dans leur chambre (AQRP, 2025).

Malgré une nette amélioration, ces informations démontrent qu’il existe toujours des lieux non climatisés dans les milieux de soins, ce qui peut amener l’utilisation d’appareils d’appoint permettant d’améliorer le confort des usagers, particulièrement lors des épisodes de chaleur extrême.

L’utilisation de ces appareils peut toutefois représenter un risque pour la transmission des infections en milieux de soins. En effet, les mouvements d’air créés peuvent soulever des particules comportant des microorganismes pathogènes (Shropshire Community Health, 2022; Winnipeg, 2022; Wong et al., 2022). Les appareils de ventilation peuvent eux-mêmes devenir contaminés (Shropshire Community Health, 2022), tel que démontré par les études de Alsaffar et al. (2018) et de Dhanda et al. (2019) sur des ventilateurs avec et sans pales. Une éclosion d’infection par Acinetobacter baumanii impliquant neuf cas dans une unité de grands brûlés aux États-Unis a d’ailleurs été associée à l’utilisation de ventilateurs de table dans les chambres des patients (Mada et Alam, 2023).

L’accumulation d’eau dans certains climatiseurs, soit dans un réservoir ou par un mauvais entretien de l’appareil, peut également être associé à un risque pour la croissance des légionelles et des moisissures, ce qui peut éventuellement exposer les usagers à ces agents pathogènes. Il semble toutefois qu’aucun cas de légionellose relié à une exposition à ce type d’appareils ne soit rapporté dans la littérature.

Il demeure donc pertinent de produire des recommandations sur l’utilisation de ces appareils d’appoint en milieux de soins, afin de diminuer le risque de transmission d’infections.

Auteur(-trice)s

  • Jasmin Villeneuve
    M.D., Direction des risques biologiques et de la santé au travail, Institut national de santé publique du Québec

Type de publication

ISBN (électronique)

978-2-555-04132-5

Notice Santécom

Date de publication