Infractions contre la personne dans les lieux publics et sentiment de sécurité : portrait différencié entre les femmes et les hommes

Ce rapport présente un portrait québécois des infractions contre la personne commises dans les lieux publics déclarées par la police et du sentiment de sécurité à l’égard de la criminalité. L’analyse réalisée a permis de faire ressortir certaines différences notables entre les femmes et les hommes. Les principaux constats qui s’en dégagent sont les suivants :

  • Pour la période de 2018 à 2022, le taux global d’infractions contre la personne déclarées par la police commises dans les lieux publics au Québec a augmenté de 19,0 %. Cette augmentation est davantage marquée chez les hommes (+21,7 %) que chez les femmes (+15,0 %).
  • La grande majorité des infractions sexuelles commises dans les lieux publics sont perpétrées envers les femmes, ce qui inclut notamment les agressions sexuelles, les contacts sexuels et le voyeurisme, alors que les hommes sont les principales victimes d’homicides et de tentatives de meurtre. Les femmes sont aussi les principales victimes de communications indécentes ou harcelantes, et de harcèlement criminel dans ces lieux.
  • Chez les femmes, ce sont les adolescentes de 12 à 17 ans qui sont davantage victimes d’une infraction dans les lieux publics, alors que pour les hommes, la plus grande proportion des infractions sont commises envers les 25 à 34 ans.
  • L’auteur présumé est une personne connue de la victime pour près des deux tiers des infractions commises envers une femme, et pour un peu moins de la moitié des infractions commises envers un homme.  
  • Les femmes, peu importe leur appartenance ou non à un groupe particulier, se sentent moins en sécurité que les hommes quand il fait noir lorsqu’elles marchent seules dans leur voisinage ou qu’elles utilisent seules le transport en commun. Comparativement aux autres femmes, celles issues de minorités visibles se sentent encore moins en sécurité lorsqu’elles marchent seules. Ce constat doit cependant être interprété avec prudence en raison du petit échantillon sur lequel il est basé.
  • Les femmes sont plus susceptibles de prendre des mesures de précaution que les hommes pour être plus en sécurité à l’égard de la criminalité, telles que prendre un moyen de transport plutôt que de marcher, déterminer son trajet en fonction de sa sécurité personnelle ou rester à la maison en soirée par peur de sortir seule.
  • Il existe des écarts importants entre les femmes et les hommes en matière de sécurité et du sentiment de sécurité dans les lieux publics. Pour atteindre l’égalité dans ces lieux, il importe de tenir compte de ces différences dans les mesures mises en place pour les rendre plus sécuritaires.

Auteur(-trice)s

ISBN (électronique)

978-2-555-03775-5

Notice Santécom

Date de publication