Développement de l'enfant
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Un enfant a besoin de soutien pour se développer. Ses parents sont les mieux placés pour l’accompagner à ce propos. Les difficultés de développement dans l’enfance peuvent se répercuter notamment sur le parcours scolaire, la santé mentale et physique, et plus généralement sur la qualité de vie des personnes.
Le développement de l’enfant correspond à la façon dont celui-ci évolue, réalise des apprentissages et acquiert des compétences dans quatre domaines (moteur et physique, socioaffectif, langagier et cognitif). Il s’agit d’un processus qui se déploie dès la naissance.
Pendant les premières années, le développement se déroule particulièrement rapidement vu la grande malléabilité (ou plasticité) du cerveau. Les connexions neuronales se forment et se renforcent, ou s’affaiblissent et disparaissent, sous l’effet des expériences vécues par l’enfant, combinées à des facteurs biologiques et génétiques individuels.
Développement global
Les quatre domaines du développement de l’enfant évoluent de manière intégrée et simultanée. Une amélioration dans un domaine de développement peut permettre une évolution dans un autre domaine, d’où la pertinence de se soucier du développement global de l’enfant.
En 2022, près de 29 % des enfants de la maternelle étaient considérés comme vulnérables dans au moins un domaine de développement. Cette proportion dépasse celle observée en 2012. Les enfants présentant une vulnérabilité développementale dans un ou plusieurs domaines n’ont pas nécessairement un trouble du développement. Toutefois, ils sont moins enclins à profiter des occasions d’apprentissage. Ainsi, cette vulnérabilité les rend notamment plus susceptibles de rencontrer des difficultés dans leur parcours scolaire et quant à leur réussite éducative. Pour en savoir plus, consultez nos pages et publications :
- Soutenir le développement de l’enfant (Mieux-vivre avec notre enfant)
- Favoriser le développement global de l’enfant de 0 à 6 ans : quelques principes illustrés pour guider l’action
- Analyse contextualisée sur le développement des enfants à la maternelle
Développement du langage
Le langage oral permet à l’enfant de s’exprimer et de se faire comprendre, de raisonner et d’apprendre. Il favorise les interactions sociales satisfaisantes. De façon générale, un développement langagier harmonieux de 0 à 5 ans contribue à la réussite éducative, au développement des compétences sociales, et à plus long terme, à l’employabilité et au bien-être en général.
Les interventions visant à soutenir directement les enfants en contextes éducatifs, par le biais d’activités éducatives ou de la lecture partagée, montrent des effets positifs sur le développement langagier. C’est aussi le cas de certaines interventions d’accompagnement des parents dans leurs pratiques de soutien au développement langagier. Pour en savoir plus, consultez nos publications :
- Soutenir le développement langagier pendant la petite enfance : interventions de promotion et de prévention
- Les interventions de promotion et de prévention favorisant le développement du langage de 0 à 6 ans
Développement socioaffectif
Le développement socioaffectif comprend le développement de la régulation des émotions et des compétences sociales durant l’enfance. Des difficultés sur ce plan peuvent se répercuter, plus tard, sur la santé et la qualité de vie des personnes.
Les compétences socioaffectives attendues vers 4-5 ans sont précédées de l’acquisition d’habiletés de base. Par exemple, concernant la compréhension des émotions, l’enfant acquiert d’abord des habiletés lui permettant de reconnaître différents types d’émotions, puis il comprend ensuite les causes et les conséquences des émotions.
Trois principaux facteurs sont associés au développement socioaffectif entre 0 et 5 ans :
- la qualité des interactions entre l’enfant et son environnement, plus précisément avec ses parents et avec la nature (ex. : disponibilité des espaces verts);
- les caractéristiques de l’enfant ou ses habitudes de vie;
- les expériences négatives vécues dans l’enfance.
Les interactions entre les parents et les enfants peuvent être abordées sous différents angles. Ceux-ci incluent notamment le lien d’attachement, comment la mère perçoit sa « connexion émotionnelle » avec son enfant (maternal bonding), la communication, le jeu parent-enfant et les pratiques parentales (ex. : disponibilité, sensibilité, réactivité). Le niveau de qualité des interactions, selon qu’il est faible ou élevé, influence positivement ou négativement le développement socioaffectif entre 0 et 5 ans.
Interventions efficaces
Les interventions de promotion et de prévention favorisant le développement socioaffectif peuvent être regroupées en trois catégories :
- Les interventions ciblant directement l’enfant s’adressent à une clientèle universelle. Certaines ont un effet positif sur l’autorégulation. L’efficacité serait plus marquée chez les enfants présentant déjà des difficultés sur le plan socioaffectif, par exemple de l’inattention.
- Les interventions ciblant les compétences parentales s’adressent à des familles présentant des facteurs de vulnérabilité (ex. : pauvreté, dépendances). Aucun effet direct sur le développement socioaffectif n’est noté, mais un effet positif est observé sur des facteurs susceptibles de l’influencer (ex. : amélioration de l’interaction parent-enfant).
- Les interventions en lien avec les politiques publiques concernent en majorité la fréquentation d’un service de garde. Les effets observés ne sont pas homogènes, variant selon les caractéristiques des familles et selon l’aspect du développement socioaffectif mesuré. Une qualité optimale des services de garde éducatifs à la petite enfance apparaît essentielle, car un milieu de qualité élevée favorise le développement socioaffectif. À l’inverse, un milieu de faible qualité peut exacerber les difficultés.
Pour en savoir plus, consultez nos publications :
- Développement socioaffectif de l’enfant entre 0 à 5 ans et facteurs associés
- Développement socioaffectif de l’enfant de 0 à 6 ans : caractéristiques et efficacité des interventions mises en place au Canada
Facteurs influençant le développement de l’enfant
Le milieu familial est le premier milieu de vie du jeune enfant, celui où il peut accroître son sentiment de sécurité et de confiance. Divers aspects liés à la famille peuvent influencer le développement de l’enfant comme les pratiques parentales et les expériences qui y sont vécues. L’INSPQ s’est intéressé à l’effet des pratiques parentales genrées et de l’instabilité résidentielle sur le développement des jeunes enfants.
Pratiques parentales genrées
Certains parents agissent de manière différente avec les filles et les garçons. Par exemple, certains utilisent davantage de moyens de contrôle négatifs du comportement avec les garçons (comme de retenir l’enfant contre son gré), manifestent davantage de marques d’affection envers les filles, et appliquent des stratégies de socialisation des émotions différentes (comme reconnaître davantage la tristesse chez les filles) .
Les pères tendent à s’engager davantage dans des pratiques parentales genrées que les mères. Le domaine socioaffectif du développement de l’enfant (ex. : comportement d’agression, expression des émotions, comportement d’entraide, etc.) semble être le plus affecté par les pratiques genrées des parents.
De façon générale, les résultats indiquent que les pratiques parentales peuvent être parfois stéréotypées selon le genre de l’enfant, et pourraient occasionner des différences sur le plan du développement entre les garçons et les filles. Plusieurs sphères de la vie quotidienne de l’enfant peuvent faire l’objet de pratiques parentales genrées (ex. : prise de risque, alimentation, loisirs, discipline, etc.). Pour en savoir plus, consultez notre publication : Pratiques parentales différenciées selon le genre de l’enfant et le développement de 0 à 6 ans (2025).
Instabilité résidentielle
Les études montrent une possible influence négative de l’instabilité résidentielle sur le développement de l’enfant, notamment dans les domaines socioaffectif et cognitif.
Les circonstances de vie dans lesquelles se produisent les déménagements, comme la séparation des parents, sont aussi à prendre en compte. Celles-ci pourraient expliquer en partie les effets négatifs potentiels. D’autres facteurs associés, comme la qualité du quartier de destination, auraient également un rôle à jouer. L’instabilité résidentielle durant la petite enfance pourrait être particulièrement préjudiciable pour certains enfants qui présentent déjà des facteurs de risque de difficultés de développement. Pour en savoir plus, consultez notre publication : L’instabilité résidentielle vécue durant la période préscolaire et les répercussions sur le développement des enfants et leur réussite scolaire (2025)
Pour en savoir plus
Consultez nos autres publications :
- Pour le mieux vivre des enfants québécois : commentaires sur le projet de loi 37 — Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants (2024)
- Mémoire déposé dans le cadre des audiences d’experts de la Commission sur l’éducation à la petite enfance (2016)
Consultez la page de Québec.ca Développement global de l’enfant