Usage de produits de vapotage, d’alcool, de cannabis et de tabac chez les jeunes : besoins et pistes d’action pour mieux intervenir
À l’échelle provinciale, la proportion de jeunes qui consomme des substances psychoactives comme le tabac, l’alcool et le cannabis est en diminution depuis plusieurs années, alors que l’usage de la cigarette électronique fait exception à cette tendance. Également, des différences non négligeables existent entre les régions du Québec en ce qui a trait à la proportion de jeunes faisant usage de ces substances psychoactives, en particulier en ce qui concerne la cigarette électronique.
Ce rapport s’appuie sur le contenu de 35 entrevues individuelles réalisées auprès de professionnels provenant de six régions du Québec impliqués auprès des jeunes. Il s’inscrit en complémentarité avec deux rapports précédemment publiés (Lasnier et al., 2023; Montreuil et Brisson, 2024). Le document présente d’abord les principales interventions identifiées par les participants et participantes pour prévenir l’usage de substances psychoactives et ses conséquences. Par la suite, les besoins et pistes d’action potentielles mentionnés lors des entrevues pour améliorer l’offre de services de prévention en matière de consommation de substances psychoactives chez les jeunes sont rapportés.
Les principaux constats issus de ces entrevues qui ressortent des propos des personnes rencontrées se résument comme suit :
- Les activités conçues par les intervenants et intervenantes et réalisées de manière ponctuelle sont le moyen de prévention le plus souvent nommé lors des entrevues. Ces activités prennent la forme, par exemple, de kiosques d’information et de pose d’affiches dans l’école sur les conséquences de l’usage.
- Quelques participants et participantes ont fait mention de programmes de prévention reconnus visant l’ensemble des élèves (p. ex. : Action Toxicomanie), mais peu ont souligné le recours à des interventions plus spécifiquement destinées aux jeunes qui présentent des facteurs de risque associés à l’usage.
Les besoins et pistes d’action nommés concernent une diversité d’acteurs et touchent à la fois les ressources humaines (p. ex. : formation suffisante, l’attribution des responsabilités aux bonnes personnes), les modalités de financement (p. ex. : l’attribution des sommes en fonction du niveau de défavorisation, la souplesse dans la manière d’utiliser l’argent octroyé) et la création d’environnements favorables à la santé pour les jeunes spécifiquement (p. ex. : plus grande diversité d’infrastructures de sports et de loisirs, meilleur accès au transport en commun). Les éléments nommés incluent aussi le besoin de réviser les approches adoptées (p. ex. : remise en question du recours aux approches punitives, possibilité de faire de la prévention de l’usage dès l’école primaire lorsque requis, etc.) et le contenu véhiculé (p. ex. : rejoindre/sensibiliser les parents, revoir les stratégies pour rejoindre les jeunes, adopter une approche plus globale de la santé), ainsi que le besoin de revoir les modalités d’encadrement, notamment en matière d’alcool et de vapotage (p. ex. : agir sur l’accessibilité économique).
Pour en savoir plus
- Usage de produits de vapotage, d’alcool, de cannabis et de tabac chez les jeunes : étude qualitative auprès d’intervenants dans six régions du Québec
- Disparités régionales dans l’usage de substances psychoactives chez les élèves québécois : données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017