Expérience d’infertilité et problèmes de santé
Pour l’Organisation mondiale de la Santé, l’infertilité est une maladie du système reproducteur qui se manifeste par une incapacité à parvenir à une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés. En date de 2022, elle estimait à environ 16,7 % la prévalence d’infertilité au niveau mondial. Bien que les causes et les facteurs de risque de l’infertilité soient bien connus et documentés, des auteurs ont récemment proposé que le fait de vivre ou d’avoir vécu de l’infertilité pourrait être associé à une moins bonne santé mentale et physique. Par conséquent, cette synthèse rapide des connaissances explore les associations entre le fait de vivre ou d’avoir vécu de l’infertilité, et la prévalence ou le risque de problèmes de santé mentale et physique.
Les constats suivants peuvent être dégagés de la littérature :
- Les personnes qui vivent de l’infertilité semblent être davantage affectées sur le plan psychologique, comparativement aux personnes qui n’ont pas d’antécédent connu d’infertilité. Cela se traduit par une prévalence plus élevée de dépression et d’anxiété, et ce, de manière plus marquée chez les femmes que chez les hommes infertiles.
- Le fait d’avoir vécu de l’infertilité semble être associé, surtout chez les femmes, à des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires, de cancer du sein, de l’endomètre ou des ovaires, ainsi qu’à un risque plus élevé de mortalité. Ces associations ont été observées aussi bien à court terme qu’à long terme, mais elles ne permettent cependant pas de conclure que l’infertilité elle-même cause ces problèmes de santé.
- La littérature suggère que des pathologies ou des facteurs de risque communs à l’infertilité et à certains problèmes de santé (p. ex., le dérèglement de certaines hormones) pourraient expliquer les liens entre l’expérience d’infertilité et la santé à long terme. Le diagnostic d’infertilité pourrait également constituer un signe avant-coureur d’une moins bonne santé globale.
Une stratégie de recherche documentaire de la littérature scientifique a permis de répertorier 61 études primaires. Ces études sont hétérogènes, tant en ce qui concerne la méthodologie que les constats des études. D’une part, l’expérience ou les antécédents d’infertilité n’étaient pas mesurés de la même façon d’une étude à l’autre. Les devis de recherche et les analyses statistiques choisis étaient aussi très variables. D’autre part, la littérature analysée portait sur une vaste gamme de problèmes de santé mentale et physique. Cette importante hétérogénéité limite la mise en commun et la comparaison des résultats des études analysées.
En somme, cette synthèse soulève que le fardeau de l’infertilité pourrait s’étendre au-delà de l’incapacité à concevoir un enfant, et affecter la santé mentale et physique des personnes concernées par cette condition, particulièrement les femmes. Pour donner suite à ces constats, il serait pertinent de mieux quantifier et documenter l’ampleur de l’infertilité.