Portrait de l’infarctus aigu du myocarde de 2006 à 2022
L’infarctus aigu du myocarde, appelé communément « crise cardiaque », est la conséquence d’une insuffisance ou d’une interruption de l’apport sanguin dans l’une des artères qui nourrissent le cœur. Il est inclus dans la famille des maladies appelées cardiopathies ischémiques. Cette étude fait un portrait de l’infarctus après hospitalisation, avec une attention particulière aux différences entre les femmes et les hommes.
Selon les plus récentes données, chaque jour, 60 personnes sont hospitalisées pour la première fois pour un infarctus aigu du myocarde au Québec. Parmi les personnes déjà hospitalisées pour infarctus, près de 54 décèdent chaque jour de différentes causes. Il s’agit d’un taux de décès toutes causes confondues 4 fois supérieur comparativement aux personnes n’ayant jamais été hospitalisées pour un infarctus.
De 2006 à 2022, dans la population québécoise de plus de 20 ans, l’incidence (nouveaux cas), la prévalence (nombre total de cas) et la mortalité de l’infarctus après hospitalisation, pour les deux sexes, sont demeurées stables lorsque standardisées pour le vieillissement de la population. Cependant, lorsqu'elles sont séparées par sexe, il y a eu une augmentation de l’incidence et de la prévalence chez les femmes, et une diminution chez les hommes.
Il est nécessaire de porter une attention accrue aux femmes âgées de 50 ans et plus, car :
- Tout au long de la période étudiée, on constate davantage de décès toutes causes confondues chez les femmes déjà hospitalisées pour infarctus aigu du myocarde que chez les hommes, alors que l’incidence est moindre. Les femmes sont donc moins hospitalisées pour des infarctus, mais quand elles le sont, elles présentent un taux de mortalité supérieur dans les années qui suivent. C’est chez les femmes âgées de 50 à 64 ans que cet écart est le plus grand comparativement aux hommes : en 2022, le taux de mortalité est presque le double (1,7 fois) chez les femmes tandis que la prévalence est 3 fois supérieure chez les hommes.
- Pour la période étudiée, en moyenne, les femmes font un premier infarctus à un âge plus avancé que les hommes : en 2022, cet écart était de 5 ans de plus, soit à 76 ans. Après l’infarctus, elles décèdent aussi à un âge plus avancé que les hommes, 4 ans de plus en 2022, soit à 84 ans.
- De nombreuses différences biologiques, ainsi que des biais et certains déterminants sociaux de la santé, risquant tous de s’influencer, peuvent expliquer ces disparités entre les sexes. Parmi ces différences, il y a notamment des mécanismes distincts de l’infarctus chez la femme; des facteurs de risque spécifiques, tels que ceux associés à la grossesse et à la ménopause; une perception erronée que les femmes ne font pas d’infarctus; des symptômes plus nombreux et non thoraciques; des délais de traitement plus longs; des complications plus élevées, etc.
- D’autres études sont nécessaires pour identifier davantage les facteurs qui peuvent expliquer ces divergences et les atténuer. Des campagnes d’information et de sensibilisation devraient aussi cibler les femmes pour augmenter la conscience de leur risque d’infarctus et la promotion d’une bonne santé cardiovasculaire.