COVID-19 – Pandémie, emploi et télétravail

Sondages sur les attitudes et comportements de la population québécoise

Pour combattre la pandémie de la COVID-19, il a été nécessaire d’implanter de strictes mesures de prévention telles que le confinement et la distanciation physique. Ces mesures ont eu des conséquences importantes sur l’activité économique au Québec. En effet, plusieurs entreprises et services ont dû temporairement cesser ou ralentir leurs activités. Des parents ont dû s’absenter de leur lieu de travail pour prendre soin de leurs enfants dans le contexte où les écoles et les services de garde étaient fermés. Par conséquent, des travailleuses et travailleurs se sont retrouvé(e)s sans-emploi, ont diminué leur prestation de travail ou ont dû s’adapter à de nouvelles conditions de travail en faisant, entre autres, du télétravail.

À retenir

  • Près du quart des Québécois(es) rapportent une diminution du revenu de leur ménage depuis le début de la pandémie.
  • 17 % des 18-64 ans étaient sans-emploi au 31 mai alors qu’il s’agissait de 29 % au 16 avril.
  • Au 31 mai, près de la moitié des gens en emploi faisait du télétravail. Six travailleurs en télétravail sur 10 souhaiteraient poursuivre le télétravail.

Méthodologie et source des données

Du 21 mars au 31 mai 2020, des sondages Web ont été réalisés auprès de 1 000 adultes québécois par jour. Le questionnaire comportait approximativement 20 questions qui ont été adaptées en fonction de l’évolution du contexte et des mesures de confinement – « déconfinement ». Les résultats ont été pondérés selon certains facteurs sociodémographiques (sexe, âge, région, langue, composition du ménage) pour être représentatifs de la population québécoise. Des questions mesuraient le statut d’emploi et, pour les travailleurs, le fait d’être en télétravail. Du 16 avril au 31 mai, la question sur l’emploi a été ajustée, afin de pouvoir distinguer la population active et calculer des taux de chômage temporaires. Pour cette même période, une question mesurait aussi les impacts de la pandémie sur le revenu de leur ménage, tels que perçus par les répondants.

Enfin, les résultats présentés doivent être interprétés avec prudence étant donné l’échantillonnage non probabiliste.

Résultats

Au 31 mai dernier, le quart des Québécois(es) (24 %) rapportaient une diminution du revenu de leur ménage depuis le début de la pandémie et elle était qualifiée d’importante par 7 %. Plus de six personnes sur dix (65 %) disaient toutefois que le revenu de leur ménage était resté le même depuis le 12 mars. Les changements perçus dans le revenu du ménage depuis le début de la pandémie sont présentés sous forme de moyenne mobile sur trois jours à la figure 1. Le nombre de personnes rapportant une diminution du revenu de leur ménage a connu une baisse constante entre le 16 avril et le 31 mai.

Figure 1 - Évolution des changements perçus dans le revenu du ménage, moyenne mobile sur trois jours du 16 avril au 31 mai 2020

Figure 1 - Évolution des changements perçus dans le revenu du ménage, moyenne mobile sur trois jours du 16 avril au 31 mai 2020

Pour la période du 21 au 31 mai, 51 % des 18-64 ans étaient en emploi (incluant les gens en congé de maladie ou parental), alors que 23 % étaient sans-emploi (incluant 10 % en arrêt de travail à cause de la pandémie). La proportion de personnes inactives (retraité(e)s, étudiant(e)s, à la maison) pour cette même date était de 35 %, ce qui donne un taux de chômage temporaire de 21 %.

Entre le 16 avril et le 31 mai, une tendance à la baisse du nombre de travailleuses et travailleurs âgé(e)s entre 18 et 64 ans sans-emploi a été observée. La figure 2 présente la proportion de personnes en emploi, sans-emploi ou en arrêt de travail et inactives sous forme de moyenne mobile sur trois jours1.

Peu importe la période, davantage de jeunes adultes, de personnes âgées de 55 à 64 ans et de personnes ayant une éducation de niveau secondaire ou moins étaient en arrêt de travail ou sans-emploi depuis le début de la pandémie. Ces mêmes catégories de personnes étaient aussi moins nombreuses à être en télétravail.


1 Plutôt que de présenter les valeurs quotidiennes, une moyenne est calculée sur trois jours de collecte consécutifs (le jour précédent, le jour actuel et le jour suivant). Cette approche permet de lisser les fluctuations transitoires entre deux points de collectes et permet de mieux apprécier les tendances à long terme.

Figure 2 - Statut d’emploi, personnes âgées entre 18 et 64 ans, moyenne mobile sur trois jours, du 16 avril au 31 mai 2020

Figure 2 - Statut d’emploi, personnes âgées entre 18 et 64 ans, moyenne mobile sur trois jours, du 16 avril au 31 mai 2020

Entre le 21 mars et la mi-avril, la proportion de personnes en télétravail a augmenté pour atteindre 50 %. Entre le 15 et le 31 mai, une légère tendance à la baisse de la proportion de travailleurs en télétravail a été observée. Ainsi, au 31 mai, 40 % des gens en emploi faisaient du télétravail. La figure 3 présente le nombre d’individus en télétravail, sous forme de moyenne mobile sur trois jours.

  • Le télétravail est moins fréquent chez : les jeunes adultes, les travailleurs vivant dans les petites villes et le monde rural et chez ceux ayant une éducation de niveau secondaire ou moins.

Figure 3 - Proportion de travailleurs qui rapportent être en télétravail, moyenne mobile sur trois jours, du 21 mars au 31 mai 2020

Figure 3 - Proportion de travailleurs qui rapportent être en télétravail, moyenne mobile sur trois jours, du 21 mars au 31 mai 2020

  • Entre le 21 mars et le 30 avril, la principale raison pour laquelle certains travailleurs ne faisaient pas de télétravail était que leur emploi ne le permettait pas. Seulement une minorité des travailleurs disaient préférer se rendre sur les lieux de leur travail plutôt que de faire du télétravail.
  • En mai, les travailleurs en télétravail ont été questionnés sur leurs intentions quant à un retour sur les lieux de leur travail lorsque possible. Pour la période du 21 au 31 mai, moins du tiers des travailleurs en télétravail (29 %) souhaitaient retourner à leur lieu de travail, alors que plus de six travailleurs sur dix (63 %) voudraient continuer de travailler de la maison.

Conclusions

Pour la majorité des Québécois(es), la pandémie ne semble pas avoir eu de conséquences importantes sur le revenu de leur ménage, le quart des personnes sondées rapportaient toutefois une baisse de leur revenu. Près de 20 % des personnes âgées entre 18 et 64 ans étaient en arrêt de travail ou au chômage en raison de la pandémie au 31 mai dernier. Bien que cette situation se soit améliorée depuis le 16 avril, alors qu’il s’agissait de 29 % des 18 à 64 ans, cette proportion demeure élevée. Lors du recensement de 2016, la proportion de personnes sans-emploi parmi l’ensemble de la population des 15 ans et plus au Québec était de 4,6 %, alors que le taux de chômage s’élevait à 7 %.1

Par ailleurs, la pandémie et les mesures de confinement ont également eu un impact chez les personnes qui sont demeurées en emploi, avec une augmentation importante des travailleurs faisant du télétravail.

La pandémie n’a pas eu les mêmes conséquences sur tous les travailleurs. Davantage de jeunes adultes, de personnes âgées de 55 à 64 ans et de personnes ayant une éducation de niveau secondaire ou moins étaient en arrêt de travail ou sans-emploi depuis le début de la pandémie. Ces mêmes catégories de personnes étaient aussi moins nombreuses à être en télétravail.

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